AU PRINCE DE PONTE-CORVO
Bamberg, Sa aura 1S09.
J^ai rhonneur d'informer Votre Altesse que les inquiétudes qui existaient h Dresde, à raison des mouvements des Autrichiens, les demandes qui m'ont été faites de donner une direc- ' tion à Tarmée saxonne, m'ont déterminé à envoyer à Dresde le général Morand, avec Finstruction, dans le cas d'hostilités, de prendre *Ie commandement de cette armée.
Mais Son Altesse le major général m'ayant fait connaître que vous deviez vous rendre à Dresde pour y prendre le commandement de l'armée saxonne, je mande au général Morand de vous remettre cette lettre à votre arrivée, de vous donner les renseignements qu'il a sur les troupes saxonnes et les mouvements des Autrichiens, et de rejoindre sans délai sa division.
Quoique je ne doute pas que le major général n'ait fût connaître à Votre Altesse les désirs de l'Empereur sur la conduite à tenir par la famille de Saxe en cas d'hostilités, je vous transcris à tout événement ce que le prince de Neufichàtel m'a écrit le 1 1 à cet égard :
« Si les mouvements des Autrichiens, Monsieur le duc, « continuaient à inquiéter la famille royale de Dresde, et n qu'elle voulût se retirer sur Leipzig ou sur le Rhin, ce ne « pourrait être qu'une chose très-avantageuse; le prince de « Ponte-Gor\'o, qui a ordre de se rendre i Dresde, pour y
a prendre le commandement de Tarmée saxonne, serait plus « libre de ses mouvements si la cour n'était pas à Dresde. Au « reste, Monsieur le duc, il ne faut riem faire de prématuré; « d'après les probabilités, il n'y a aucune certitude que les « Autrichiens veuillent entreprendre quelque chose d'oCFensif . a Cependant si des circonstances imprévues réalisaient ce prott nostic, il serait convenable que la famille royale se reployàt K sur Leipzig, puisque l'armée saxonne pourrait être dans le cas A d'évacuer Dresde. S'il y avait des circonstances imprévues, « vous devez, sans délai, en prévenir le roi de Westphalie et « le commandant de Magdebourg;. »
Telles sont, Monseigneur, mot à mot, les expressions du prince de Neufchâtel. Si des événements imprévus arrivaient ou si j'apprenais quelque chose qu'il fût utile à Votre Altesse de connaître, dans la position où elle se trouve, je m'empresserais de l'en instruire, ainsi que des mouvements que je serais dans le cas de faire d'après les oi^dres que je recevrai ; mais vu les distances et la possibilité que des dépêches s'égarent, ce qui pourrait être nuisible, il ne pourrait être qu'avantageux de convenir d'un chifiFre pour cette correspondance. Si vous voulez m'en envoyer un, j'en ferai usage.
fiamberg, 22 man 1809.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté diCFérents rapports de Dresde et des frontières de la Bohême. Il parait que les Autrichiens sont en mouvement. Il est dans Tordre que depuis la réunion des troupes à Bayreuth et Bamberg, ils se concentrent près de Pilsen, les motifs qui ont pu les faire rassembler sur les frontières de la Saxe n'existant plus depuis le départdes troupes qui étaient à Magdebourg,Erfurt et Hanovre.
La lettre de Hof, qui en contient une de Lintz du 14 mars, peut fort bien avoir été fabriquée par une de ces ruses autrichiennes. J'ai fait prendre des renseignements sur l'individu qui Ta adressée au général Grandeau.
4n CORRESPONDANCK
Je prie Votre Majesté de me £aire connaître ses intentions Hur les observations de M. de Thielmann, aide de camp de Si Majesté le roi de Saxe,
Le général Oudinot me mande, en date du 19, que le brail court qu'il y a une insurrection dans le Tyrol. J*écris k et général de se mettre en communication avec les troupes bavaroises qui sont dans ces contrées, et de taire passer direo* tement à Votre Majesté les nouvelles qui seraient impoi^ tantes. Le général Oudinot me mande aussi que les boin>- W geois de Munich sont en proie à la peur et évacuent leon effets les plus précieux sur Augsbourg. Les arsenaux soOl aussi évacués sur cette ville. Il me dit qu'il n'y a que 5 bataillons bavarois en garnison dans le Tyrol. Si cela est, c'est biei peu pour cette population, qui est rellement travaillée par les Autrichiens.
On a cherché à répandre le bruit, parmi les troupes delà confédération, réunies du côté de Wurtzbourg, qu'elles étaient destinées pour l'Espagne. Je charge le commandant français de cette place de voir les officiers de ces troupes et de leur tenir un langage convenable à cet égard.
Je vais écrire à Dresde au général Morand d'envoyer an officier saxon intelligent à Vienne par Prague ; il sera porteoi d'une dépêche insignifiante pour M. Dodun. J'en ferai partir un d'ici qui passera par Pilsen, Prague et Schweidnitz en Silésie. Ces officiers auront ordre, dans le cas où l'on voudrait' les empêcher de passer, de demander des refus par écrit.