‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 144 sur 171 · DXL · texte numérisé non relu

DXL

Le duc DK VlVOiNXE au M.VRQUIS DR PUEUILLY.

Messine, 17 juin 1(177.

Ordre de partir avec six vaisseaux et deux brûlots pour aller à la rencontre des vaisseaux espagnols qui amènent des troupes en Sicile. — (Ms. de Polignac, <inn,:c 1077, n" 194.)

Il est ordonné à M. le marquis de Preuilly, lieutenant général des armées navales du roi, de partir incessamment avec les vaisseaux le Sceptre, le Saint Michel, le Prudent, le Vaillant, le Téméraire et le Vermandois et les bri'ilots commandés par les capitaines du Rivault et Ver^uin pour aller au devant des vaisseaux espagnols qu'on a nouvelles qui doivent venir d'AIicante en Sicile pour y porter des troupes. En cas cju'il apprenne que les dits vaisseaux soient en Sicile, il s'en reviendra en ce port. Que, si il a avis qu'ils ne soient pas encore passés ou qu'ils fussent de partance prochaine ou en chemin, on laisse à son choix de profiter des avis qu'il aura et de croiser où il estimera

joindre à l'escadre de Manse et de les ramener à Messine aussitôt après {fbid., n" 192). Il ordonnait aussi à Gabarel d'assister avec quatre vaisseaux la traversée des galères [Ibid., n" 194).

[)(;771 I>ll MARÉCHAL DE VIVONNE. 299

pour le mieux jusque au lO' du mois procliaiii au plus lard, auquel temps il reviendra.

Lk duc m: Vivonxk a Skignklav.

Missinc, 17 juin 1677.

niillaiilc coiuhiil.- du coiiimaiulanl de la chaloupe du Magnanime. — [Minutr : ISibl. nal., Fr. 8033, loi. 229; Ms. de l'olignac, nnneV i6'77, n° 195.)

La chaloupe du Maçinanime\ étant en f^ardc commandée par M. Uruneau, volontaire sur le dit vaisseau, ayant découvert à la pointe du jour un navire qui raii|;(!oit la c(Me de Calabre, suivant ce qui est ordonné aux chaloupes de j^arde, il fit lorce pour le reconnoitre; l'ayant joint, il trouva qu'il étoit anglois.

Le calme étant survenu et les courants violents jetèrent le vaisseau et la chaloupe fort proche de la ville de Reyf;io d'où il sortit une -rande yaliole armée en f;ucrr(> avec bandicre d'Espa-ne ([ui voguoit droit àraii^lois a dessein d'enlever la chaloupe françoise cjui étoit à son bord.

Le sieur 15runeau, s'en étant aperçu, se résolut au combat, (luoiiju'il connût bien (ju'il ne pouvoit être (|ue fort iné'gal puisqu'il n'avoit que quinze hommes avec lui et (|ue la galiote eimemie étoit remplie de plus de six vingts. .Mais, voulant vendre chèrement

1. Ce vaisseau dovail périr peu de temps après au cours d'une tcmpôle i\\i\ lijela sur les roches des l)ouches de Bonifacio. Il rentrait alors en France, conduit par le capitaine Gravier. Cf. .lai, op cit., t. II, p. .'?02-,303,

sa liberté, il prit toutes les précautions ([u'auroit pu prendre riioninie du monde le plus exj)érimenté à la mer. Il commença par obliger l'équipage du navire aiiglois de se mettre à fond de cale, ne réservant auprès de lui que le capitaine et, après avoir bien disposé toutes choses dans le meilleur état qu'il lui fut possible, il attendit les ennemis qui s'approchèrent à la portée du pistolet et sommèrent le capitaine anglois de leur remettre entre les mains les François, sinon qu'ils lui obligeroient par la force. Alors le dit sieur Bruneau fit amener le pavillon anglois et arbora celui de France en se montrant à même temps aux ennemis le sabre à la main, leur criant que c'étoient des canailles et qu'il les attendoit à l'abordage. Cette réponse hardie intimida les ennemis en sorte qu'ils changèrent le dessein d'atla(|uer en celui de se retirer. L'on peut dire que la chaloupe du Magnanime n'a été sauvée que par la bonne conduite du sieur Bruneau en cette occasion. Elle n'est pas seulement d'un volontaire, mais d'un homme qui auroit passé par tous les degrés, aussi a-t-elle été louée de tous les gens du métier. Il y a huit ans qu'il est volontaire'.

Page 1