AU PRINCE PONIATOWSKI
Bamberç, 22 mar* 1S09.
Monseigneur, j'ai reçu la lettre de Votre Altesse, du 14 de ce mois ; je ne puis mieux faire que de l'envoyer à l'Empereur, ainsi que celle de la même date que j'ai reçue de M. Bourgoing.
La disposition où j'ai vu l'Empereur à Paris, et la connaissance qu'il a de vos embarras sous le rapport des finances, me donnent la certitude que, lorsque cet objet lui sera remis de nouveau sous les yeux, il prendra des mesures efficaces.
Ainsi que je vous l'ai annoncé, je suis arrivé à Bamberg, et toute l'armée est réunie dans les environs. Elle n'est nullement intimidée de tout le patriotisme des étudiants et de ceux des Autrichiens qui veulent singer ce qui s'est fait dans ces derniers temps en Espagne.
Aussitôt que j'aurai quelque chose de positif à vous faire connaître, non-seulement je vous écrirai par le courrier militaire, mais je vous enverrai un de vos officiers polonais qui se trouvent auprès de moi.
DO MARECHAL DAVOOT. — 1809. 419
Bamberg, 22 mars 1809.
Sire, j'ai Thonneur d'adresser à Votre Majesté une lettre de M. Bourgoing; et une autre du prince Poniatowski.
La détresse du gouvernement du duché, et le défaut d'ordre dans l'administration, sont tels qu'il n'y a que des secours en argent, donnés par Votre Majesté, qui puissent rendre possible une augmentation de l'armée polonaise.
Je le répète, on lèvera des hommes tant que l'on voudra, mais leur équipement et leur solde seront toujours, dans l'état de choses actuel, un obstacle que je regarde comme insurmontable. On ne peut même subvenir à l'entretien et à la solde des troupes telles qu'elles existent maintenant. Les troupes éprouvent les plus grandes privations dans leur habillement; il n'y a que l'espérance de l'avenir qui soutienne cet état de choses.
Nous devons plusieurs millions au duché, sur les dépenses arriérées qu'on devait acquitter en bons de Saxe. Jusqu'ici les ordonnances n'ont pu être acquittées parce que le ministre du trésor a ordonné de verser tous les bons de Saxe à la caisse d'amortissement.
Comme dans tous les cas il n'y a pas d'inconvénients à donner des espérances, je réponds au prince que j'ai envoyé sa lettre à Votre Majesté, et que, dans mon dernier voyage à Paris, la bienveillance que Votre Majesté a montrée pour son pays doit faire espérer qu'elle prendra en considération sa position sous le rapport des finances.
Bamberg, 22 mars 1809.
Sire, sur les diCFérentes observations que j'ai eu l'honneur de faire à Votre Majesté, elle m'a paru décidée à donner une autre destination au général Morand, elle m'a même parlé du général Vandamme.
Le bien de votre service me détermine, dans le cas où Votre Majesté n^aurait pas encore fait ce choix, à solliciter le conimandement de la 1^' division pour le général Compans, moi chef d'état-major actuel, que vous reconnaissez pour étie très-brillant à la tête des troupes. Il est extrêmement impertant que cette division, qui est excellente, ait un chef di^ tingué.
Dans ce cas, si Votre Majesté accorde cette demande, je loi demanderai pour chef d'état-major le général Hervo, qui a rempli cette fonction au 3* corps *.
Je terminerai en observant que toutes mes demandes soat dictées pour le bien du service de Votre Majesté ; je le considérerais comme organisé de la manière la plus avantageuse, si Votre Majesté voulait approuver la demande que j'ai l'honneur de lui soumettre.