‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 156 sur 171 · DLV · texte numérisé non relu

DLV

Le DUC DE VlVOX>TÎ .\ LOUN'OIS.

Messine, 16 novembre 1677.

Deux lettres dans lesquelles Vivonne envoie l'état des garnisons qu'il a réglées depuis la réforme et fait le détail

1. Le 10 novembre, le roi avisa Vivonne qu'il faisait armer encore deux autres vaisseaux en Ponant pour escorter en Sicile les blés qu'il faisait acheter en Bretagne et en Poitou (Arch. nat., Marine, 8^35, fol. 334).

Le 17 novembre, le roi recommandait encore à Vivonne

de ce qu'il y a dans cha(|ue place. Il y a en tout 138 compag^nies françaises' a 50 hommes chacune. Le régiment suisse est en bon état, hii-n <]iril ait sctufTort des maladies et de la di-scrlion.

Il y a à Messine (i'i comijagnies françaises cl 4 suisses". Cela ne suffit pas j)()ur faire (|uel(|ur chose, car il n'v a plus (jue des places considérables à atta(|ucr : Milaïzo, Calanc, Carlcnllni et Syracuse '.

Il faudrait porter la guerre du coté tl'Augusta , mais auparavant fortifier Messine et les postes environnants. Le siège de Mila/./,o serait très diniciic cl ne rapporterait pas grand avantage.

Il faut que le roi envoie des troupes s'il veut faire des conqni^Ics on Sicile''; s'il veut simplement se maintenir, il

d'étaMii- iiiH' cnliiTi- lil>Lrlé dans la vente des blés (Ibid., fol. 242) et le prévenait que la flotte hollandaise serait à Naples au mois de mars [Ibid., fol. .343).

1. Le régiment de Pinardic ne comptait plus que treize compagnies, celui de Piémont douze, de (Ihampagne douze, de Normandie quatorze, de .Marine douze, de Crussol dix-sept, de Louvigny dix-sept, de Sclioinberg douze, de Provence treize et de Vivonne seize. En tout 7 000 liomiiies environ.

2. A Taormina et Mola, il y avait vingt-sept compagnies dont deux suisses, à San Alessio une, à Forza cinq, à Savoca trois, h Scaletta cinq, à Gesso quatorze dont deux suisses, à Augusta vingt-quatre (voir aussi Arcb. de la Guerre, vol. GIO, n" 46 et 52).

3. Dans ces diverses places les ennemis avaient beaucoup travaillé et s'étaient fortiliés depuis un an.

4. Il devi'nait de mois en mois plus difficile de « faire des conquêtes en Sicile », comme disait Vivonne. Au cours des années précédentes, Vivonne avait perdu un temps précieux et laissé échappé des occasions qu'il ne retrouva |)lus.

La Villedieu voyait très juste quaud il écrivait à Louvois (30 juin] : « Je crois vous faire plaisir de vous dire à peu près ce que je connois de l'état des choses en ce pays ci. Il ne faut plus sr flatter que la conquête entière de la .Sicile soit

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fiiul (|u'il envoie quaiul môme deux ou trois mille liommes pour parer aux désertions et à la maladie.

Il faut respecter les [)rivilè;,'^es de Messine, le Sénat s'en

aisée. Les peuples, soit par un esprit de légèreté, soit qu'ils supportassent avec peine la domination des Espagnols dans le conimencennent de la révolte de Messine, sembloient vouloir suivre son exemple. Tout le royaume étoit ébranlé. Mais les Espagnols, et par des troupes qu'ils y ont fait passer depuis ce temps là s'en sont rendus les maîtres et par ce qu'ils leur ont fait croire, les ont si bien raffermis que nous trouverons plus de résistance dans les gens du pays que dans les troupes réglées. On leur a persuadé que le roi ne pensoit point à la conquête de ce royaume, que ce que Sa Majesté en faisoit n'étoit que pour faire une diversion ou tout au plus pour y prendre quelques places, pour les échanger ensuite dans un traité de pays contre d'autres que Sa Majesté prenoit d'un autre côté. Ils ont même eu la politique de faire publier par plusieurs fois dans le cœur du royaume et dans les endroits les plus reculés d'où nous sommes que la paix étoit faite.

« Ainsi ce peuple, persuadé de retourner sous la domination des Espagnols, quand même nous les aurions conquis, fait de son mieux pour se les concilier et pour s'acquérir du mérite auprès d'eux.

c( La situation du pays est une chose terrible. Presque tous les villages situés sur le sommet des montagnes sont autant de forteresses et peuvent chacun en particulier faire la guerre. 11 y a pourtant des lieux principaux à prendre, surtout au bord de la mer, d'où l'on peut mettre à raison les plus voisins. Nous ne laisserons pas de pouvoir faire quelque chose de glorieux pour les armes du roi et de nous rendre maîtres d'un canton de pays considérable, où les troupes puissent trouver une facile subsistance et par lequel l'on puisse faciliter celle de Messine et du pays qui est réduit sous l'obéissance du roi. C'est dont nous avons tous grand besoin.

« Les ennemis n'oseroient assurément se présenter devant nous pour faire quelque résistance en campagne. 11 s'en faut bien qu'ils ne soient si forts que nous en troupes réglées. Ce qu'ils semblent faire, c'est de nous attendre dans les postes

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monlranl très jaloux'. Ln cavalerie est en très mauvais état. Les bons cavaliers ont déserté ou sont morts. Les {généraux demandent des vivres et du fourrage.

Les ennemis veulent faire passer des troupes en Sicile. Si le roi envoie des secours, il faut que ce soit à Messine au mois de mars. — (Arch. de la Guerre, vol. 610, n"' /.O, ',! c\ V2.)

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