‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 103 sur 171 · A Graniti · texte numérisé non relu

A Graniti

[1677] ni' MARÉCHAL DE VIVONNE. 235

vous chassiez de Mola les mal inleiuionnés. Lorsque nos ^ralères seront en état, je vous en envolerai quelques unes pour les emmener ici. » Vivonne fera son possible pour donner des appoinlemonls à la compagnie de Mongiuin dès que le convoi sera arriv.-. Il refuse d'envoyer la cavalerie h Taormina ; elle est mécontente d'.Hre mal payée et déserterait, se voyant si près des ennemis. Les ennemis assemblent toulcsleurs troupes du côté de Catane. Juscju'a l'arrivée du convoi, Vivonne ne veut rien hasarder. « Je suis bien aise de rien hasarder jusques h l'arrivée de notre convoi, alors je changerai de conduite. ))

Vivonne a appris que le vice-roi, marquis de Caslel Rodrigo, est mort subitement en apprenant (ju'on avait décapité son frère h Madrid'. Vivonne se félicite de l'élection des jurais- et d'avoir reçu beaucoup de blé les jours précédents.

« Ainsi nous n'iivons plus à espérer que le convoi pour respirer un pou plus librement que nous n'avons fait parle

1. Castel-RodriRo mourut à Palerme le 16 avril, après une très courte maladie. Sa courte vice-royauté n'avait pas été heureuse. Il n'avait pu conserver ni Taormina ni Scalotta. En mourant, il dési^-na par un acte illégal el singulier sa veuve, Éléonore de Mora, pour lui succéder. Le marcjuis de Sartirana, meslre de camp général, devait commander rariiiée et diriger les opérations. Le roi d'Espagne se hAla d'annuler cet acte (Guardione, op. cit., p. 205). Le cardinal Luis Fernandez Porto-Carrero. qui venait de siéger à Rome au conclave qui élut Clément X, fut nommé par intérim vice-roi de Sicile. Il fit de grandes didicultés avant d'accepter, exigeant 50,000 ducats, mais il se contenta de la moitié et se décida à partir {Gazette, de Kome, 18 mai 1677). 11 prit congé du pape le 2 mai et arriva à Palerme le 13 mai. Il choisit comme commandant en chef de l'armée le duc de Bournonville (Guardione, op. cit., p. 260-267).

2. /;'« marge : « L'événement fit voir que cette élection fut très mauvaise. »

236 CORRESPONDANCE (lfi77|

passé. » — (Minute : Bibl. nat., Vr. SO.CÎ, fol. \M ; Ms. île PoligiKic, tinnéc 1611, n° 87.)

Louis XIV au nue de Vivonnk.

Dunkerque, 27 avril 1677.

Le roi avise Vivonne qu'il envoie ses lettres et le duplicata du courrier jeté h la mer par le patron de tartane Mourches par Civith-Vecchia pour plus de sûreté. Il lui demande d'aller les y faire prendre'.

« Si vous pouviez même sous prétexte d'aller chercher des rafraîchissements pour votre maison obtenir des passeports du vice-roi de Sicile pour les felouques, cela seroil d'autant plus h propos que par ce moyen vous recevriez souvent de mes nouvelles et qu'il ne seroit plus nécessaire

1. Au sujet du transport du courrier français en Méditerranée, la Gazette du 25 juillet 1677 relatait cette curieuse nouvelle envoyée de Messine à la date du 13 juin :

« On a établi ici une poste et un briganlin pour le commerce des lettres en France et ailleurs, du consentement des Espagnols; à qui, sans cette liberté, on n'auroit plus souffert le passage de leurs courriers de Madrid à Bruxelles par la France. »

Mais, d'autre part, la correspondance du vice-roi espagnol à Naples fut plus d'une fois capturée par les marins de Vivonne ou les Messinois :

« Le comte Balbo, gouverneur des armes à Reggio, a envoyé demander au maréchal duc de Vivonne le patron de la felouque d'avis que les François ont prise, apportant une dépêche au marquis de Los Vêlez, notre vice-roi, mais il n'a pu l'obtenir » [Gazette du 4 janvier 1678, de Naples, le 24 novembre 1G77). c. Les armateurs des ennemis ont enlevé une felouque qui apportoit des dépêches de Palerme et de quelques autres lieux de Sicile » (Ibid., du 22 février 1678, de ÎSaples, le 12 jan-

vier

[ir.77] nu marSoii.vl de vivonne. 'î.i7

de vous (lépftrhor des tiirtanes de Toulon qui courent l)e:iucoup de risques dans leur navigation. »

Les Espagnols négocient avec les Hollandais pour l'envoi en Sicile de dix-huit vaisseaux.

« Ils prétendent avec ce secours mettre en mer une flotte de trente vaisseaux pour servir dans la Méditerranée. » Rien n'est encore conclu, ('ependant, « je ne laisse pas de donner les ordres nécessaires pour en faire préparer dix, afin de fortifier mon armée navale île ce nombre avant môme que les Hollandois puissent envoyer [la leur] dans les mers de Sicile ». — (Ms. de Polignac, unncc 1677, n" 18(i; Arch. nat., Marine, lî-35, fol. 12(5.)

Dl.

Louis XIV .\U UUC UK VlVON.NE.

Dunkerque, 27 avril 1677.

Louis XIV avertit Vivonne qu'il a donné à Du Quesne, lieutenant général en l'absence de Vivonne, le commandement des vaisseaux et des galères. — (Ms. de Polignac, année 1671, n" Wt; Arch. nat.. Marine, W'35, fol. 140 v».)

Mon cousin, ayant l'ail choix du sieur Du Quesne, lieutenant général de mes armées navales, pour commander en votre absence mes vaisseaux et galères pendant la présente campagne, je vous fais cette lettre pour vous en dotuier avis et vous dire (|ue mon intention est que vous teniez la main à ce que tous mes officiers de mes dites galères aient à lui obéir en votre absence en tout ce ([u'il leur ordoimera pour le bien de mon service.

Et, la présente n'étant à autre lin, je prie Dieu ([u'il vous ail, mon cousin, en sa sainte et digne garde*.

Page 1