AU GÉNÉRAL PRIANT
Bamberç, 22 mars 1809.
Je viens de recevoir, mon cher général, votre lettre du 22 avec le rappoit du colonel Méda et la lettre de Lintz, communiquée au général Grandeau qui l'accompagnait.
Cette lettre me parait très-extraordinaire, et les nouvelles qu'elle contient peu vraisemblables.
Prenez tout de suite des informations près de M. Otto qui
^ Il 8*agis8ait d'organiser les commandements des contingents de la confédération. Le général Morand, on l'a vu, avait été provisoirement envoyé h Dresde, où il ne restait pas, le prince de Ponte-Corvo ayant été désigné poor le commandement de l'armée saxonne. Le général Vandamme, désigné pour commander les Wurtembergeois, paraissait agréer fort peu au roi de Wurtemberg. C'est à CCS faits que se rapporte la lettre suivante de l'Empereur, répondant indirecte miMit à la lettre du maréchal. — L'Empereur au major général. « Paris, 31 mars 1809. Si le roi de Wurtemberg persiste à ne pa^ vouloir du général Vandamme, mon intention est de lui donner le commandément de la division Morand; on pourrait donner au général Compans b division Demont, et au général Demont les Wurtembergeois.
« Je ne vois pas d'inconvénient que Hervo soit chef d'état-major du dur d'Auerstaedt. m (Correspondance de Napole'on, t. XVIII, p. 422.)
Fa communiquée et sur la personne qui Ta écrite. Sachez si M, Otto garantit que cette personne est incapable de le tromper; enfin comment est parvenue cette lettre. Souvent il arrive que Ton fait de ces rapports avec de perfides intentions.
Je crains d'avoir oublié de recommander dans ma dépêche du 20 que le colonel Méda détache, poqr commander les postes sur la frontière, des officiers ou sous-officiers non* seulement intelligents, mais sachant parler allemand. Faiteslui cette recommandation, ainsi qu'au général Pajol, pour les détachements qu'il doit placer en avant.
Comme j'ai la crainte que les Saxons n'aient pas organisé leurs avant-postes sur la frontière entre Dresde et vous, il faut, mon cher général, placer sur cette frontière 5 ou 6 postes de 8 ou 10 hommes sûrs que vous prendrez dans le 2* de chasseurs, dont 2 ou 3 commandés par des officiers intelligents et parlant autant que possible l'allemand, ainsi que les sous-officiers qui commanderont les autres postes.
Vous les placerez à Marienberg, Annaberg, Schv^artzberg, Eybenstock, Adorf. Vous en établirez un autre pour lier Adorf aux postes de gauche du 2* régiment de chasseurs.
Les commandants de ces postes auront des modèles des questions à faire aux déserteurs et auxVoyageurs, et recevront les mêmes instructions que celles données au colonel Méda.
Si dans les endroits où ils seront placés, il se trouve des détachements saxons, ils maintiendront la bonne harmonie et ils feront le service conjointement.
Deux hommes iront toujours en patrouille jusque, sur la frontière de Bohème pour aller aux nouvelles.
Si une invasion avait lieu, ces détachements non-seulement vous en préviendraient, mais enverraient en toute dilî* gence à Dresde pour donner au général français qui s'y trouverait des nouvelles positives.
Il faut que les rapports de ces postes vous parviennent avec célérité, et que le service soit organisé en conséquence.
Faites porter par un officier du 2* parlant Tallemand et auquel on fournira des moyens de transport, la dépêche ci-jointe au général Morand.
Je le préviens de rétablissement qui va se £aire des postes ci-dessuSy afin qu*on prenne des mesures pour les continoer jusqu'à Dresde.
Avec cette chatne de postes sur les frontières de la Saxe et de la Bavière, nous serons parfaitement au courant et à Tabri des fausses alertes.
Dans le cas peu vraisemblable, puisque la guerre n*e$t pis déclarée, où Tofficier que vous enverrez au général Morand rencontrerait un parti autrichien, il déchirerait sa lettre.