‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 161 sur 171 · DU · texte numérisé non relu

DU

LollS XIV AU DUC DE VlVOXNE.

Sairil-Ocnnain-on-Layo, 1" janvier 1678.

Le roi rappelle \ivonne en France. — (Arch. nat., Marine, B'37, fol. 1.)

Mon cousin, Les services signalés (jue vous m'avez rendus tlans le commandement de mes armées de terre et de mer

eux, don Oiuseppe Gotlio et Carlo Laganà, qui partirent le 30 avril sur le Sceptre afin de supplier le roi de continuer à les protéger. Ils arrivèrent à Paris au commencement de sepr tembre, mais ne furent reçus par le roi que le 12 octobre, car ils refusaient de se présenter avec le cérémonial obligatoire pour les ambassadeurs des villes sujettes. La difficulté protocolaire fut tournée et les ambassadeurs obtinrent plusieurs audiences. Ils supplièrent Louis XIV de ne pas céder Messine à l'Espagne, menaçant de se donner aux Turcs plutôt que d'y consentir. Ils renouvelèrent la demande d'un roi sicilien.

Louis Xl\ leur remit une lettre pour le Sénat où il promettait de ne jamais abandonner Messine. Il nomma archevêtiue de la ville le Père Carafl'a, théatin, et garantit la prochaine désignation d'un roi, qui devait Ctre le prince de Condo. Il accorda enfin un certain nombre de privilèges que réclamaient les sénateurs (Galatti, op. cit., p. 282-285, d'après les dépêches de l'ambassadeur vénitien, Contarini, à la cour de France).

Les députés messinois étaient à la cour lorsque l'abandon de Messine fut décidé, mais le secret en fut si bien gardé qu'ils n'eurent pas le plus petit soupçon de ce qui allait arriver. Ils purent croire, au contraire, comme l'ambassadeur de Venise, Contarini, les propos habilement répandus à la cour qui assuraient q«c d'importants renforts allaient partir pour la Sicile (dépêches de Contarini des 5 et 12 janvier 1G78 citées par Oalatti, op. cit., p. '^(^2]. Laganà ne rejoignit Messine que le 3 février, en compagnie de La Feuillade.

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en Sicile m'ont si bien persuadé que le poitls d'une affaire aussi difficile ne pouvoit être en meilleures mains ipie j'avois résolu de ne vous point accorder le congé que vous m'avez demandé pour quelque temps^ mais, ayant depuis fait réflexion qu'il pouvoit être très nécessaire pour la continuation de mes conquêtes en Sicile que vous vinssiez vous même recevoir mes ordres et me rendre compte des moyens que vous estimez les plus avantageux pour achever de me rendre maître du reste de cette île, c'est ce qui m'a porté à vous permettre de repasser en France aussitôt que mon cousin le duc de La Feuillade, que j'ai choisi pour commander mes armées en Sicile pendant la campagne prochaine, sera arrivé à Messine, mon intention étant que vous ne perdiez pas un seul moment à vous embarquer sur un des vaisseaux qui auront porté mon dit cousin le duc de La Feuillade pour venir recevoir ici les marques que j'ai impatience de vous donner de la satisfaction entière que j'ai des services que vous m'avez rendus, et pour me rendre compte de l'état présent des affaii'es de Sicile et des moyens d'en achever la conquête lorsque vous y serez retourné^. Sur ce, je prie Dieu...

1. Seignelay à d'Oppède (2 janvier) : « Vous apprendrez par plusieurs endroits que le roi a accordé à M. le duc de Vivonne le congé qu'il a demandé plusieurs fois et que Sa Majesté a choisi M. de La Feuillade pour cominander en Sicile jusques à ce que M. de Vivonne y soit retourné... » [Ibid., fol. 10).

2. Le même jour, le roi écrivait au duc de La Feuillade que, considérant que ne pouvant « faire un meilleur choix que de vous pour le commandement de nos armées », il avait résolu de lui confier celui de l'armée navale qui est à présent en Sicile. 11 le nommait commandant en chef de cette armée (A.rch. nat., Marine, B' 37, fol. 2) et des galères [Ibid., fol. 3).

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