‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 145 sur 171 · A M. de La Villettc, dans le texte · texte numérisé non relu

A M. de La Villettc, dans le texte

nera la garnison fjui s'y trouve. — {Minute ; HUA. nat., Fr. 8033, fol. 232; Ms. de Polignac, année ÎGII, n" l'J7.)

Il est ordonné à M. de VillcUe, capitaine du vaisseau du roi le Ucnrif^, de partir incessamment de ce {)ort |)()ur s'en aller à Au^'usta avec le vaisseau l'Eclatant, le More et le navire ^a-nois commandé par le cajjitaine Scanavino y porter M. l'intendant, M. de Casaux et quatorze compagnies d'infanterie, savoir : deux sur le vaisseau le Henri/, deux sur l'Eclatant et cinq sur chacun des autres vaisseaux. Étant arrivé au dit Augustii et ayant dcbaniué les dites compagnies d'infanterie, il attendra le retour de M. l'inteniiant et de M. de Casaux et irmmènera en cette ville vingt deux compagnies c|ui composent la garnison du dit Augusta avec les chevaux et les mulets, et il régalera le tout sur les dits vaisseaux, à proportion de ce qu'il aura lait en allant des dites (|uat<)rz(;.

Fait à Messine, le :J3° juin 1(177.

Par Monseigneur.

DXLUI.

Louis XIV AU DUC DK ViVOXNK.

Versailles, .'{Ojnin U'>11 .

Le roi pcisisie, malffi'é la deniiinde de Vivonne, dans sa (lécision île ne laisser h Messine pendant l'hiver qu'une escadre de sept galères et de faire rentrer les quinze autres en France en soptoiulne. Il expose les raisons qu'il a pour

1. Ce navire ctail en fort mauvais ëtal el rentra on France peu après, conduit par M. de Villette. porteur de dt''ptîches pour le roi. Sur son retour ot la réprimande adrcssi^c par Colbert ;•! Arnoul lils à son sujet, cf. Jal, op. cit., t. Il, p. .302-303.

prendre cette détermination. Le roi s'est inquiété du long séjour de Manse à Cività-Vecehia, mais il espère que ses galères sont bien arrivées à Messine.

Louis XIV avertit Vivonne que le nonce, l'ambassadeur de Venise' et les Génois se sont plaints auprès de lui des prises faites par les vaisseaux du roi et ceux que des particuliers ont armés en course à Messine. « Le dit nonce particulièrement se plaint que les armateurs de Messine prennent les bâtiments du commerce dans la plage romaine et jusque sous le canon des villes et châteaux de l'Etat ecclésiastique'^. C'est dont je suis bien aise de vous avertir,

1. Domenico Contarini, ambassadeur à la cour de France de 1676 à 1680.

2. A maintes reprises au cours de l'année 1677, la Gazette relata, d'après des nouvelles venues de Naples, des actions qui montrent à quel point les bâtiments armés en course par les Français ou les Messinois gênaient le commerce maritime des Napolitains :

Naples, 9 février. — « On prépare ici une galère pour donner chasse aux tartanes françoises qui croisent sur nos mers et qui ont enlevé plusieurs bâtiments chargés de marchandises. »

Naples, 24 mars. — « Le marquis de Los Vêlez a sursis le départ des grains et du biscuit qu'il vouloit envoyer à Porlo- Longone et en d'autres places, craignant que ces provisions ne tombent entre les mains des François qui croisent toujours de ce côté. »

Naples, 24 avril. — « Deux tartanes et une palache de Raguse chargées d'huile et de pains pour le conqjtc de deux marchands de cette ville ont été prises par les François et conduites à Messine. »

Naples, 27 mai. — « Les armateurs françois et messinois sont en si grand nombre qu'il n'y a plus de sûreté pour nos barques. Les bandits [calabrais] sont entrés en commerce avec ces armateurs et ils leur vendent les vivres, les chevaux et les armes qu'ils enlèvent en divers lieux Je Calabre où ils font plus de désordre que jamais. Les particidiers du royaume de Naples

afin que vous conteniez ces corsaires nut.int qu'il vous sera possible. Pour cet effet, je veux (}ue vous leur défcntliez il'approcher des dites villes et châteaux, et en cas que nonobstant ces défenses ils ne laissent pas de le faire, dès que vous en aurez la preuve mon intention est que vous les fassiez punir sévèrement. Pour ce qui est des vaisseaux vénitiens, prenez jjardc que le commerce du },'olfe Adriatique ne soit pas troublé et empêchez avec grand soin que les armateurs n'y arrêtent aucun vaisseau vénitien.

« Vous voyez l'avantage que les habitants de la ville de Messine ont retiré pour leur subsistance de la liberté du commerce. Je veux que vous teniez la main à ce qu'elle soit toujours maintenue et qu'il n'y soit donné aucune atteinte par les jurats, et pour cet effet que vous donniez

ont perdu depuis peu de grandes sommes par les prises que les François et les Messinois ont faites de plusieurs bâtiments chargés de pains et de riches étoffes qui venoient de divers endroits pour le compte de nos marchands. »

Naples, 20 août. — « Les armateurs de Messine ont enlevé deux barques de Final chargées de marchandises, et les François en ont pris plusieurs autres (jui alloient à la foire de Saint Dominique, à Suriano. Ces prises, qui sont de plus de cent mille écus, ruinent nos marchands.

« On assure que les ennemis ont enlevé plus de six mille chefs de bolail de la Calabre, où les bandits se joignent à eux. »

Jusqu'à la (in de l'oceupation de Messine par les Français, les notes de ce genre se renouvellent dans la Gazette.

Comme on le voit, les Français et les Messinois ne se contentaient pas de faire des prises en mer, mais par des incursions hardies en Calabre ils s'emparaient aussi d'un important butin, surtout de bestiaux.

Les Espagnols en vinrent à soupçonner les habitants de la Calabre d'intelligence avec les Messinois et les Français et à les accuser de conduire de nuit le bétail sur le rivage pour le laisser enlever par les ennemis qui le leur payaient en argent comptant et au prix (|u'ils désiraient (Gace^e du 8 mars 1G78, de Naples, '22 janvier).

les ordres que vous estimerez nécessaires. » — (Arch. ml.. Marine, B^ 35, fol. 206.)

DXLIV.

LOUVOIS AU DUC DE ViVONNE.

Versailles, 6 juillet 1G77.

« Je vous ai maniué par mes précédentes que, quoique Sa Majesté veuille regarder la guerre de Sicile à l'avenir avec plus d'application que l'on a fait l'année dernière, je ne crois pas possible de faire tout ce que l'on voudroit de grand'. » —(Arch. de la Guerre, vol. 524, fol. 197.)

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