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terrassé et oii la dite muraille n'est pas fort épaisse et que, si je pouvois réussir à i'aiie celte brèche, je pouvois entrer dans la ville en débarquant quinze ou seize cents hommes de troupes de la marine. Et cela me paroissoit d'autant plus faisable que M. de Bérieux me marc|Uoit positivement par son mémoire qu'un homme qui étoit venu le trouvei- de Syracuse exprès l'avoit assuré de la part des habitants (ju'ils ne vouloient être ni pillés ni brûlés et que, si l'armée du roi se présentoit dans le port, ils feroient deux choses, l'une qu'ils empêcheroient la garnison espagnole de sortir de leurs bastions pour venir dans la ville, et l'autre (|ue dans le même temps ils feroient bandière blanche pour introduire les Fran(;ois dans leur ville.
M'étant confirmé tout seul dans ce dessein que je ne voulus communiquer à personne parce ijuc je n'ai expérimenté que trop souvent que dès c|ue je me suis découvert de (luelque pensée on affecte de la rendre publique et à toute l'armée et à toute la ville, je disposai mes affaires en cette manière.
Je donnai ordre aux galères et aux vaisseaux de se tenir prêts pour aller faire la jonction à Cività Vecchia et, parce qu'il y couroit un bruit (lue les galères et les vaisseaux des ennemis s'apprètoient pour aller à l'île de Ponza afin d'empêcher cette jonction, je me servis de ce bruit, quoique je l'estimasse faux, pour mieux couvrir mon dessein, et je disque pour faire que les galères d'Espagne qui étoient en Sicile n'allassent point se joindre à celles de Naples, il falloit faire faire à notre cavalerie et à notre infanterie (|uel(|ues mouvements vers les ennemis afin de donner jalousie à quelcjucs
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unes de leurs places el retenir leurs «înlères dans les |)<)rts (le Sicile.
Eti suite de cela, je fis marcher tout le réj^'iment de Stoppa el toute la cavalerie à Taormiiia le jeudi 27* du passé et je donnai ordre à M. de Preuilly et à M. de La lirossardière de sortir le dimanche :{0'' et de s'avancer jusque par le travers de Taormina et qu'étant arrivés là je leur dirois ce qu'ils avoient à faire, .l'avois expédié un jour ou deux auparavant une felouque à .\ui;usla par laquelle j'écrivis à M. de Hrézets de bien observer si notre mouvement à Taormina n'oblij;eroit point les ennemis à tirer quelc|ues troupes de celles qui étoienl à Syracuse pour fortifier Carlentini et Cataiie, et je lui découvris même mon secret afin (|u'il liavaillàt avec plus de chaleur.
l'endaiit huit jours que je fus à Taormina, ma felouque fil divers voyajjes par lesquels n'ayant point appris i|ue les ennemis eussent fait aucun remuement de troupes et ayant vu aussi que le temps ne se présenta jamais favorable pour aller du côté de Syracuse, je me vis dans l'impossibilité de rien tenter, d'autant plus que 1»^ ennemis, voyant venir noire secours que j'eus avis être dans le Ciinal de .Malle, avoient plutôt occasion de fortifier leurs postes de ce côté là que de les affoihlir. Ainsi, je quittai ce dessein pour le reprendre dans une conjoncture plus favorable et je m'en revins aussitôt ici.
Le I I'' du courant. M. Du Quesne entra dans ce port et, dans le 1."^°, tout le convoi y entra aussi, .le ne fus pas sitôt arrivé dans celte ville <jue M. de Brezels me dépécha de nouveau pour me faire savoir que, si je
voulois renvoyer ma felouque, il espéroit me pouvoir dire des choses pour l'exécution de mon dessein. Et, parce que la venue des nouveaux vaisseaux me donnoit espérance de pouvoir encore mieux réussir qu'auparavant, je voulus bien lui envoyer la dite felouque et c'est ce qui a été cause que les galères n'ont point parti aussitôt que le convoi a été entré, car je n'ai eu réponse de M. de Brezets qu'hier, par laquelle, n'ayant pas eu la satisfaction qu'il m'avoit promis, je me suis désisté tout à fait de ma pensée pour la remettre à un autre temps.
Hier seulement on fit le décompte de la compagnie (sic) et on leur donna de l'argent. Il ne m'a pas été possible de le faire faire plus tôt, de manière que la cavalerie et l'infanterie ne commeiirant qu'à travailler ou à se remonter ou à réhabiller les soldats, et la munition et l'artillerie à se mettre en état pour faire la campagne, il y a grande apparence que les galères seront jointes ici avant que tout cela soit fait et ait pris la forme nécessaire pour pouvoir marcher, et qu'ainsi le retardement de la partance des galères n'apportera aucun préjudice aux affaires du roi, quelque chose que l'on s'avisât de dire à l'encontre.
Pendant mon séjour à Taormina, j'ai fort considéré ce poste et la manière dont il le faut fortifier afin d'y laisser peu de garnison, car, comme nous avons besoin pour sortir en campagne de mettre ensemble le plus d'infanterie que nous pourrons, il fut jugé que cela ne se pouvoit point faire si au préalable nos principaux postes n'étoieiit en état de ne pouvoir être insultés lors que nous serions une fois entrés dans le pays. Vous jugez bien. Monsieur, qu'il n'y auroit rien de plus aisé
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que de nous faire désister d'une entreprise si nous laissions un lieu comme Taormina et comme Gesso, fjui sont ouverts, en proie aux ennemis et à la trahison des habitants. C'est le sentiment des principaux chefs avec (|ni j'ai riionneur de servir ici, et ces ouvrages, qui ne seront pas d'une grande dépense puiscju'ils ne vont pas tous à sept milles livres, ne seroienl pas à faire à présent si on m'avoit donné de quoi y faire travailler.
DXXXVlll.
Le dit, de VivoxNE a Seignelav.
Messine, 17 juin 1677.
Vivoniio oxposc hScif^nelav |>()uif]ii()i les galères ne sont pas encore pailles. Il lui raconte sa teiilative sur Syracuse, comme il l'a fait à I.ouvois le mt^me jour*.
« M. le commandeur (le lU-rieux mérite par son applicalioii une juste louange et Sa Majesté doit considérer le grantl zèle qu'il a témoigné dans ce rencontre, car il travaille autant qu'il peut pour favoriser le dessein dont je vous ai parlé ici dessus. » — {Minute : lîibl. nai., Fr. 8033, fol. 221; Ms. de Polignac, ciinéc 1611, »" 100.)