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2. Vivonne essayait par cette lettre de se disculper auprès du roi, dont le mccontcntumcnt lui était connu par la lettre de Louvois. Cf. n" DLIll.
[1678] nr MAHÉriiAL nr, vivonne. 337
KLXIII.
Le duc ue Vivo.n.nk a Lolvois.
Messine, 10 janvier 1678.
Rapport di'-taiilé sur la surprise et la perte de Mola. (Arcii. de la Guerre, vol. GIO, n° 65-.)
Monsieur,
Je reçus, le 24° du passé, deux lettres de votre part, l'une du 22* septembre et l'autre du dernier octobre passé, avec toutes les expéditions qui les acconipaj^noient. Tous ces paquets me lurent apportés par le retoin- d'une barciue (|ne j'avois envoyée à Cività Vecehia. Pour répondre, j'aurai l'honneur de vous dire. Monsieur, que j'aurois voulu de bon coeur et que je voudrois bien encore vous pouvoir donner de meilleures nouvelles que celles que vous avez eues par le passé et celles (jue j'ai à vous dire aujourd'hui. Mais les évét)ements ne dépendent pas des hommes. On (ail de son mieux et les succès, ensuite, ne sont pas entre nos mains.
Vous aurez vu par mes précédentes comme quoi les troupes du roi qui nous restent se comportèrent en la prise d'un certain fort que les ennemis avoient bâti à la Marine, proche de Gesso'. On ne peut pas mieux faire qu'elles tirent dans ce rencontre et, après une telle vij^^ueur, nous ne pouvions pas raisonnablement nous figurer (ju'il nous dût arriver une disgrâce
1. Cf. Mémoire de ce qui s'est passé... (Bibl. nat., Fr. 5863), fol. 256-257.
338 CORRESPONDANCE [tr,7S]
comme celle (jui nous accueillit le 19° du passé dans Mola, place accommodée et fournie sullisanunent d'hommes et de toutes sortes de munitions. Cependant, nous avons eu le cruel déplaisir de la voir passer de nos mains en celles des ennemis en vinj^t i|uatre heures, par la trahison de quelques paysans, de la manière la plus déplorable du monde, ainsi que vous le pouvez voir par le procès que vous envoie M. l'intendant.
La garnison qui étoit dans le village ayant été surprise et en partie égorgée*, il restoit le château avec quarante quatre soldats, cinq sergents, un sous lieutenant et un capitaine nommé Bretagnac, (lui eut la fortune de s'échapper du village et de se retirer dans ce château. Il n'y avoit personne qui n'eût une juste espérance que l'on auroit le temps de le secourir puisque cette pièce est forte et qu'il y avoit dedans une grande quantité de munitions de guerre et de bouche.
L'avis de cette surprise m'étant venu le même jour 19" au soir, je fis partir la nuit même M. de l'Ile, commandant de Louvigny, avec un détachement de cinq cents hommes qui arriva le lendemain matin à dix heures au pied de la montagne de Taormina, ce qui étoit une diligence extraordinaire, car la nuit avoit été terrible. Je n'en fis pas une moindre le lendemain avec le reste de l'infanterie et de la cavalerie, mais tous nos soins furent inutiles. Le dit sieur de Bretagnac se rendit misérablement aux ennemis à huit ou
1 . Sur les causes de cette révolte, voir plus haut, n" CCCCXCVI, et les notes.
neuf heures du matin, dans le temps que M. de l'Ile arrivoil à Gallodoro, sans avoir eu personne seulement de hiessé, ni (|ue les ennemis eussent causé aucun dommage au cliùleau ou il doit, ni qu'il en eût l'ail aux ennemis'.
1. Montauhan de la Tour à Louvois (13 décembre 1677) : Il Le sieur Ducliesne, capitaine dans Loiivigny et qui commandoit dans Mola, se laissa surprendre dans son lit par ses propres habitants. Il fut blessé et se sauva à Taormina. La plupart de la garnison fut égorgée ou prise, et le sieur de Bretagnac, capitaine dans Picardie, se retira dans le château, ce qui nous donnoit bien de la joie, puisque nous étions assurés de reprendre Mola si le château eût tenu jusqu'à ce que nous fussions arrivés. Mais au bout de vingt quatre heures le sieur de Bretagnac le rendit sans nulle résistance, bien qu'il eût quarante hommes, cinq sergents et toutes les choses nécessaires pour la défense et n'étant atta(|ué qui- par des paysans. .le vous avoue, Monseigneur, que c'est un coup fâcheux pour les affaires de ce pays ici et qui a consterné tout le peuple « (A.rch. de la Guerre, vol. GiO, n" 52 bis). Les insurgés menaçaient de mettre le feu au château. D'où, sans doute, la reddition de Bretagnac (Galatti, op. cit., p. 293).
Camus de Morton donna à Louvois, le 3 janvier, un récit beaucoup plus circonstancié : « M. Duchesne, capitaine dans le régiment de Louvigny, y commandoit depuis qu'elle étoit à nous. Il y avoit, Monseigneur, quatre compagnies de Picardie dedans en garnison, qui étoient celles de Clerville, de Bretagnac, de Dantcnet et de Bigos. Ce premier n'y étoit pas, avant eu permission de M. de Vivonnc de rester ici [à Messine] parce (jue son rang n'étoit pas réglé avec ses camarades à cause d'une commission (pi'il avoit reçue nouvellement. Il n'y avoit donc que trois capitaines ipii firent ronde tous trois cette nuit et le commandant, Monseigneur, en fit deux. Dans le temps de la dernière, qui fut faite par le sieur Bigos, la conspiration s'exécuta. Elle commença par un corps de garde qu'ils égorgèrent, qui étoit à une petite brèche du village. Le sieur Bigos fut blessé dans le temps qu'il faisoit sa ronde. Les paysans
Notre (ii'plaisir a ôlr extrême en cette occasion, et celte latalilé est d'autant plus fâcheuse que les peuples de ce pays ne peuvent supporter la moindre, et qu'ils se représentent loujoui's que s'ils retombent entre les mains des Espagnols il n'y a pour eux que des supplices extrêmes à envisager.
Plusieurs, croyant (juc toutes les terres entre Scaletta et Taormina ne pouvoient se maintenir sans Mola, vouloient que l'on abandonnât la ville de Taormina. Mais M. le marquis de Montauban ayant ouvert un avis contraire, et l'ayant soutenu par raison, on résolut qu'il falloit faire tout l'effort pour la conserver, afin qu'elle nous aidât à reprendre Mola ou au moins à maintenir les villages. Les ennemis se sont assemblés à Francavilla et prétendent nous obliger à
se saisirent du logis du commandant pour l'égorger. Ils le blessèrent de plusieurs coups. Il lit son possible pour se jeter dans le château, mais il lui fut impossible, Monseigneur. Il prit le parti de descendre à Taormina. Les sieurs Dantenet et Higos furent pris à cause de leurs blessures et les officiers de leurs compagnies, et le sieur de Bretagnac se jeta dans le château, qu'il rendit peu de temps après, quoiqu'il eût avec lui quarante quatre soldats et sergents.
« Cette affaire, Monseigneur, arriva le 19" du n'iois passé à une heure devant le jour. Ce château se rendit le 20" au matin. La nouvelle arriva ici à cinq heures du soir, le 19-. L'on y marcha toute la nuit, mais en chemin on apprit la reddition du
château.
« De ces quatre compagnies, Monseigneur, il reste .piatre vingts hommes, y compris les malades qui éioient aux h.^pitaux. Le reste est tué ou prisonnier .- (Arch. de la C.ucrrc, vol. (ilO,
n'ôl). . .
Selon de NoUant, le capitaine Duchesne « ne put jamais tirer aucuns soldats de leurs logis. 11 a reçu cinq ou six blessures » (rbid., n" 06).
[ir,7S] Dl' MAHÉCIIAL DE VIVONNE. 341
abanfloiincr ce poste. Ils ont mi^me remué une infinité de machines parmi nos paysans pour les taire révolter, lesciuels nous donnent tie j,'rands embarras, surtout la terre de Savoca, (|ui a eu de {grands emportemenis dans cette conjoncturel Nous avons cependant soutenu avec fermeté toutes ces secousses et nous ne (juitterons Tanrminn qu'à la dernière extrémité. Nous avons (iiicl(|U(' espérance, si M. Du Quesne peut revenir Itientot, (le nous mettre en état de rétablir les choses. Au moins, j'y tt'i'ai tout ce qui pouira dépendre de moi. Il eût été à souhaiter dans ce rencontre que les postes de Forza, de San Alessio, de Savoca et de Scaletta eussent été fortifiés de la bonne manière, mais cela n'ayant été fait qu'avec de la terre et du mortier, que les |)luies emportent, il a fallu les soutenir par le monde et é[)ar()iller toutes nos forces, ce qui les rend foibles partout.
Vous désirez. Monsieur, savoir de moi si le roi ne pourroit point tirer des troupes d'ici |)our envoyer en Catalogne ou ailleurs, estimant (|ue nous en avons
1. Montaulian à Louvois : « M. de Bournonville s'est avancé h Francavilla, à trois lieues de Mola, avec tout ce qu'il a pu assembler de troupes et de paysans. Il dit qu'il veut attaquer tous nos autres postes et nous obliger à quitter Taormina, qui est assez inrommodée de Mola. On prend toutes les précautions possibles jioiir le maintenir. C'est un fort méclianl lieu, mais si nous le quittions en présence des ennemis, cela feroit un très méchant eU'et parce que nous aurions de la peine à soutenir les derrières par le méchant état où sont tous les postes. Je ne sais pas, Monseigneur, s'il en a coûté beaucoup en fortilications, mais je puis bien vous assurer que tout ce qu'on a fait et tout ce que j'ai vu est insultable. On y remédie le mieux <(ue l'on peut » (A.rch. de la Guerre, vol. (JIO, n" 52 bis).
Bournonville alla visiter Mola.
plus qu'il n'en faut pour être sur la défensive. Mais, Monsieur, vous voulez bien c|ue je vous die deux choses avec tout respect, l'une que les deux grandes réformes qui nous ont été ordonnées, les désertions, les maladies et les accidents de la guerre, ont réduit les troupes à un nombre si médiocre qu'il n'en reste seulement que pour la garde des postes*, et l'autre que Sa Majesté ne doit plus compter sur la conservation de ce pays, sur son obéissance dès qu'Elle y aura fait connoître qu'Elle n'y veut être que sur la simple défensive.
Je ne sais quelle fatalité il y a sur moi que je n'aie jamais pu trouver créance sur tout ce que j'ai représenté touchant la Sicile. D'autres gens [qui] ne s'étoient
1. C'était exact, mais ce qui restait était excellent. La Villedieu à Louvois (30 juin 1677) : « Ce qui nous reste de notre vieille infanterie, c'est-à-dire de celle que nous amenâmes il y a deux ans et de celle qui vint l'année derrière, est très bon. Nous en avons beaucoup perdu, comme vous le savez, Monseigneur, par maladie et par désertion. Ce qui est demeuré après avoir pâti s'est tourné en bonne infanterie » (Arch. de la Guerre, vol. 610, n» 29).
Néanmoins, d'Oppède estimait comme Vivonne que, sans d'importants renforts, on ne pourrait faire de grands progrès en Sicile au cours de la campagne suivante [Ibid., n°' 47 et 54).
Au total, Louis XIV avait envoyé en Sicile 15 950 hommes, savoir : 250 en janvier 1675; 3 000 en février; 3 600 en mai; 1100 en mai 1670; 3 500 en août et 4 500 en avril 1677. Lorsque La Feuillade rentra en France, le 7 avril 1677, les commissaires délégués par Louvois pour faire la revue des troupes, à mesure (ju'elles débarquaient, constatèrent la présence de 6 581 hommes seulement, sans compter les ofBciers. 11 en manquait donc près de 10 000, morts ou disparus (cf. G. Rousset, op. cit., t. II, p. 474 et n.).
[1678] nu MARÉCHAL DE VIVONNE. 343
pas chargés du gros des atlaires, cherchant à se rendre agréables aux dépens du service du roi, ont fait sans doute les choses plus aisées qu'elles ne sont. Je sais que c'est le secret pour ruiner à coup sûr les affaires, mais je serois au désespoir f|ue ma peur eût lieu, qui est (|ue les lettres de ces gens là coûteront cher à Sa Majesté.
Je vous prie d'ajouter, Monsieur, une fois créance à ce que vous écrit un des plus zélés sujets du roi et soyez, s'il vous plaît, persuadé que (jui n'avancera pas en ce pays v reculera notablement et d'une manière qui ne peut donner que déplaisir à Sa Majesté. J'ai toujours parlé dans ce sens là dans toutes mes lettres et croyez, je vous prie, que, comme le bonheur de mes commencements ne m'en ont point fait imaginer les suites faciles comme à d'autres, une situation contraire ne me fait point grossir les objets au delà de leur juste grandeur.
Si j'ai fait des progrès l'année passée, c'est parce que je n'avois qu'un seul lieu à garder, mais depuis (|ue j'ai eu le bonheur de m'étendre, ce qui étoit une armée n'a plus été (jue des garnisons.
Si vous me voulez faire un peu de justice (comme je ne puis pas croire que vous ne me la tassiez) vous m'avouerez que tous ceux qui ont l'honneur de commander les armées du roi, présentement hors de la Sicile, ont un corps de troupes qui est distinct et séparé des garnisons des places. Il n'y a qu'à moi qu'on compte les garnisons fixes pour troupes de campagne. Tout le monde voit (jue si je veux faire un mouvement il faut que je tire toute la garnison de Messine et que je désarme les galères du roi pour
laisser une {(arde dans cette ^M'ande ville. Après cela, Sa Majesté non seulement ne j3eul pas sonj^er à nous rien ôter, mais, si Elle n'envoie de (juoi faire quelque chose dans le temps et dans la saison, ma fidélité m'oblige de l'avertir que toutes les apparences sont que ses affaires ne se soutiendront pas longtemps en ce pays*.
Il n'y a point de doute, Monsieur, que se seroit un grand repos d'esprit pour le monde et un établissement solide pour le service du roi que M. Henry voulût se charger de fournir Messine de grains. Et puisque Sa Majesté approuve cette pensée, il lui est aisé d'en
1. Le 31 décembre, d'Oppède envoya à Louvois un « Mémoire sur la continuation de la guerre de Sicile et sur le fruit que Sa Majesté en peut attendre ». 11 exposait que la faiblesse de l'armée française et la nature du pays, « extrêmement rude et sec », étaient les principaux obstacles à la conquête de la Sicile. Il concluait en disant que, si le roi voulait s'emparer du reste de la Sicile, il fallait des renforts d'infanterie considérables, alors que la cavalerie, difficile à nourrir, lui paraissait suffisante, contrairement à ce que pensait Vivonne. Mais, « si Sa Majesté veut prendre le parti de n'être en Sicile que sur la défensive et de conserver seulement ce qu'elle y occupe, nous avons plus de troupes qu'il nous est nécessaire ». Cependant, un départ de troupes désespérerait les Messinois, qui « ont déjà de grands soupçons qu'on ne les garde que pour faire un traité de paix avantageux. Us en seroient persuadés s'ils voyoient que Sa Majesté retirât une partie de ses troupes et ils savent fort bien comment se débarrasser de ceux qui les incommodent. Les habitants de Mola leur en ont donné un nouvel exemple. Si l'on veut retenir ces peuples, il leur faut faire attendre des secours et leur promettre des conquêtes » (Arch. de la Guerre, vol. 610, n° 54).
C'est précisément ce que fit Louis XIV par le moyen de La Feuillade.
[1G78J DU MARÉCHAL OE VIVONNE. 3i5
cominaïuJcr l'eX('cution. Le |)lus tôt sur cela ne seroit (|iie le nieillcur, pourvu (|u'<>ii lui ordonne rigoureusement <le ne pas tlonner occasion au Sénat de se plaindre sur la iVuslration des gabelles.
OLXIV.
Le duc DR ViVOXNK A Ldivuis.
Messine, 14 janvier 1G78.
Silualion critique des Français à Messine. (Aixh. de la Guerre, vol. 010, n" 70.)
Monsieur,
Ce qui est arrivé à nos fortifications de Taormina et de Forza depuis vous avoir écrit la lettre ci jointe, tous les travaux de l'un et de l'autre lieu étant tombés la nuit précédente par les pluies qui ont été fort grandes, m'oblige. Monsieur, de vous en avertir, afin ([ue, sachant ce qui se passe en ce pays, vous jouissiez informer Sa Majesté (jue si nous sommes obligés d'abandonner toutes les terres qui sont au delà de Scaletta (ce que nous ne ferons qu'à la dernière extrémité) la faute n'en soit imputée (]u'à un accident de cette nature.
Malgré tontes ces disgrâces, M. Rippert n'a pas perdu courage et il continue à liiire si bien son ilevoir depuis la perte de Mola (|u'il mérite une louange particulière de fermeté. Sa vigilance et son a[)plication nuit et jour sont sans exemple, et on doit à ses soins la conservalion de ce poste si important dans la conjoncture présente que les temps ont été si fâcheux et
3'ifi CORRESPONDANCE [1678]
si contraires que nous n'avons pu emmener du canon au château de Taormina^ ce qui seroit cependant le salut assuré de cette place dans la situation présente. Il est chargé dans des barques depuis plusieurs jours avec beaucoup de fascines, mais on n'a pu les faire sortir du port.
Je dois aussi vous avertir, Monsieur, que la cavalerie dépérit à vue d'œil. Nous n'avons pu nous dispenser de la faire camper à Fiumedinisi, pour empêcher la révolte de Savoca et des autres terres entre Taormina et Scaletta, et la même raison nous oblige à la tenir là jusqu'à ce que le canon soit porté à Taormina. On donne une si petite mesure aux chevaux par jour qu'ils n'ont en quatre ou cinq jours que ce que la cavalerie du roi a par jour partout ailleurs. Encore sont ils plusieurs jours sans rien avoir. L'herbe dans cette saison est en petite quantité et ne fait aucune utilité aux chevaux ; de manière qu'il faut qu'ils dépérissent extrêmement si les affaires demeurent en l'état qu'elles sont.
Du 14\
Depuis avoir écrit ce qui est ci dessus, nous avons eu nouvelles que les ennemis se sont retirés dans leurs quartiers. Si cela est et que M. Du Quesne revienne bientôt, comme il y a apparence qu'il ne doit pas tarder, nous ne sommes pas sans espérance de rétablir les affaires comme elles étoient. Déjà les terres qui
l. Dans sa lettre du 31 décembre, d'Oppède inenlionnait déjà cette résolution de monter au château de Taormina quatre pièces de 24 pour les opposer à l'artillerie de Mola et les mesures prises dans ce but. Vivonne devait ensuite entreprendre le siège de Mola.
s'étoient échappées se sont remises dans leur devoir*. Je suis avec plus de passion que personne du monde, Monsieur, votre tn-s humble cl très obéissant serviteui-.
VlVONNE*.
Ce 14° janvier 1678 à Messine.
1. Quand les canons lurent hissés au châleau de Taormina, le bombardement du château de Mola fut entrepris par Montauban de la Tour, qui écrivait le 30 janvier à Louvois : « Toute la face du château de Mola est détruite, et, sur l'assurance que m'a donnée le sieur Duchesne, qui y comraandoit, qu'en l'état où j'ai rais ce château il est inhabitable et comblé de démolitions à n'y pouvoir contenir personne, je vas m'attacher aux maisons qui restent sur pied » (Arch. de la Guerre, vol. 610,
On sait que le siège de Mola fut interrompu sur l'ordre de La Fcuillade, qui rassembla ses troupes et les embarqua pour Augusta.
2. Les dernières lignes de cette lettre montrent que Vivonne, découragé, conservait cependant l'espoir de rétablir les afi'aires du roi en Sicile, alors fort compromises, et continuait la lutte contre les Espagnols et leurs partisans. 11 était loin de s'attendre à son rappel en France, qui allait le toucher peu de jours après. Cette lettre du 14 janvier est la dernière qu'il adressa à la cour. C'est aussi la dernière de la correspondance du maréchal comme vice-roi à Messine.
Vivonne s'embarqua le 11 février et arriva le 27 à Toulon. Arnoul à Colbcrt (1" mars 1678) : « -M. le maréchal de Vivonne est arrivé depuis avant hier sur le vaisseau du roi le Fortuné, commandé par .M. de Cogolin » (Arch. nat., Marine, B'29, fol. 207).