‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 86 sur 99 · AU MABÉCHAL DUC DE DANZIG · texte numérisé non relu

AU MABÉCHAL DUC DE DANZIG

Bambcrg, 23 mars 1809.

Son Altesse le major général, en me prévenant, mon cher maréchal, que vous rentrez à Munich, me charge de me mettre en communication avec vous et de vous faire passer les renseignements qui pourront vous être utiles; j'aurai beaucoup de plaisir à cette correspondance avec un des anciens et estimables généraux de l'armée de notre souverain *.

^ Le maréchal Lefebvre, duc de Danzig, venait d*êu*e nommé dcpaîs quelques jours commandant en chef de Tarmée bavaroise. Le roi de Bavière aurait voulu réserver ce commandement au prince royal ; Napoléon, qui prenait la guerre au sérieux et qui entendait se servir des Bavarois, tenait ^

Le major général m*a chargé d'établir des postes de correspondance aux différents débouchés de la Bohême sur la Bavière depuis Bayreuth jusqu'à Furth, et, par une nouvelle lettre, il me charge de porter un couple d'escadrons à Waldmunchen.

Toutes ces mesures sont mises à exécution. Ces escadrons seront rendus après-demain, ainsi que des postes, à Tiiv chenreut, Waldsassen, Bernau, Waidhausen, Waldmunchen, Cham et Furth.

aroîr un homme solide sur qui il pût compter, et il avait fait partir le mare* chai Lefebyre pour Municli.

Au total, ayant la fin de mars, Tarmée d*Allema{;ne ou (p^nde armée, remaniée dans son orf^nisation et conittituée pour les circonstances nouvelles, allait être ainsi composée : Le 2* corps, sous Lannes, duc de Montebello, comptait le corps d*Oudinot, qui avait deux divisions, qui allait en avoir trois, et qui était à Au|;sl>ouq;; la division Saint-Hilaire, qui venait de Ma^ debourj;, qui arrivait à Wurtzbouq^ ; la division de cuirassiers Espafrne. Le 3* corps, reconstitué sous le duc d'Auerstsedt, comptait les trois ancienne* divisions Morand, Priant, Gudin, la division Démon t, composée de qnatriémei bataillons, la division de cuirassiers Saint-Sulpice, plus une division de contin{;ent des petits princes de la confédération du Rhin sous le général Roaver. Le maréchal Davout était en ce moment entre Rambeq;, Nuremberg et le Danube, surveillant la Bohême et tendant vers Ratisbonne. Le 4^ corps, sont Masséna, duc de Rivoli, comprenait les quatre divisions Legrand, Carra- Saint-Cyr, Molitor, Roudet, plus une division de cavalerie légère. Masséna était déjà avec une partie de ses forces à Ulm. La grande réserve de cavalerie, sous Bessières, duc d'Istric, comptait deux divisions de cavalerie légère, une division de dragons, deux divisions de gixïssc cavalerie. L'armée bavaroise commandée par Lefebvre comptiit trois divisions sous les généraoi Deroy, de Wrede et Sieben ; elle était en ce moment à Straubing, Landshut, Munich. L*armée saxonne, aux ordres du prince de Ponte-Coi-vo, était à Dresde, qu'on avait crue un instant menacée. Les Polonais, sous Poniatowski, étaient autour de Varsovie. L'armée d'Italie, commandée par le prince Eugène, était déjà rassemblée, prête à marcher sur la Carinthie. Napoléon, en hâtant ces formations et ces concentrations pendant le mois de mars, avait multiplié ses ordres pour les approvisionnements du matériel, pour la formation de magasins à Donauwerth, à Ulm, à Munich.

Il ne faut pas oublier toutefois que si cette organisation était déjà décrétée depuis quelques jours, elle n'était complète qu'en avril. Jusque-là, certaini corps n'étaient pas encore arrivés ou concentrés, d'autres se trouvaient un peu confondus. La division Saint-Hilaîre, qui commençait à arriver à Wurtibourg et qui allait faire partie du 2® corps, continuait à recevoir des ordres du duc d'Auorstaedt, et allait même opérer avec lui pendant quelques jours. Tout était cependant assez avancé dès ce moment pour qu'on fût en mesure de répondre à une déclaration de guerre qu'on attendait sans la croire peutrtre aussi prochaine. (Correspondance de Napoléon, t. XVIII, mars-avril 1809>)

Les officiers qui sont à Waldmunchen et Furth ont l'ordre de communiquer tous les renseignements importants au général bavarois à Straubing, qui vous les fera passer.

De votre côté, mon cher maréchal, je vous serai obligé de recommander à Tofficier bavarois qui sera à Gham de me faire passer les renseignements qu'il obtiendra par Tofficier qui. sera à Waldmunchen.

Les nouvelles du 21 sont que les Autrichiens se sont un peu éloignés des frontières ; celles de Bayreuth annoncent que les Autrichiens se rencontrent du côté de Pilsen. Ce mouvement de leur part s'explique par la réunion de mon corps d'armée depuis quelques jours ici. Ils ne pouvaient rester dans leurs anciens cantonnements, étant débordés. Au surplus, nous sommes en mesure, et s'ils veulent recevoir des guinées anglaises pour nous faire la guerre, nous sommes tout disposés à accepter la partie. Leurs agents cherchent à travailler le Tyrol et les troupes de la confédération ; ce ne sera pas sur les troupes que vous commandez qu'ils pourront obtenir quelques succès.

Il peut se faire que de nos détachements se trouvent avec des détachements bavarois; alors ils feront le service ensemble, et les nôtres maintiendront de leur côté une bonne harmonie, ce qui n'est pas difficile entre de vieux amis qui depuis si longtemps ont uni leur cause.

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