‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 26 sur 171 · CCCXXIII · texte numérisé non relu

CCCXXIII

Le cheyalier de Lhérv au duc de Vivonne.

Messine, 25 octobre 1676.

Les ennemis ont abandonné Gesso et abattu les forlificalions. Nouvelles de Scaletta. — (Ms. de Polignac, année 16'G, n" 104.) ■

Il vient d'arrivei^ ici, Monseigneur, un paysan de Gcsso appoilei^ la nouvelle que les Espagnols l'ont abandonné cette nuit, ont abattu ce qu'ils avoient fortitié du côté de Milazzo et ont descendu leur canon sur le bord de la mer pour l'enibarquer dans des galiotes. Je viens d'en avertir M. de La Brossardière pour voir s'il jugeroit à propos d'y envoyer deux galères sur lesciuelles j'aurois mis cent soldats pour prendre leur canon; mais n'étant pas certain que Milaz/o lût sans galères, il ne l'a pas voulu faire.

1. Le 29 octobre, Crisaffi manda qu'il écrivait au sénateur Lagana de mettre 400 hommes au poste de la Medda (fbid., a" 12,5).

[16701 niî MARKOIIAI. nE VIVONNK. 3

Je viens d'envoyer à Gesso pour en être mieux int'oriné et savoir si la tour San Rizzo* est sans ennemis, au()uel cas j'y envoicrai vinf;t liommes avec un lieutenant, et aussitôt je vous envoierai un autre exprès pour vous donner des nouvelles sûres de toutes choses.

Il vient de venir quatre rendus de Scaletta qui disent qu'on a connneiicé hier a diminuer de trois onces leur ration de pain, ([u'il y a six cents hommes dedans, du nombre desquels il y en est entré trois cents depuis dix jours qui sont venus de Reggio dans des felouques. J'espère, demain au matin, abandonner mon gouvernement de Messine- pour aller camper à San Stetiuio, le vent étant l'ort bon pour l'aire venir M. le chevalier Duc' avec le reste de notre cavalerie, qui sans doute aura bien dépéri à la mer. Je suis. Monseigneur, avec tout le respect possible...

CGCXXIV.

\A'. OHKV.VLIEU bE LhkHV VL UVC \)K ViVONNE.

Messine, 25 octolx'c 1G7G.

Nouvelles de Gesso abandonné par les ennemis el de la lotir San Ri/./.o occupée par les Français. Plusieurs villages des

1. Celle tour s'élevait dans la montagne, à l'ouest de Messine, sur le col du même nom, au point culminant (544 mètres) de la route entre Messine et Mila/./.o. Elle est aujourd'hui fort délabrée.

2. Le chevalier île Lhéry commaiulail à Messine pendant l'absence de Vivonne, alors à iVugusta.

3. Emmanuel-Auguste des comtes do (Àicconato, chevalier, puis comle Oui', meslre dr camp de cavalerie en 1074, inspec-

environs de Gesso se sont soumis. — (Ms. de Polignac, année 1676, n» 105.)

Le détachement que j'ai envoyé à Gesso est revenu à ce soir. Les ennemis en sont dehors et ont ruiné le fortin qu'ils avoient fait. Les paysans sont tous désarmés et demandent du secours. Vous donnerez, s'il vous plaît, vos ordres. Ils ont laissé la tour San Rizzo en très bon état. Les Messinois s'en sont saisis aussitôt et ont pillé le pain et les poudres qui étoient prêtes à brûler et s'en sont retirés. J'y ai mis un détachement de vingt François avec un lieutenant. La tour est extrêmement bonne. Castanea, Salicè et plusieurs autres villages* sont venus vous offrir leurs hommages. Je les ai assurés de votre protection. Toute notre cavalerie va débarquer et demain nous croyons camper à San Stefano. Les dragons sont arrivés aussi avec Ibrce malades. Voilà, Monseigneur, ce qui s'est passé pendant le temps de mon gouvernement. Je recevrai vos ordres à San Stefano et suis à vous avec tout le respect et l'attachement possible...

L'intendant d'Oppède au duc de Vivonne.

Messine, 25 octobre 1676.

D'Oppède a embarqué l'infanterie destinée au siège de Scalelta sur sept vaisseaux, mais avec peine. Les galères

tour de la cavalerie et des dragons en 1680, maréchal de camp en 1688, mort en 1713.

1. Tous situés au nord de Messine, sur le versant septentrional de Sicile.

[i676] DU MARÉCHAL DE VIVONNE. 5

sont prêtes et partiront dès l'arrivée du détachement'. « Mais si j'ose, Monseifjncur, vous dire mes sentiments, vous relirere/. beaucou[) plus de service du détachemenl que des compagnies que vous demandez. Celles du régiment de Champa{,me ne sauroient vous fournir que quarante hommes au plus et très méchants. Celles de Normandie n'en donneront pas davantage et celles de Provence ne sauroient faire cent hommes. Ainsi, voyez quel secours! » Les ennemis ont abandonné Gesso en rasant les fortifications, ainsi ([ue la tour San Rizzo. Cette tour est gardée, mais on attend des ordres pour envoyer des troupes à Gesso. Plusieurs villages ont fait leur soumission.

« Castanca, Massa et plusieurs autres villages sont venus h l'obéissance. Le comte de Prades n'est pas si désagréable aux Messinois qu'on vous a dit, Monseigneur. Il paroît si honnête homme que ce sera une grande cruauté de le mettre dans un château. J'ai diÉFéré de l'y faire conduire iusques à ce que j'en aie un nouvel ordre de vous. Monseigneur. Je l'exécuterai dès que je l'aurai reçu.

« Au reste, les Messinois sont dans les joies de leur cœur. Ils paroissent être en paradis. J'ai vu les jurats; je ne les ai entretenus que de vos conquêtes et eux ne m'ont parlé que des félicités qu'ils alloienl ressentir. Vous avez plus fait pour eux que si vous eussiez pris tout le reste de la Sicile, et je vous assure qu'ils le reconnoissenl bien. »

D'Oppède fera embarquer toute l'artillerie le lendemain. — (Ms. de Polignac, année 1676, n" 106.)

1. Vallavoire, depuis Messine, avait déjà fait une tentative sur Scaletta le 8 octobre. Il eut grand'peine à débarquer une partie de son monde; Vivonne n'apparut pas du côté de Taormina, et Vallavoire, craignant d'être trop faible pour atteindre son but, regagna Messine. Cf. sa lettre à Louvois, 17 octobre 167G (Arch. de la Guerre, vol. 511, fol. 43 bis).

6 corufcspondance [ifi761

ROCQUAIU), MVJOli 1)K MkSSINE, AU DUC 1)K ViVOXNE.

Messine, 25 octobre 1676.

Étal des divers régiments débarqués en Sicile. Nouvelles de la prise de Gesse, abandonné par les ennemis, et de Messine. — (Ms. de Polignac, année 1676, n° 107.)

Monseigneur,

Ayant vu l'ordre que vous avez envoyé à M. de La Greffe pour faire embarquer onze compagnies de la garnison de Messine et (jue vous nommeriez celles que l'on devoit prendre, j'ai cru, Monseigneur, être obligé de vous dire en quel état les compagnies que vous demandez sont.

Pour les quatre de Champagne, je ne crois pas. Monseigneur, qu'elles vous puissent donner quarante hommes pour servir. Pour celles de Normandie, il y en a deux à la tour des Capucins, qui ne sont pas si bonnes assurément que celles qui sont à la porte Reale du même régiment. Dans votre ordre, vous marquez que Tourlaville* reste, qui est la meilleure assurément. Pour les quatre du régiment de Provence, vous pouvez compter, Monseigneur, sur cent trente hommes, et que toutes ces compagnies sont dispersées dans des forts où il les faudra faire relever lorsque le détachement sera de i-etour. Cela tirera un peu en longueur.

Si vous voulez. Monseigneur, tirer des bonnes troupes d'ici, il ne faut pas prendre les compagnies

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