‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 152 sur 171 · Colonel des dragons de Messine · texte numérisé non relu

Colonel des dragons de Messine

2. Casaux campait à Castanea. Il écrivit de là à Louvois. le 5 octobre, une lettre pour lui raconter son expédition, l'épidémie qui décimait son armée, ainsi que la désertion. Il était luimême malade du foie (Arch. de la Guerre, vol. 610, n" .37) : « L'infortune la plus grande du monde est arrivée à l'armée; elle a été attaquée par un air pestilentiel. Il y a eu et sont encore des régiments de cavalerie commandés par un cornette et d'autres par des maréchaux des logis. Il y a un grand nombre de cavaliers et de soldats qui n'ont pas mangé un morceau de viande ni bu du vin depuis plus de deux ans, la livre de viande se vendant ordinairement huit sols, le vin fort cher; leur solde ne suffit que pour acheter un peu d'huile pour faire de la soupe. Toutes les troupes des garnisons de ce pays, depuis ipi'ellesy sont, à la réserve de Messine qui a eu quelques

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reste. Cellu épidémie immobilise l'armée». — (Arch. de la Guerre, vol. (ilO, ii" 36.)

DLL Le duc I)K ViYONNK A Loinois.

[Messine, septembre 1677.]

Au Uo-! ■ « Mémoire de M. de Vivonne de tout ce qui a été résolu de faire depuis la fin de mai 1677 par les vaisseaux, les galères et l'armée de terre jusques à ce qu'elle se soit retirée de la plaine de Mascali, où la plupart des officiers et soldats tombèrent malades. Reçu en octobre 1617. Avec des apostilles à côté de M. d'Oppède. » - (Arch. de la Guerre, vol. 610, n» 25.)

Qu'auparav.tiit la venue de M. Du Quesne sur les avis de .\L le coiiiniaiuleur do lU-rieux, qui regardoient la ville de Syracuse, on s'avança jusques à Taormina par terre avec les Suisses et la cavalerie et, par nier, avec le peu de vaisseaux et de galères qu'il y avoit alors les derniers jours du mois de mai à commencer

du 27*.

Je n'eus aucune connoissance en ce temps là du

dessein de M. de Vivonne sur Sfiracu^e. Je croijois comme les autres que ce voyage était pour aller visiter

matelas et quelques paillasses, tout le reste couche sur la terre; je crois que c'est en partie ce qui causa la désertion » (cité aussi par C. Rousset, op. cit., t. Il, p. 'tbb, n.).

1. Le bruit rourait à cette époque en Italie que la ville de Modica s'était soulevée contre les Espagnols, ainsi que le pays environnant, et avait appelé les Français (lettre de Pierre Cotolendi à Louvois, 17 septembre, aux Arch. de la Guerre, vol. 610, n" 34).

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les fortifications de Taormina et cacher aux ennemis le départ des galères^.

Que ce voyage ne dura que huit jours. {Bon.) Que, comme on étoil pour commencer ce voyage, on eut nouvelles assurées que M. de Manse étoit à Cività Vecchia avec l'escadre des galères tju'il conduisoit. {Bon.)

Que la première pensée fut de faire partir les galères qui étoieiit à Messine pour aller joindre les autres, mais qu'ayant fait réflexion qu'un retardement de huit jours ne pouvoit être qu'avantageux au service, si on pouvoit réussir à Syracuse, on crut qu'on pouvoit donner ce peu de retardement au hasard d'une si belle entreprise. Ce qui fut exécuté.

— Je n'en ai eu aucune connoissance, comme il est dit ci devant.

Que, comme on étoit à Taormina, on eut avis par les ennemis que le convoi conduit par M. Du Quesne étoit à la vue de la Sicile. {Bon.) Sur quoi l'on trouva à propos de différer l'exécution du dessein de Syracuse, d'autant plus que, la vue du dit convoi ayant donné aux ennemis de l'inquiétude pour cette place, ils y avoient jeté du monde aussi bien que dans Carlentini.

— Je n'ai eu aucune connoissance du dit dessein. Que, les huit jours expirés, on donna ordre aux

galères de s'en aller à Cività Vecchia et aux vaisseaux de les accompagner le plus avant qu'ils pourroient et d'aller ensuite chercher ceux des ennemis qui dévoient porter des troupes à Palerme. {Bon.)

1. Tout ce qui est soulignf^ est dans la marge, en face du paragraphe. Ce sont les annotations de l'intendant d'Oppède.

Que flans le m^nie temps et avant la partance des dites ;,'alfies M. l'iiitetidant représenta à M. le maréchal ([lie, [)uisi|ue le convoi étoit si proche, il scroit bon de retenir les galères juscjues à ce qu'il lilt entré tant à cause des barques, que les -galères, cahotes et brigantins des ennemis auroient pu prendre facilement, qu'à cause du Royal Louis et des autres grands vaisseaux qu'il lalloit introduire dans le Phare sûrement .

— lîon, mais à la vue du convoi.

Ce qui, ayant été trouvé nécessaire, fut exécuté de même et que par ainsi la partance des galères fut retardée.

Que M. Du Quesne arriva à Messine le I T juin. (Bon.)

Que le 17' juin les (|uatorze galères eurent ordre d'aller à Cività Vecchia pour faire la jonction des huit qui les y attendoient, mais que, le mauvais temps les ayant retenues dans le port, elles ne purent sortir le Phare (sic) que le 27° du dit mois. (Bon.)

Que le même jour M. de Prcuilly sortit avec six vaisseaux et M. Cabaret avec quatre. [Bon.)

Que M. Du Quesne, n'étant arrivé qu'au mois de juin, n'a pu se préparer plus tôt à faire la campagne, puiscjue l'argent, le blé et les troupes ne vinrent (jue par ce convoi.

— Vanjenl et les troupes arrivèrent par ce convoi, mais pour du blé il y en avoit beaucoup à Messine dès le mois de mai.

Que, cincj ou six jours après l'arrivée de M. Du Quesne, il fut tenu un conseil où étoient M. l'intendant, M. de Casaux, M. de I.n Villedieu, M. de Morton et

M. do Nollant, d;uis lequel ayant été agité ce que l'on pouvoit faire, il tut trouvé qu'on n'étoit pas en état de former aucun dessein, à cause qu'il n'y avoit que trois jours de fai'ine et, par conséquent, qu'il n'y en avoit pas suffisamment pour garnir les postes qu'il falloit laisser pourvus en mettant en campagne et pour faire marcher l'armée.

— Qu'il fut tenu divers conseils où on résolut de donner du temps aux troupes pour les réparer et pour faire venir celles des garnisons d'Augusta et autres, et que le 25" de juillet on tint le conseil porté par cet article oii je représentai toutes les diligences que j'avais faites pour avoir de la farine, n'en ayant oublié aucune.

Qu'on pria, à cause de cela, M. Henry de vouloir .bien prêter la tarine qu'il faisoit moudre au delà de la consommation ordinaire, afin d'en pouvoir faire un amas qui pût servira avoir l'avance nécessaire pour munir les places et faire marcher l'armée. {Bon.)

Que ce que M. Henry faisoit faire de farine au delà de la subsistance ordinaire devant servir à faire le biscuit des vaisseaux et des galères, lesquelles vivoient du pain frais dans le port, on jugea à propos d'envoyer M. de Lhéry, dont le navire étoit incommodé, en toute diligence à Toulon pour rapporter des farines que M. Henry y avoit, afin qu'il pût, par ce moyen, retourner les farines qu'il prètoit à la ferre, dont il ne se pouvoit passer pour l'aire le biscuit de l'armée navale. {Bon.)

Que les sécheresses ne permirent pas à M. Henry ni à M. Maupin de faire la diligence prétendue dans la mouture du blé, ainsi qu'au lieu de quinze jours de retardement il nous a fallu attendre jusque vers la fin

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d'août pour pouvoir iiictlre on campagne, ayant pour vingt jours de vivres devant nous, mais sans aucun moyen de faire porter ni le pain ni la munition de guerre à la suite de l'armée.

— L'on avoit pour un moi^ de vivres, toutes les places l'ournies pour trois mois, quelques rnulcs pour l'ai'tillerie et pour porter du pain pour trois jours.

Qu'au retour de Syracuse on étoitdansia résolution, par l'action des troupes de terre, de faire quelque chose, mais qu'il a été impossible de faire seulement le siège du château de Calataltiano, à cause (|ue les troupes (|ui commenvoient à être travaillées du mauvais air de la plaine de Mascali en s'approchant du dit Calatabiano furent si généralement attaquées de maladies qu'à moins de trois jours il y en eut plus de la moitié hors d'état de servir, de sorte que, craignant la destruction totale de l'armée, on a été obligé de la mettre en (|uartier. Ce que l'on a fait de l'approbation (le tout le monde. [Bon.)

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