‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 36 sur 171 · CCCXXXVII · texte numérisé non relu

CCCXXXVII

La Vn.i.EniEii au duc de Vivonxe.

[ l'aorraina,] 28 octobre 1676.

Iiiroi-iiiations précises sur l'cnnerai. — (Ms. de Polignac, année 1070, n" 119.)

Je n'ai reru aucune de vos nouvelles. Monseigneur, n ' 2

depuis la prise du fort de Santo Alessio^ Quoique je sois dans mon lit*, je n'en ai pas plus de repos. Je vous ai déjà mandé le monde cjue vous aviez laissé ici. Il n'y a pas ce (ju'il faudroit pour monter une garde régulière chaque jour, car ce n'est pas la ville qu'il faut défendre, et les avenues en sont en nombre et éloignées^.

La cavalerie des ennemis est toujours campée à deux lieues d'ici dans un village qu'on nomme Catalabiano, où il y a un château dans lequel ils ont garnison. Un de leurs cavaliers rendus ce matin m'a dit

1. Entre Taormina et Scaletta. La prise de Santo Alessio avait eu lieu le 23 octobre.

2. La Villedieu avait été blessé à la porte même de Taormina, en conduisant l'attaque.

3. Aussitôt conquise, Taormina (ut mise en état de défense. Vallavoire y arriva do Messine, le 17 octobre, à trois heures de l'après-midi, visita la place, fit doubler les postes sur les hauteurs, car les ennemis s'avançaient au nombre de 700 hommes, pour renforcer Mola sur l'ordre de Castel-Rodrigo. Quand ils s'approchèrent, ^allavoirc fit charger l'épée à la main. Le commandant, prince Andréa Cicinelli, mestre de camp, qui venait de Catane, eut le bras cassé d'un coup de mousquet et fut fait prisonnier. On prit douze autres ofGciers et cinquante soldats. Le reste fut poursuivi ou tué. Les pertes françaises furent minimes.

Après ce succès, Vallavoire somma le gouverneur de Mola de se rendre. Vivonne, arrivé le 20 octobre à Taormina, fit signer le lendemain la capitulation [Gazelle de 1671), p. 849).

« Le lieu [Mola] est presqu'inaccessible et l'on dit que sans lui ce n'est rien que d'avoir Taormina » (Lecorate à Louvois, 28 octobre 1676; Arch. de la Guerre, vol. 511, n"' 44 et 45). Cf. P. Cardona, op. cit., p. 80-81.

Peu de jours auparavant, Vallavoire avait tenté de surprendre Scaletta, mais avait échoué devant une énergique défense.

[ir,7r,] nu maréchal de vivonne. 19

qu'ils pouvoient être sept à huit cents chevaux. Mais je sais d'ailleurs (|u'ils ne sont pas plus de cinq à six cents. Ils ont (|uel(iue peu d'inlanterie ii Aci. Si notre cavalerie étoit toute ensemble, il y auroit un beau coup à faire, car marchant ici promptenient et secrètement nous pourrions une nuit ou le matin au point du jour leur tomber sur les bras, et sans doute nous les battrions. 11 faut bien tôt ou tard marcher à eux pour les faire décamper d'où ils sont.

Ils tirent marchei- hier une compa^çuie de cavalerie par Francavilla et deux compa<i;nies d'infanterie espagnole. C'est apparemment pour tâcher de jeter cette infanterie dans Scaletta^.

Il passa hier ici devant une galiote ennemie. J'ai appris ce matin qu'elle étoit chargée de farine pour jeter dans Scaletta. Je sais qu'à deux ou trois lieues d'ici on charge encore cinq ou six felouques de même chose et à même intention.

Je vous avois ci devant, Monseigneur, prié dans une de mes lettres de renvoyer le major de Schom- Iterg à son régiment. Sa mutinerie est d'un trop grand exemple. Il nous manque ici les deux tiers de nos oiliciers qui sont demeurés malades ou blessés. Je suis, Monseigneur, avec tout le respect possible...

1. Le vice-roi, marquis de Castel-Rodrigo, tout en renforçant la garni.son de Scaletta, s'efforçait de fortifier Catane, très iiienairo depuis la prise de Taorraina parles P^-ançais. De nombreux individus qui habitaient la ville, notamment des moines, cHaienl en relation avec les Français. Le vice-roi Ot rechercher et punir ces traîtres (P. Cardona, op. cit., p. 80).

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