‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 77 sur 99 · ORDRE A M. LE GÉNÉRAL MORAND · texte numérisé non relu

ORDRE A M. LE GÉNÉRAL MORAND

Erfiirt, 16 mars 1809.

Dans le cas d^hostilités de la part des Autrichiens, le général Morand prendra le commandement de l'armée saxonne qui est réunie à Dresde et aux environs.

Il agira conformément aux instructions qui lui ont été données pour le service commun.

Toute l'armée de Sa Majesté le roi de Saxe exécutera les ordres que le général Morand sera dans le cas de lui donner.

Cet ordre est donné en exécution de ceux qui m'ont été transmis par Sa Majesté l'empereur Napoléon, protecteur de la confédération du Rhin.

PRINCE DE NEUFGHATEL, ETC

Erfuri, 17 mars 1809.

Monseigneur, j'ai l'honneur de prévenir Votre Altesse que Sur les inquiétudes qu'on avait à Dresde et d'après une lettre

du roi de Saxe dont j*ai enrojé copie dans le temps k Sa Majesté, j'ai envoyé à Dresde le général Morand, avec Fiiistniction de se concerter arec le ministre de la goerre sur b direction à donner à Tannée saxonne et avec Toidre, en cas d'hostilités, d'en prendre le commandement.

J'ai cru que les circon^itances exigeaient que je prisse cette mesure provisoire en attendant que TEmpereur ordonnât des dispositions générales.

Le général Morand fera prendre toutes les disposîtiofif nécessaires pour mettre Dresde en état de défense; mais et cas d'hostilités, l'armée saxonne se bornerait à mettre la ville à Tabri d'un coup de main, et si elle était attaquée par des forces trop supérieures, elle se retirerait par la rive gauche de l'Elbe, en prenant des positions successives pour coarrir Leipzig et pour conserver ses communications à Magdebouif.

J'ai autorisé dans ce cas le général Morand à réclamer do général Saint-Hilaire 2 régiments de cavalerie légère qui se porteraient sur les points qu'il aurait indiqués. J'ai ordonné aussi au général Saint-Hilaire de placer deux de ses régiments de cavalerie légère, qui se porteraient sur les points qu'il aurait indiqués. J'ai ordonné également au général Saint- Hilaire de placer deux de ses régiments d'infanterie, le 10* léger et le 3* de ligne, et les 12' et 16' de chasseurs, à Halle et entre cette ville et Magdebourg.

Par là ces troupes seront à la portée de protéger la retraite de l'armée saxonne, et quelle que soit la direction donnée au corps du général Saint-Hilaire, ce sera autant de chemin de fait pour ces régiments.

(jOl. — AU MAJOR GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Bamberg, 20 mars 1812.

Monseigneur, j'ai reçu par l'aide de camp de Votre AltesiC Sérénissime les deux lettres qu'elle m'a écrites de Rambouillet le 11 mars : la première relative à l'organisation de la

cavalerie légère du Rhin, la deuxième sur la conduite que je dois tenir en cas d^hostilitës de la part des Autrichiens.

Je prends toutes les mesures nécessaires pour Texécution de toutes celles contenues dans la lettre de Votre Altesse.

Je fais partir un officier pour porter au général Saint- Hilaire Tordre de se mettre en marche pour Bamberg.

Cet officier sera rendu à Magdebourg le 23; ainsi le 24, le 10* régiment d'infanterie légère, les 3% 57* et 72* de ligne, Tartillerie et les administrations du général Saint-Hilaire se mettront en marche : ils seront rendus le neuvième jour, c'està-dire le 1" avril, à Bamberg.

Les 12* et 16' de chasseurs, qui n'arrivent que vers le 27 à Magdebourg, ne pourront être rendus que le 4.

Le 105* de ligne et le 8* de hussards, qui ne sont partis de Danzig que le 3 mars, ne pourront être rendus ici que vers le 4 avril.

J'ai réitéré l'ordre déjà donné au général Saint-Hilaire de faire venir à Magdebourg le 4* bataillon du 22*. Cet ordre, qui est très-récent, ne pourra de sitôt avoir reçu son exécution. J*aurai donc le temps de recevoir les ordres de Sa Majesté, à qui je vous prie de les demander, pour savoir si Ton doit laisser ce bataillon, ainsi que les détachements qui doivent le compléter, à Magdebourg.

Je vous observe qu'à l'exception de quelques compagnies de canonniers attachées à la direction de cette place, il n'y aura pas d'autres troupes françaises.

Je suppose que l'intention de l'Empereur est que Magdebourg soit gardé par les troupes de Sa Majesté le roi de Westphalie. On aura envoyé de Paris des ordres à cet égard. J'ai invité le général Michaud, gouverneur de Magdebourg, à en réclamer la quantité nécessaire.

Aussitôt que les troupes du général Saint-Hilaire seront arrivées, je les placerai entre Nuremberg et le Danube. Je vais y envoyer dès ce moment les 5 régiments de cavalerie lég^ère qui ne faisaient pas partie de mon corps d'armée, ainsi que la division Nansouty à mesure qu'elle arrivera.

J'ai l'honneur d'adresser à Votre Altesse copie des instruc-

tîons que j'ai données au çénérsl Morand ; eDes sont confonas aux intentions de Sa Majesté à qni j^ai enroyé il y a quelques jours copie de la lettre de Sa Majesté le roi de Saxe et de ma réponse.

Je vais me mettre en communication avec Son Altesse le prince de Ponte-Corvo, à qui vous aurez sans doute feit connaître les intentions de Sa Majesté relativement à la femilk royale de Saxe qui est à Dresde; dans tous les cas, je la loi transmettrai.

J'envoie Tordre au g^énéral Morand de rejoindre le corps d'afmée aussitôt l'arrivée du prince de Ponte-Corvo.

M. l'intendant général va prendre des mesures pour qa on dirige sur Donauwerth le plus de biscuits possible. J^obsenreni qu'on en a déjà dirig'é sur Ratisbonne. On en changera h direction.

Sa Majesté le roi de Bavière a envoyé des ordres pour faire armer Cronach, Forcheim et Rothenberg. Je tiens la main à ce que ses intentions soient remplies avec actirité.

Il ne pourrait être que très-utile au service commun dy jeter quelques soldats français écîoppés, d'y mettre des commandants finançais, les choix des commandants bavarois étant mauvais si j'en juge par celui de Cronach, qui, d'après tous les renseignements qu'on m'a donnés, est un homme capable de terreur panique et d'être la dupe de la plus mauvaise ruse de guerre. Je vais y envoyer provisoirement pour commander un chef de bataillon.

I! serait à désirer que l'on prit le parti de mettre des commandants français de choix dans les autres places.

Dans votre dépêche du 11, vous me dites qu'il serait important de foire occuper Cronach, Forcheim et Amberg.

Amberg n'est point une place de guerre; c'est sans doute Rothenberg, forteresse assez bonne entre Forcheim et Ambciç, que Votre Altesse a voulu désigner; c'est ainsi que je l'ai compris. Je vais foire porter tout de suite quelques détachements de cavalerie légère sur les routes qui débouchent en Allemagne depuis Hof jusqu'à Rœtz et Cham.

Votre aide de camp en me remettant la lettre de Votre

Altesse m*a dit qu'il croyait qu'elle m'en avait expédié un . duplicata. Jusqu'à présent je n'ai reçu que celle qu'il m'a . remise.

Bamberg, 20 mars 1809.

J'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté différents rapports.

Il n'y a encore rien de bien clair dans tout ceci. Les Autrichiens continuent avec activité leurs armements , mais rien n'annonce encore des hostilités imminentes.

Au reste, nous sommes en mesure.

Dès demain la majeure partie de l'armée sera réunie, et le 23 elle le sera tout entière, à l'exception de 2 ou 3 régiments de cavalerie qui étaient sur la Baltique.

En cas d'événements imprévus, je me conformerai aux dispositions générales que Votre Majesté m'a fait transmettre par Son Altesse le prince major général.

Page 1