‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 60 sur 171 · Jac/ii dans le texte · texte numérisé non relu

Jac/ii dans le texte

2. Le vice-roi, marquis de Caslel- Rodrigo, qui n'avait éprouvé que des déboires à Catane, s'était retiré à Palerme pour y préparer à loisir une nouvelle campagne. Il laissa à Catane le général de cavalerie don Diego Brancaraonte comme gouverneur, qui fil des efforts renouvelés mais vains pour reprendre Taormina et Francavilla.

Le mécontentement s'accentuait en Sicile contre les Espagnols et les succès des Français encourageaient les rébellions. Les habitants de Palerme avaient pris les armes, et des bruits alarmants pour la situation des Espagnols en Sicile couraient à Naples [Gazriic, 161G, de Naples, 22 et 29 novembre).

70 CORUESPONDANCE |I676]

assemble'' leurs paysans, mais ce ne sont pas des preneurs de villes, |)uisqu'ils n'ont pas su forcer une niisérahle maison où il y avoit trente hommes. Je suis. Monseigneur, avec tout le respect possible...

CCCLXXXIX.

Du QUESNE .\U DUC UE VlVONNE.

7 novembre 1676.

Sur un envoi de canons et de munitions. Du Quesnc demande des instructions relatives aux officiers. — (Ms. de Polignac, année 1616, n° 186.)

Je reçois. Monseigneur, vos deux billets de renvoi des quatre canons de 24. Les dits canons avoient tout leur attirail, et des quatre que vous avez en terre M. de Preuilly avoit retenu toutes les choses que j'ai envoyées pour les servir; j'y vais pourtant travailler pour vous l'envoyer.

Des balles à deux têtes, j'en ai envoyé deux cents. M. de Preuilly n'en demande que cinquante. Enfin, Monseigneur, de tout ce que vous m'avez ordonné je n'en oublie rien. Il y a même quatre canons de 18 qui alloient partir, lesquels j'ai fait rester jusqu'à nouvel ordre.

Vous ne m'avez pas répondu sur le fait du chevalier de Feuquières et de Sicé, ce qui me surprend dans la manque d'officiers où nous sommes tant pour le commandement des felouques (|ue brigantins. Le chevalier de La Galisonnière étant malade, j'ai mis dessus le lieutenant Desgouttes. 11 y a un autre brûlot (jui est malade et vous ne laites pas venir ici Serpaut qui ne sert de rien à la croisière.

[if,7r.] on MAnKCHAi. dk, vivonne. 71

Jo m'éloiinc aussi comme M. l'intendant continue (le demander des lirùlols pour du l)lé vu qu'ils n'en sauroiciit porter (ju'un petit nombre et qu'il n'y a pas le tonds pour eeux (jue je lui inditiue, dont le Triton est attendant son fonds depuis dix jours. Ainsi, Monsei);n(>ur, je ci'ois ([ue vous ne voudrez pas que les dits hrùlots soient destinés à d'autre usage, vu le service «pie Ton en tire dans l'occasion ainsi que vous l'avez expérimenté et que la Cour compte là dessus.

Celle-ci va par la chaloupe du Sccidre qm porte vos provisions que je ne veux pas retarder en vous assurant que je suis, Monseigneur,...

Le comte d'Avarna au duc de Vivonne.

7 novembre 1676.

D'Avarna demande à Vivonne de faire garder le mont Scnderi par les habilanls d'Ali. D'Avarna fera garder la plaine de Margi par où les ennemis peuvent arriver facilement. On a vu de nombreux feux de joie la nuit et Milazzo a tiré des coups de canon. D'Avarna lente de connaître la cause de cette manifestation. Il faut envoyer h San Calogero et à Lumbardolio les compagnies de San Stefano. — (Ms. de Polignac, niince 1676, n" 187.)

Tho.mas Ci\isakfi au duc. de Vivonne.

Fiumedinisi, 8 novembre 1676.

Crisalfi écrit il Vivonne « qu'il n'a pas lieu de croire que les habitants de ce lieu [Fiumedinisi] soient fort affec-

lionnes à la France' », que ses soldais sont faibles ainsi que la garnison. « Il demande un peu de munition el de monde. » — (Ms. de Polignac. année 1676, n" 188.)

Articles de capitul.\tion accoudés pau le duc de vrvonne aux habitants dk scaletta.

Au camp de Scaletta, 8 novembre 1676.

(Ms. de Polignac, année 1616, n° 189.)

Articles de capitulation accordée par Monseigneur le duc de Vivonne, pair et maréchal de France, prince de Tonnay-Charente, gouverneur et lieutenant général pour le roi de ses provinces de Champagne et Brie, général des galères de France, lieutenant général pour le roi es mers et armées de Levant et son vice-roi en Sicile aux gouverneur, capitaines, officiers, soldats et habitants de la ville de Scaletta 2.

Premier article.

Que Monseigneur le maréchal duc de Vivonne accorde que de ce moment jusqu'à mardi dixième dix

1. Fiumedinisi avait envoyé à Vivonne des députés en même temps que Savoca et s'était rendu le 24 octobre. Une garnison y avait été aussitôt placée. Mais les habitants ne s'étaient rendus que sous l'influence de la crainte.

2. Le 8 novembre, Vivonne envoya un capitaine du régiment de Crussol nommé Brégv pour sommer le gouverneur de se rendre et lui présenter les conditions proposées par Vivonne à sa capitulation. Ce même capitaine fut chargé de se rendre à la Cour avec le major des galères de Roussy pour annoncer au roi la prise de Taorraina et celle de Scaletta.

[ir,761 nu MARÉCHAL DE VIVONNE. 73

houn-s du iiiatiii au plus tard il ne sera fait aucune attaque ni travail de part ni d'autre à la charge, que si dans le dit temps la place n'est secourue par un corps considérable qui ait l'orcé un (|uarlier et (jui y soit entré, que le gouverneur de Scaletta mettra la dite place entre les mains de Sa Majesté ;

Que demain lundi, neuvième du courant, trois heures après midi, le dit secours n'étant pas venu, le dit gouverneur remettra entre les mains de Sa Majesté le fortin de la marine avec les quatre ou cinq maisons (|ui sont aux environs;

Que supposé que le dit secours n'arrive pas dans le temps prescrit ci dessus, le dit gouverneur mettra entre les mains de Sa Majesté la dite place et forts de Scaletta avec ses dépendances;

Que la garnison sortira avec armes et bagages, tambour battant, balle en bouche, mèche allumée, enseigne déployée et deux pièces de canon de fonte de six livres de balle ou plus fortes, s'il ne s'en trouve point de ce calibre, et emportera pour quatre jours de\ivres, partie de lacjuelle garnison sera conduite à Catane par le chemin le plus court ou par mer à leur choix, avec escorte suffisante pour leur sûreté et que les troupes napolitaines seront conduites de même à Reggio; que pour cet effet il leur sera fourni barques, tartanes et autres bâtiments nécessaires pour le transport des choses ci dessus; (lu'à l'égard des habitants il sera libre ii ceux qui voudront de se retirer où bon leur semblera ou de demeurer. Ceux cjui sortiront ne pourront emporter ({ue les meubles et hardes servants à l'usage de leurs personnes et ne pourront emporter aucune provision, comme vin, blés, huile et autre pro-

vision (le bouche (|ue pour le dit temps de (jualre jours; que ceux qui voudront demeurer et prêter serment d'obéissance seront traités comme les autres sujets du roi en Sicile;

Que cette même et seule capitulation aura lieu tant |iour la terre et garnison de Scaletta (|ue pour la place et f^arnison de San Placido pour leui'S personnes seulement bardes et bagages.

De tous lesquels articles et conditions ci-dessus les dits gouverneur, capitaines, officiers et soldats sont convenus et promettent de les exécuter ponctuellement.

Fait au camp de Scaletta, le 8 novembre 1676.

CCCXCIII.

La VlLLEDIEU AU DUC DE VlVONTffi:.

[Taormina,] 8 novembre 167G, trois heures du soir.

Les ennemis veulent, dit-on, prendra les Français par derrière. Il faut envoyer des troupes à leur rencontre. — (Ms. de Polignac, année 1616, n° 190.)

Nous sommes attaqués, mais nous ne sommes pas pris, quoique les ennemis soient presque à nos portes'. L'on me vient demander de Mola que les ennemis venoient par derrière pour venir du côté des Capucins ; cela m'embarrassteroit extrêmement. Il n'y a encore aucun eimemi de ce côté là. Il seroit bon que vous fissiez marcher incessamment ici ce que vous aurez de plus tôt prêt. Je suis. Monseigneur,...

1. Il s'agit d'une des attaques que Diego Brancamonte fil pour reprendre Taormina, Alola et Francavilla.

[imei Iti: MAUKCIIM. nK VIVONNE. 75

La VlLLKDll-.l M I)l<: I>K VlYONNK. [Taormina,] 8 noveinhn,' IfiTC), sept Injures du suir. Rapport sur une esmannouchi; iniportaïUe avec les ennemis, il y eut quelques tues et blessés. La situation des ennemis et leur force. — (Ms. de Polignac, année 1616, n" 191.)

11 y a environ une heure que nos ennemis se sont retirés après quatre ou cin(i grosses heures d'une -rande escarmouche, il faut leur rendre cette justice (|u'ils se sont ap|)rochés de nous en braves gens, et puis aussi nous dire tiu'on a marché à eux de même. Us sont venus d'un côté fort près de la porte, de l'autre côté ils venoient vers Mola pour gagner notre faubourg; c'est là où j'ai été au devant d'eux. M. de Joigny et M. d'Arcueil, capitaines au régiment de Crussol, y ont fait tout ce que l'on |)eut attendre de braves gens. Les ennemis s'en sont tenus là. Nous y avons perdu un capitaine de Schomberg, nommé Serrier, deux autres capitaines légèrement blessés, Joannin, neveu de Chaslenel, aussi blessé, environ vingt cinq soldats blessés el quatre ou cinij tués.

Un rendu des ennemis me vient de dire qu'il y a eu un colonel espagnol tué et deux ou trois autres capitaines. Gomme je ne sais point s'ils ne revien- (Iroient point cette nuit nous coucherons tous sous les armes. Ils ont brûlé le village des Jardins* et quelc|ues moulins, ils éloient onze à tlouze cents hommes d'infanterie (le troupes réglées et ini nombre infini de

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