‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 38 sur 171 · CCCXXXIX · texte numérisé non relu

CCCXXXIX

L|-, MMtUllS l)K l'ilKl ll.LY AU DUC DK VlVONNE. [Devant Scaletta,] 29 octobre 1676.

Preuillv a deux pièces en batterie dans un retranchement'; il aihève la construclion d'un second retranchement cl demande dos ni\initions (lUC Boirvaux est allé chercher.

« Vous souffrirez, que je vous dise qu'il fait le plus beau temps du monde et ([u'il n'y a pas un moment h perdre pour canonner le fort de la Marine. C'est par où vous pouvez le plus incommoder les ennemis et cela nous fera travailler bien plus à notre aise. .l'attends avec impatience les huit compagnies de Messine, car nous n'avons pas de quoi nous relever. Notre bonne volonté ne manquera pas. C'est de quoi je vous puis répondre-. » — (Ms. de Polignac, année 1616, n" 121.)

Le marquis de Preuilly au duc de Vivoxne.

[Devant Scalclla,] 29 octobre 1676.

Preuilly demande du renfort. La cavalerie n'est pas arrivée. 11 essaiera de hisser sur la montagne une pièce de canon. — (Ms. de Polignac, année 1G16, n° 123.)

Nous avons une pièce bientôt en état de tirer, mais

1. Une pièce de 12 et une de 18 sur les montagnes dei Culiiri. L'établissement de celte batterie est considéré comme un trait de Vnrditrzza francc!>c (Cardona, op. cit., p. 81) et fut d'une importance capitale pour l'heureuse issue du siège.

2. La garnison de Scaletta comptait environ 1 000 hommes sous les ordres du majorquin don Mcolô Santa Cecilia.

je vous supplie, Monseigneur, de considérer le peu de inonde que nous avons et qu'il faut que deux bataillons relèvent les deux autres et (]u'il faut de nécessité que nous abandonnions tout ce que nous avons en bas*. Le détachement de cavalerie n'est pas venu. Je vous supplie de donner ordre à cela.

M. de Boirvaux dit qu'il est impossible de monter des pièces de 36. J'en ferai essayer une. Je ne sais si cela réussira. Tout ce que je vous puis promettre, c'est que nous ferons tout ce c|ui peut être possible. Faitesnous, je vous supplie, envoyer des bœufs et des moutons, car on dit (|ue tout en est plein à votre camp. Je suis. Monseigneur,...

Je vous supplie de nous envoyer au plus tôt M. de Boirvaux.

La Brossardière au duc de Vivo?fNE.

[Messine,] 29 octobre 1676.

Les galères hâtent leurs préparatifs de départ pour la Provence; elles seront prêtes le 30 au soir. — (Ms. do Polignac, année 1616, n" 124.)

Monseigneur,

M. l'intendant m'ayant dit de votre part que vous

me faisiez riionneur de me donner mon congé pour

remmener les galères en France et t|ue je fisse toute

la diligence possible pour partir au plus tôt, je le

1. Le niarijuis de Preuilly d'Humières campait avec l'infanterie des vaisseaux à Giairipilieri, au nord de Scaletta, en un lieu qui dominait la mer.

[Ifi761 nu MARÉCHAL DE VIVONNE. 23

lais faire tout autant que je puis, et j'espère que demain au soir toutes les galères (jui restent ici de celles (|ui doivent venir avec moi le seront. J'ai bien besoin, Monsei-neur, de me presser afin de me pouvoir servir du reste de cette lune pour me pouvoir conduire a Civitavecchia ou du moins à Ponza. J'attendrai, Monsei-iieur, vos ordres. Je vous prie de nous envoyer nos équipa-es pour le retour de ces Messieurs, afin (jue je puisse profiter du beau temps, attendu que ceux que nous avons sur les galères sont presque tous malades et enfin en un très pitoyable état. Je suis d'un très profond respect...

GlACOMO AVARNA AU DUC DE ViVOXNE.

Au ramp de Ciermario, 29 octobre 1676.

Avarna rend compte d'une tournée d'inspection et déclare « que le capitaine Racili est le plus grand poltron et le plus grand larron du monde, puis(iu'il n'avoil pas donné un sol d'argent à ses soldats depuis huit jours et a fait vendre leur pain à Pezzolo. » Il demande que le commandement des Pezzolotes soit donné à Gregorid Calabro, « qui est un honnête homme ». — (Ms. de Polignac , année 1616, n" 126.)

CCCXLIII.

Le duc de Vivox>'E au capitaine de La Bariie.

Au camp devant Scaletla, 30 octobre 1676. Ordre d'escorter des vaisseaux qui vont charger du l)lé

2i rORRKSPONDANCE [Ifi76]

dans le Levant'. « Il est ordonné au sieur de la Barre, rapilainc commandant le vaisseau du roi l'Aimable, de mettre le dit vaisseau en état de partir incessamment de Messine pour aller en Levant escorter les navires de Sa Majesté que nous avons accordés aux négociants de la dite ville de Messine pour aller charger des blés pour sa subsistance... » — (Ms. de Polignac, année IGIG, n° 127.)

Le duc de Vivo>rr«E a La Brossaiidière.

Au camp devant Scaletta, 30 octobre 1676.

Ordre d'amener toutes les galères pour canonner Scaletta. (Ms. de Polignac. année 1616, n° 128.)

Il est oixlonnc' à IM. de La Brossaixlière, chel' d'escadi'e des galères du roi, de venir demain avec toutes les galères, si le temps le lui permet, pour canonner Scaletta et, si le temps n'est pas beau, il ne viendra qu'après demain, et en ce cas la journée de demain sera employée à charger les vivres des six galères qui sont venues ici aujourd'hui. Fait au camp devant Scaletta, le 30 octobre 1676.

1. La Gazette annonçait, d'après des nouvelles reçues de Naples et de Venise, les efforts tentés avec succès pour ravitailler Messine. Zante était un des principaux points de ravitaillement. On disait à Maples qu'à la suite de la campagne sur la côte orientale de la Sicile les Français avaient fait un butin considérable et rassemblé de nombreuses provisions dans le territoire de Syracuse. Douze tartanes chargées de vivres furent dirigées sur Messine [Gazette, Naples, 8 novembre 1676).

llfiTfil

nu MAUKniAL ItK VIVONNE. ^5

UOCUIAUI), MA.l<)lt 1)K MkSSINK, Al DIT. DE ViVOXNE. Messine, -'^O octobre 1676.

Les quatre compagnies du régimenl de Champagne sont parties pour rejoindre Prcuilly; celles du régiment de Normandie vont rejoindre Vivonne. Les quatre compagnies ne comptent (pie soixante sei/.e soldats en tout.

« M. de Fiennes m'a mandé mon frère de Gesso, Monseigneur, avec une lettre pour me tlire comme M. d'.Vudijos''étoit parti hier au soir du dit lieu avec cent dragons et cin(juante soldats du régiment pour aller i. Bauso ' le piller. H voulut V coucher après le pillage fait. A ce matin, sur les huit à neuf heures du matin, il y a été attaqué et a été obligé de se jeter dans le château de Bauso. Il me mande qu'il ne sait pas quelles gens l'ont attaqué.

« Tout présentement, Monseigneur, il vient d'arriver de Gesso le garde-magasin qui m'a assuré que M. d'Audijos étoit de retour à Gesso par le moyen d'un détachement que M. de Fiennes a fait, qui l'a tiré d'aflFaire'^. Je vous assure, Monseigneur, iiue j'élois dans de grandes inquiétudes

pour lui.

« A Messine tout est tranquille. La place est mal gardée, mais il n'y a pas de danger. » — (Ms. de Polignac, année 1676, n" 129.)

Page 1