‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 163 sur 171 · DLXII · texte numérisé non relu

DLXII

Lk \)VC de Vivon.nk a Loiis XIV.

.Messine, 9 janvier 1(!78.

Vivonnc rend eomplc de la manière dont il a cxéciilé les ordies du roi expédiés en octobre et novembre et reçus le 24 décembre.

« [;a liberté est établie à Messine. Chacun vend comme il veut cl je n'oublie rien de tout ce qui dépend de moi pour faire réussir la volonté de Votre Majesté sur ce sujet.. .

« Les Flessinf,M>is dont Votre Majesté a aj^réablc de me parler n'ont fait que passer dans les mers de Sicile et n'y ont point du tout séjourné. Ils se tiennent dans celles de Levant et il y a déjà longtemps (jue j'ai envoyé le Prudent et le Téméraire contre eux pour l'effet porté par la lettre de Votre Majesté. »

Vivonne se défend contre les allacpies de ses ennemis : « Votre Majesté peut voir après cela de (piel esprit sont portés ceux qui lui ont écrit le contraire et si je mérite qu'on m'écrive qu'il y a de la honte dans mon procétlé en ce rencontre. Je ne puis me servir que des vaisseaux que Votre Majesté me donne, et quand je les ai mis dehors une fois pour faire le cours, je ne puis pas répondre de ce qu'ils font ou de ce tpi'ils ne font pas. En vérité, on me fait tort! Je sais ipie je dois tout sacrifier à Votre Majesté et je sais de plus que je lai fait, et Elle me permettra de lui dire, avec le dernier respect pourtant, que ceux qui n'en usent pas si bien que moi ne devroient point ^tre reçus h accabler les autres |)nr de fausses écritures.

336 rORRKSrONDANCE [1678]

« II me pareil que j'ai eulièremenl rempli tout ce qui étoil (le mon devoir en exéculanl ponctuellement et avec (liliifcnce tout ce qui en a été prescrit par ses ordres. Quand le mauvais succès de Mola est arrivé', il y a plusieurs personnes ici |)armi les François et parmi les Messinois qui auroient bien souhaité tous les dix vaisseaux dans le port et qu'ils n'en eussent même pas sorti.

« Les affaires de ce pays sont extrômcnionl délicates, Sire, et peu de choses y apporte des grands changements, de sorte qu'il ne faut pas une médiocre prudence pour se savoir gouverner parmi tant de difficultés qui se rencontrent tout h la fois dans celte affaire. C'est pour cela que je La conjure très humblement, et par la bonté dont Elle m'a toujours honoré et par la justice qu'KUe doit a ceux qui ont l'honneur de La servir, de ne pas regarder mes actions par les yeux de mes ennemis et de mes envieux, que des intérêts particuliers font parler contre la vérité et contre son service. Car sans cela qui est l'homme si juste en qui on ne trouve pas des défauts ou dont les actions ne se puissent blâmer quand on le voudra faire h quelque prix que ce soil? Il me paroît qu'il y a de l'acharnement contre moi depuis quelque temps, mais il est injuste et sans fondement, et Sa Majesté si clairvoyante peut comprendre combien il est douloureux à un honnête homme de voir ses meilleures actions et son zèle tournés en si mauvaise part auprès d'Elle. J'avoue que je suis malheureux, mais cela ne diminuera jamais rien de la passion avec laquelle je dois la servir'-. » — (Arch. nat.. Marine, B^ 8, fol. 5.)

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