DXXVI
Ordre de bataille pour les galères en entrant dans le port de svracuse que nous nous
SOMMES PROPOSÉ d'attaquer EN SORTANT DE MES- SINE.
{Minute : Bibl. nat., Fr. 8033, fol. 194; Ms. de Polignac, année 1677, n" 156.)
La galère la Grande remorquera le vaisseau le Sage;
La Victoire et la Galante remor([ueront le Grand;
VAjnazone et la Madame remorqueront le Pompeux ;
La Patronne et la Maréchale remorqueront le Sceptre, amiral ;
La Perle et la Fleur de Lys remorqueront le Saint Michel;
La Reine remor(|ucra VAf/réable;
La Fortune remorquera Y Aimable;
La Favorite remorquera le Vermandois;
L'Invincible r('mor(|uera le Fortuné;
Et la Belle reni()r(|uera le Vaillant.
Les galères ayant mené les vaisseaux à leur poste, suivant (ju'il est porté par l'ordre ([ue nous leur avons donné, elles se placeront dans les intervalles des dits vaisseaux dans les espaces qui leur seront
272 OOUUESrONDANCE llf>'i"']
laissés et balteront du canon de leurs coursiers et de tous leurs autres canons la muraille de la dite ville de Syracuse ([ui règne depuis la porte de la Marine inclusivement jusqu'à l'église des Jésuites, et, parce que la dite muraille n'est pas terrcpleinée, les capitaines des galères tiendront la main que leurs canonniers visent en un seul endroit afin de l'ouvrir plus tôt et y l'aire brèche pour pouvoir donner lieu aux troupes d'y entrer plus tôt l'épée à la main.
Les galères qui seront dans les intervalles des navires que commandera M. le marquis d'Amfreville tireront leur artillerie sur les mêmes lieux que tireront les dits vaisseaux pour faire taire les feux ciui pourroient incommoder les aulics navires et galères qui sont destinés pour faire la dite brèche ci dessus auprès de la porte de la Marine.
Lorsque le vaisseau amiral fera hisser au haut du mât d'avant et au haut du mât d'artimon un pavillon rouge et que toute la ligne des vaisseaux répondra par le même signal, alors tons les caïques des galères qu'elles auront tenus prêts et remplis de leur infanterie déborderont de leurs bords et se viendront ranger derrière l'amiral, a la gauche du poste qu'occuperont les chaloupes des vaisseaux.
Quand l'amiral fera hisser au dessous de son pavillon une llamnie rouge, une tlamme blanche au dessous du pavillon rouge de son mât d'avant et une autre flamme blanche au dessous de son pavillon rouge au haut de l'artimon, les galères qui auront eu ordre de tirer pour faire la brèche cesseront leur feu pour donner lieu aux chaloupes et aux caïques de faire leur descente, si ce n'est qu'elles vissent qu'elles pussent
causeï' (juelquc domma^^e aux feux des ennemis sans nuire à leurs soldats ou à ceux des vaisseaux.
Les f,'ali'rcs mettront dans les chaloupes des brûlots et des llùles (juc l'on leur baillera des soldats outre ceux (|u'ellis auroiil mis dans leurs calques, et ces chaloupes coHiposcroiil le détachement au devant duquel marchera dans un canot le capitaine de galère qui sera détaché pour le commander à la gauche du capitaine détaché des vaisseaux conduisant le dit détachement à la gauche du détachement des vaisseaux. Le corps des calques suivra après dans le même ordre que marcheront les chaloupes des navires, observant d'aller lentement pour éviter le désordre, si nuisible en de telles rencontres, et partageront avec Messieurs des vaisseaux le terrain également. Et afin que les deux descentes de la droite et de la gauche se fassent sans embarras, Messieurs tics galères ne souffrii'ont point qu'aucun canon s'avance devant les autres, mais tous suivront dans le même rang la chaloupe ou le canot dans lequel nous serons en personne, auprès duquel sera celui de M. de Preuilly et à la droite, un peu derrière, celui du chef d'escadre des vaisseaux (jui mettra pied à terre, et à la gauche, un peu derrière, sur la même ligne, celui tiu chef d'escadre des galères qui descendra pareillement, ne pouvant y avoir trop d'officiers généraux dans une journée de celte conséquence et pour combattre et pour empêcher <:|ue les troupes ne se débandent pour piller, au sujet de quoi nous enjoignons à Messieurs des galères de défendre sur peine de la vie à leurs soldats avant de marcher pour le combat et dès le soir précédent de ne point s'écarter ni piller et ordonnerons à leurs officiers et
sergents de tuer sur le champ sans pitié ceux qu'ils trouveront écartes ou pillant.
Le détachement des galères étant débarqué, les bâtiments qui l'auront porté se retireront en toute diligence pour faire place aux caiques des galères qui porteront l'infanterie qui le devra soutenir. Et nous ordonnons que ce second débaniuement se fasse le plus tôt qu'il se pourra afin de joindre l'autre de près, et parce que toute l'infanterie des galères ne pourra pas se débarquer en une seule fois, nous ordonnons aux dits caiques et chaloupes de retourner avec vitesse quérir le restant pour se joindre aux premiers débarqués.
L'infanterie des galères en se débarquant se mettra en bataille le mieux et le plus vite qu'elle pourra et, pour éviter la confusion à la brèche, elle s'ouvrira sur la gauche, lors ([ue celle des vaisseaux s'ouvrira sur la droite.
Il faudra qu'avant le débarquement les pelotons soient réglés et ceux qui les doivent commander parce que, comme il faudra marcher dans les rues de Syracuse, le terrain sera trop étroit pour y faire des bataillons. C'est pourquoi ils se diviseront en divers pelotons quand ils seront dans la ville.
La nuit que précédera la descente, les capitaines feront donner les grenades à leurs grenadiers afin qu'ils puissent regarder si les mèches des dites grenades seront en bon état.
DXXVIl.
Lk oug m: Vivo.nnk au MAiiguis dk Preuilly.
Taiiriiiina, G juin 1077.
Ordres cl inslriiciioiis |i(uir la navigation de Preuill)" à la rencontre de l'escadre des galères et en vue d'un combat possible avec l'ennciiii en cours de route. — {Minute : Bibl. nat., Fr. 8033, fol. 20(); Ms. de Polignac, année IGll, n" 1G3.)
Il est ordonne'* à M. le mar(|uis de Preuilly, lieutenant ^('néial des années navales de l'Yance, de partir incessaninient avec tous les vaisseaux (ju'il commande et de s'en aller joindre M.M. de Valbelle et de Langeron qui partiront de Messine le 4° du courant et auxquels on a donné ordre ()ar deux l'elou(|ues de s'arrêter en de^^ des lies jus(|u'à nouvel ordre de notre part^. Mon
1. Une lellrc de Mvonnc du rii.'ine Jour à l'reuilly soulignait les principaux passages de cet ordre (Minute : Bibl. nat., Kr. 80;{:5, fol. 203; Ms. de Polignac, année 1011, n° 162). Cet ordre et ceux qui raccompagnaient n'étaient qu'une feinte imaginée par Vivoniie pour délourm-r l'attention de Syracuse.
2. Le 2 juin, Vivonne oj-donna à Valbelle de partir le 4 juin avec trois navires pour aller à la rencontre des galères, entre Stroniboli et iMilazzo, et de les escorter [Ihid., n" 1.")',); Bibl. nat., Fr. 803.3, fol. 201).
Le même jour, il donna le même ordi-e au nianpiis de Langeron, qui devait aller avec trois autres navires et un brûlot à la rencontre des galères jusqu'à l'île de Ponza pour les escorter ensuite jusqu'à Cività-Vecchia [Ibid., n" 158; Bibl. nat., Fr. 8033, fol. 200). Ordre lui fut envoyé en outre d'escorter le convoi de vivres pour .Messine [Ibid., n" l(il).
Knlin La Brossardière devait ([uitter Messine avec ses quatorze galères pour joindre à C.ività-N'eccliia celles qui venaient de Provence (Ibid., n" 100, 105, 160; Bibl. nat., Fr. 8033,
dit sieur de Preuilly, ayant joint ces Messieurs en deçà des îles, attendra sous voiles avec eux les yalères du roi, lesquelles les iront joindre sur celte croisière. Les vaisseaux et les galères étant ensemble, mon dit sieur le marquis de Preuilly fera route droit à l'île de Ponza pour combattre les vaisseaux et les galères d'Espagne qu'on dit être au dit lieu. Et en cas de combat et que les dits vaisseaux ennemis prissent ou chasse ou une fuite un peu longue, mon dit sieur de Preuilly ne s'attachera nullement à les poursuivre de telle manière que les galères du roi, étant dépourvues de l'appui des navires qu'il commandera, puissent être attaquées par les galères des ennemis en nombre supérieur et recevoir quelques échecs par ce moyen, mais se tiendra toujours le plus proche d'elles qu'il se pourra pour éviter un tel accident. Et même par cette raison il ajustera toute la navigation jusqu'à Cività Vecchia, de telle sorte avec celles des dites galères qu'il ne se sépare jamais d'elles s'il se peut, l'action importante de son voyage n'étant pas de combattre seulement les ennemis, mais de faire sûrement la jonction des deux escadres des galères du roi, ce que je lui recommande très particulièrement pour cet effet.
Que si mon dit sieur marquis de Preuilly ne rencontroit point MM. de Valbelle et Langeron en deçà des îles de Stromboli et de Lipari, il fera force de voiles
fol 202 et 208). Cet .irdrc lui lut transrais par l'intendant d'Oppède, à qui Vivonne annonçait qu'il partait lui-même de Taormina pour Messine le lendemain au plus lard {Ihid., n" I6k). On verra dans la lettre du 17 juin à Louvois [n" UXXXVIl) la valeur et la signification réelle de ces divers ordres de Vivonne, qui voilaient ses véritables intentions.
[ir,771 \>v MAiii:riiAi. 1)1-: vivonne. 277
pour les joindie au (Jda di^s dilt-s ilos sur la roule de Pofi/a, et, cela éUiiil l'ail, il les remnièneraeii dei,à [)Our dentier moyen aux j;aléres du Roi de les aller joindre. Si les dites galères les joignoient au delà des iles, les vaisseaux et les dites {galères s'en iront ensemble chercher les ennemis, sinon, les vaisseaux repasseront les dites îles pour attendre les dites },Mlères en deçà de Stromholi et de Lipari.
Fait à Taormina, le G' juin 1677.