CCCXXXVI
Le marquis de Preuilly au duc de Vivonne.
[Devant Scalctta,] 28 octobre 167G.
Nouvelles de ce qui a été exécuté aux avant-postes, d'une sortie des ennemis, de l'arrivée de pièces d'artillerie et d'une discussion entre les commandants. — (Ms. de Polignac, année 1616, n» 118.)
La pluie m'a empêché d'ouvrir cette nuit une tranchée pour, la nuit qui vient, faire une batterie sur les bords de la ravine. Il a fallu nous contenter de mettre deux bataillons derrière la batterie qu'avoient fait les Messinois, que nous faisons raccommoder, ne pouvant faire mieux cette nuit, et j'espère que demain à une
1. La veille, Preuilly avait déjà écrit à Vivonne pour le renseigner sur les avantages et les incommodités du lieu où il campait. « 11 est absolument nécessaire d'avoir un bataillon en ce bas dans la ravine d'où nous pouvons tirer notre eau, et qui est à une demi lieue du lieu où nous devons camper, ne pouvant pas avoir une garde si loin, n'ayant pas plus de mille hommes. Je souhaiterois bien. Monseigneur, que vous fussiez venu ici pour voir tout cela » (Ms. de Polignac, année 1676, n" 114).
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heure après midi il y aura deux pièces de canon en batterie. Nous avons été cet après midi reconnoître l'endroit où nous voulons faire notre batterie, mais les ennemis nous croyant en petit nombre ont fait une sortie sui" nous et ont passé la ravine; après quoi nous les avons fait retirer. Nous y avons eu quelques soldats blessés. Je suis bien tïiché que vous nous ayez envoyé du canon de trente six; j'ai peine à croire que nous les puissions monter en haut; nous y ferons [tourtant notre possible.
Nous sommes extraordinairement fatigués, n'étant que (|uatre bataillons tort foulés. Il faut que nous en ayons toutes les nuits deux de garde.
Il est arrivé une petite dispute, sur quoi je vous supplie, Monsieur, d'ordonner; c'est qu'ayant commandé le premier et le troisième bataillon, celui qui commande le troisième prétend que c'est aux deux premiers à marcher ensemble et à lui à commander la seconde garde. Je lui ai pourtant ordonné de marcher avec le premier bataillon en attendant que vous en déciderez. Je vous supplie d'être persuadé que nous n'oublierons rien pour avancer notre travail et que personne du monde n'est plus que moi...