AU GÉNÉRAL COMTE OUDINOT
Bamberç, 23 mars 1809.
Je reçois à l'instant, mon cher général, tes lettres du 18 et du 19, où tu m'annonces que des bruits s'étaient répandus le 18 et s'étaient répétés le 19 d'une insurrection dans le Tyrol. Il ne faut pas attendre pour ces sortes de choses des vérifications de Munich; mais il faut envoyer des paitis pour communiquer avec les troupes bavaroises qui se trouvent dans ce pays.
Tu peux mettre un de tes régiments de cavalerie par éche-
Ions jusque près de Fiissen. II faut que les officiers qui seront là, c'est-à-dire à Fiissen, soient des hommes sages, tout à la fois francs et conciliants, et qu'ils fassent passer leur esprit à leurs détachements, afin d'éclairer les habitants sur les pièges qu'on leur tend et qui occasionneraient leur perte s'ils y donnaient.
Recommande à ces officiers qu'il y ait tous les dimanches des messes militaires où ils assisteront avec convenance. Qu'ils fassent sentir aux habitants dans les conversations qu'un prompt châtiment suivrait toute tentative de révolte contre leur souverain, que les troupes qui sont à Ulm et Augsbourg tomberaient sur eux avec la rapidité de l'aigle.
Il est bon que la solde de ce détachement soit faite. Le colonel peut en faire l'avance. Les fonds ne nous manquent plus, on vient de les faire jusqu'à la fin de mai. Je viens de donner l'ordre au payeur d'acquitter pour ton corps la solde jusqu'à la fin d'avril. Donne à ces détachements un ordre de la teneur suivante. (Voir l'ordre contenu dans la lettre au général Friant du 20.)
Fais donner le conseil au commandant bavarois de répandre le bruit que les troupes françaises y pénétreraient à la plus petite marque de mauvaise conduite de la part des habitants. J'ai fait connaître au surplus à l'Empereur le peu de forces qui se trouvent dans ce pays. Dans le cas où tu apprendra^ quelque chose de cette nature, ou des nouvelles positives d'un mouvement iiutrichien, il faut non-seulement m'en prévenir, mais en donner avis directement à l'Empereur, au maréchal duc de Danzig et au duc de Rivoli.
Je t'ai fait connaître que tous les jours impairs il y aurait un courrier militaire ; ainsi notre correspondance est assurée de cette manière. Il doit y avoir de fréquentes communications entre Augsbourg et Munich. Fais-moi le plaisir de faire passer la lettre ci-jointe au maréchal duc de Danzig.
La nouvelle du passage de l'ambassadeur d'Autriche à Ratisbonne est fausse; il était le 17 à Paris, et il n'était pas question de son départ. Tous ces misérables qui font faire tant de folies au cabinet de Vienne s'agitent beaucoup dans ce
moment, pour répandre mille absurdités. Ils ont fait courir le bruit dans plusieurs ré{jiments de la confédération qui sont auprès de Wurtzbourg, qu'on les réunissait pour les envoyer en Espagne. J'imagine qu'on aura répandu le même bruit dans les autres régiments. Préviens de cette petite intrigue le maréchal duc de Rivoli.
J'ai chargé pour ce qui me concerne l'adjudant commandant Romeuf qui est à Wurtzbourg de voir les officiers de ces corps pour leur faire sentir l'absurdité de ces bruits, puisque les aCEaires d'Espagne sont terminées et que la majeure partie des troupes françaises qui y étaient sont devenues disponibles, ce qu'elles prouveront au besoin aux ennemis de la confédéi-ation, et pour les engager à faire arrêter ceux qui répandent ces absurdités et cherchent à troubler la bonne harmonie.
Bamberg, S3 mars 1809.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté un état dressé par M. Bâcher des princes de la confédération du Rhin qui se trouvent portés sur l'état militaire autrichien.
M. l'intendant général a écrit à M. Bâcher pour lui demander de faire la distinction de ceux de ces princes qui se trouvent encore au service d'Autriche et de ceux qui s'en sont retirés.
Je fais prendre des renseignements sur les biens possédés dans ce pays par des membres de la noblesse immédiate résidant actuellement en Autriche.
PRINCE DE NEUFGHATEL, ETC
. Bamberç, 23 mars 1809.
Monseigneur, Tintendant général vient de m'informer que bien quUl n'ait pas reçu les instructions du ministre directeur
43S C0RRE8P0IIDA1ICE
de radministratioii de la guerre sur Texécation du décret de Sa Majesté du 19 férrier dernier, et DOtammeot de rarticleS dudit décret, il vient de Eure un r^lement pour la proTÎnoe de Bavreuth pour fixation des prix des fournitures, dont eo même temps il a fait l'application pour le payement des fooriiitures à faire aux troupes françaises dans le pays de Bamberj^
J*ai rhonneur d'adresser à Votre Altesse une copie deœ n;|;ieinent.
J*ai fortement recommandé à M. l'intendant général de veiller à ce que les provinces reçussent des secours pécuniaires proportioné» aux fonds assignés par Sa Majesté pour les services administratifs de Tarmée pendant 1809, et j'ai la certitude qu'il s'empressera d'y satisfaire. Cependant il est à craindre qu'il n'éprouve des difficultés, faute de n'avoir encore reçu du ministre directeur de l'administration de la guent des crédits réguliers pour l'emploi des fonds; c'est pour ce motif que j'ai l'honneur de prier Votre Altesse de demander k Sa Majesté qu'il soit ordonné que ces crédits soient ouverts dans le plus court délai à l'intendant général, pour que le service ne soit pas arrêté faute de fonds.
(Uî). — A L'EMPEREUR ET ROI.
Bamberg, 22 mars 1809.
Sire, je reçois à l'instant une lettre du général de Wrede (|ni paraît très-alarmé des rappoits, et surtout par ceux de renvoyé de Bavière à Vienne dont je joins un extrait.
Je fais conuattre à ce général que l'armée est réunie, et quen cas d'événements, dans deux ou trois marches, j'aurab fait une jonction avec lui.
Pour plus de sûreté, je viens d'envoyer un officier au généial Saint-Ililaire pour lui remettre l'ordre, en cas d'hostilités, de se porter sur Wurtzbourg, en prenant une route qui l'éloigné davantage des frontières.
Bamberç, 23 mars 1809.
Sire, je dois rendre compte à Votre Majesté que toutes les troupes françaises qui sortent de Mag^debourg;, généraux, officiers et soldats, font un concert d'éloges de M. le comte de Blumenthal, maire de cette ville, qui a employé la grande influence qu'il a sur les habitants pour maintenir la bonne harmonie, et qui a saisi toutes les occasions de rendre service aux Français. Il a le cœur chaud et a l'enthousiasme le plus vrai pour Votre Majesté.
L'aigle de la Légion d'honneur serait la récompense de son attachement et de sa fidélité à son souverain, et de son dévouement à la cause de Votre Majesté.
Je dois ajouter que la permission qu'il a demandée dans le temps d'aller à Paris pour voir le souverain de son imagination lui a valu la disgrâce de la Prusse, disgrâce dont il est fier.
II y a un même concert de suffrages envers le général Michaud, gouverneurde Magdebourg, qui a su mériter l'estime des habitants et des troupes par sa conduite.
Si j'osais à ces suffrages joindre les miens, je dirais à Votre Majesté que j'ai toujours vu dans ce général un beau caractère de désintéressement, d'honneur, de bravoure, de fidélité et de dévouement à sa patrie et à son souverain.
Bamberg, 23 mars 1809.
Sire, au moment où l'officier que m'a expédié Votre Majesté allait repartir, je reçois un rapport du général Priant, que je transmets à Votre Majesté.
Il paraît d'après ce rapport et d'après ce que me mande le général de Wrede que les Autrichiens sont en mouvement.
On me fait le rapport que le général Saint-Sulpice est très-