Giartlini
paysans avec toute leur cavalerie; mais elle n'alloil pas à plus de deux cents cinquante mètres; le reste est vers Oarlentini et à Miliizzo. J'espère que vous m'envoierez demain du renfort. De bonne toi. Monseigneur, nous en avons besoin.
Je suis, avec tout le respect possible,...
La VlLLEDIEU .\U DUC !)E VlVONNE.
[Taormina,] 8 novembre 1676, à neuf heures du soir.
La Villedieu répète à Vivonnc ce qu'il lui exposait dans ses deux derniers billets et lui représente la situation difficile où il se trouve avec les faibles troupes dont il dispose. — (Ms. de Polignac, année 1676, n° 192.)
Je viens de recevoir un billet de M. l'intendant qui me marque l'inquiétude où vous êtes de nous. Je vous ai écrit deux fois. Monseigneur, depuis deux heures après midi. Je vous ai donné avis par la première que nous étions attaqués, mais par la dernière qu'après plus de cinq grosses heures d'une forte escarmouche les ennemis se sont retirés, qui s'étoient approchés avec toute la bravoure et, toute la vigueur que l'on peut dire.
Nous sommes tous encore sous les armes, et nous passerons ainsi la nuit au cas que les ennemis reviennent qui sont campés assez près d'ici de l'autre côté attenant la montagne. Ils sont plus de onze à douze cents hommes d'infanterie de troupes réglées, une infinité de paysans et environ deux cent cinquante ou trois
cents chevaux. S'ils nous avoient attaqué d'un autre côtr encore, j'aurois i-U- très cmbarrass»'. Ils ne m'ont |)as fait peur, mais je vous jure que j'ai été fort mquiet et fort occupé pendant toute cette attaque. Nous sommes la moitié toute entière plus foibles ici (jua vous ne pensez. Nos capitaines m'avoient trompé dernièrement sur le nombre de leurs soldats quand je vous matidois ([u'il nous restoit six cents hommes; je ne crois pas de bonne foi qu'il en reste dans Taormina (|uatre cent cinquante en état de se défendre. Voici le plus terrible endroit du monde à soutenir. Je prétcndrois de l'attaquer avec mille hommes plutôt ([ue de le défendre avec deux mille. Je vous ferai voir clairement ce qui en est quand vous y reviendrez. Je n'ai aucun canonnier et il n'y a rien de propre pour servir le canon. Il n'y a plus que quatre ou citu] boulets du reste.
En un mol, Monseigneur, Dieu veuille que je ne sois pas attaciué encore une fois; je ferois assurément mon devoir, mais je vous donne cet avis sincère qu'il y auroit beaucoup à craindre. Vous y donnerez, s'il vous plait, les ordres que je vous jugerez à propos. C'est de dessus mon lit que je vous écrit, où je suis extrêmement latigué et incommodé ; mais cela ne m'empêchera pas d'aller et d'être à mes postes dans deux heui-es d'ici et pour le reste de la nuit. J'espère que je recevrai demain de vos nouvelles. Je suis toujours, . Monseigneur, avec tout le respect possible,...
CGCXGVI.
Di: QUKSNK AU DUC DK ViVONNE.
8 novembre 167G.
l-'opinion de Du Quesne sur le retour des vaisseaux en France. (Ms. de Polignac, année 1676, n" 193.)
J'ai reçu hier au soir fort tard votre dernier ordre du 6 pour vous envoyer de la poudre et les ustensiles pour les quatre canons de 24 dont M. de Preuilly a pris l'attirail. Tout a été embarqué sur une tartane, laquelle n'a pu partir faute de vent. C'est ce qui me fait embarquer douze barils de poudre dans deux chaloupes, six dans chacune avec cent boulets ideiu, en attendant que la tartane vous arrive avec cet attirail demandé et le surplus de la poudre.
Ayant vu hier M. l'intendant à son retour du camp, il me fît connoitre que vous approuviez de renvoyer en France autant de vaisseaux qu'il se pourra à cause de la nécessité des vivres où toute l'armée va tomber et pour dire vrai où elle n'est déjà que trop. Sur cela. Monseigneur, je lui dis qu'il me sembloit que sans remise il falloit se déterminer sur de deux partis un. Le premier, si les galères s'en retournent en France, de garder ici quinze vaisseaux, ainsi (|ue vous les avez destinés. Mais comme apparemment les galères resteront ici l'hiver suivant l'opinion générale par la nécessité de leur salut, sur ce pied mon avis est de renvoyer tout autant de vaisseaux qu'il se pourra. Sans cela, l'on ne pourra aider à la subsistance des galères au delà des deux mois qu'elle feront durer les
(juaraiite jours qui leur restent de vivres et même |)ourr()iit passer au delà des deux mois à ce c|ue j'apprends, dans l('(|uel les vaisseaux pourront être de retour ou très peu de jours a|)rès, le cas posé qu'il ne se fera aucun radoub en Provence à nulle des galères (jui retourneront. Ainsi, Monseigneur, l'on évitera le malheur qui menace l'armée dans la |)ressante nécessité où elle se trouve. M. l'intendant a dressé un état (le vingt cinq vaisseaux; en ce dernier cas, je serois d'avis d'en iaire partii" plus (|ue moins, afin (jue le nombre qui relourneia soit d'autant plus capable d'assurer le convoi qu'il ramènera.
Pour le parti qui me regarde, je prendrai toujours celui où je verrai le plus grand service à rendre et la conservation de l'intérêt de la manière et de l'honneur (ju'elle a accjuise sous vos ordres, et celui d'être jus- <|u'au bout, Monseigneur, votre très humble et obéissant serviteur.
CCCXCVII.
Le r.iiF.v.vi.iKu de Qi aist au duc de Vivo.xne.
[TnormiiKi,] 9 novembre lliVO.
« Deux p;ivsiins vieniienl présentement darriver ici, (|iie j'avois envoyés |)oiir savoir îles nouvelles des ennemis. Ils m'ont amené unCalabrois qui portoil un paquet de lettres de Hrancamonte au capitaine que j'ai relevé, (|ui tlcvoil rendre quelques lettres qu'il y a dans le dit paquet à des particuliers. Je l'ai ouvert; il me paroît trop de consé- (|uence pour le confier à un paysan. Je me donnerai l'iionncur de vous le porter demain matin.
« Je viens d'apprcndie do bonne part (|uc Itrancamonte
80 CORRESPONDANCE [1676] n'a d'autre dessein présentement que sur Taormina. Il y a môme plus à craindre dedans que du dehors. Il n'y a pas de temps h perdre, si vous ne croyez pas Taormina muni de ce qu'il faut, de l'envoyer incessamment. Brancamonte est présentement avec toute son armée à Catalabiano, distant seulement de quatre milles de Taormina... » (Ms. de Polignac, année 1616, n° 194.)
CCCXCVIII.
Le marquis de Prkuilly au duc de Vivonne.
[Scaletta,] 9 novembre 1676.
Preuilly regrette de n'avoir pu faire une action d'éclat avant la prise Je Scaletta. Il attend des ordres. — (Ms. de Polignac, année 1676, n" 195.)
Nous sommes ici, Monseigneur, en attendant vos ordres. Quoique nous ayons bien de la joie que Scaletta se rende \ nous aurions pourtant bien souhaité avoir matière de faire auparavant une action de vigueur et je suis persuadé que vous en auriez été satisfait. Je souliaiterois fort aussi que vous voulussiez voir les travaux que nous avons faits et comme dès la première nuit nous nous sommes logés sur le bord de la ravine et y avons mis notre batterie.
Nous ne savons présentement quel poste il vous plaît de nous donner. Mais nous vous supplions (lu'il soit selon notre rang. Et nous croyons tous que nous devons être préférés aux autres corps après Picardie qui s'est logé à Saint François, quoique ce ne soit pas
1. Le gouverneur de Scaletta, sommé de se rendre par Vivonne, capitula le jour même. Le lendemain, le gouverneur de San Placido l'imita.
sans notre aide, .rattcnds vos ordres avec impatience et suis, Monseiyncui',...
La Villedieu au duc de Vno>'7Œ.
Taormina, 9 novembre.
La situation des ennemis et l'état de la place. Vivonne ne fait rien pour secourir la garnison. — (Ms. de Polignac, année 1676, n° 196.)
Nous n'avons point vu d'ennemi ici de la nuit ni aujourd'hui que leur garde qu'ils ont au village de Giardini. Il y a de la cavalerie et de l'infanterie. Leur corps s'est campé dans la plaine à une lieue d'ici. Il semble qu'ils veulent entreprendre tout de nouveau sur cette place. J'ai avis qu'ils ont mandé aux gens de Limina et à d'autres de descendre du côté de Mola. Si cela est, ils nous embarrasseront fort.
Je vous ai mandé l'état de toutes choses ici. Du reste. Monseigneur, vous y donnerez les ordres qu'il vous plaira. Mais je vous ferai voir quand vous serez ici qu'il n'y a point de village de Champagne qui ne fût meilleur à défendre que cette ville avec ses faubourgs dans l'état qu'elle est.
Je m'attendois que les officiers qui nous manquent se rendroient promptement à leurs charges au bruit de nos canonnades. Il ne vous a pas plu de leur envoyer vos ordres afin de revenir. Ici comme ailleurs les gens absents et éloignés sont oubliés. Nous ferons du mieux que nous pourrons. Quoi qu'il puisse arriver, un autre que moi seroit assurément plus embarrassé II 6
go CORRESPONDANCE [1676]
que je ne le suis. J'ai bien de l'impatience de vous faire voir de vos propres yeux ce que c'est que Taormina. Il ne nous paroit pas d'ailleurs que l'on ait fait aucune diligence pour nous secourir dans les choses extrêmes que nous avons demandées. C'est une trop o-rande pitié que notre hôpital et il y a pourtant un nombre considérable de malades et de blessés. Je suis, Monseigneur, avec tout le respect possible,...
La Villedieu au duc de Viyojîne.
fTaormina,] 11 novembre 1676.
Inquiétude de La Villedieu à l'approche de la garnison de Scaletta qui se rend h Catane. Il craint justement qu'elle ne renforce les ennemis qui le menacent. Il se sent en danger grave de deux côtés à la fois. 11 s'étonne de la mesure imprudente prise par Vivonne et demande du renfort. Malgré la fatigue il fera son devoir. — (Ms. de l'olignac, >mnée 1676, n" 198.)
Je n'ai jamais été plus surpris, Monseigneur, que quand j'ai vu un maréchal de logis du marquis de Lliéry me venir dire que la garnison de Scaletta', composée de cinq cents hommes, qui doit se retirer à Catane, étoit à deux cents pas d'ici sans que j'aie eu aucun avis de votre part qu'elle dût passer par cette ville sans aucun ordre ni passeport de vous, seulement escortée de vingt cincf maîtres. Je vous avoue. Monseigneur, que dans l'état où nous sommes et les ennemis en grand nombre campés à une lieue d'ici,
1. Il s'agit de la garnison espagnole qui quittait la ville, renvoyée par les Français aux termes de la capitulation.
VOUS les envoyez eticoi'e forlilier et vous les mettez en (Hat de nous venir insulter. Je m'attendois au moins que vous auriez envoyé quelijue bataillon d'infanterie pour les escorter et pour demeurer ici. Vous ne savez pas sans doute l'état de cette place. Je viens de renvoyer au devant de cette dite garnison pour la faire camper au delà de Gallodoro, comme il est déjà assez tard et qu'avec la précaution (]ue je prends je n'aureii pas le temps de les faire passer à ce soir, et la plus forte raison est que je ne veux point, que le plus tard (|ue je pourrai, fortifier le camp des ennemis. Cependant, je suis très embarrassé, car je les ai à l'heure c|u'il est des deux côtés.
En vérité, Monseigneur, il me semble que vous prenez plaisir à me tenir alerte. Je ne me donne pas plus de fatigue ni ne prends pas plus l'alarme qu'un autre, mais je donne au plus habile et au plus brave de ne pas prendre quelque inquiétude dans toutes ces conjonctures ici. La garnison de Scaletta ne passera pas cette ville que demain assez tard, pour ne pas donner aux ennemis le temps de prendre une résolution et de marcher en même temps devant que vous ayez celui de m'envoyer encore ici de l'infanterie. Je m'attends que vous en ferez partir incessamment.
J'ai eu des nouvelles encore depuis ce matin que je vous ai écrit que les ennemis faisoient dessein de faire passer les troupes par les montagnes, pour descendre entre ici et Gallodoro. A tous ces avis vous y donnerez l'ordre (|u'il vous plaira. Cependant, je n'ai qu'à me li'nir ici bien alerte, puisciue vous le voulez ainsi. Il scroit absolument nécessaire, comme je vous l'ai déjà mandé, (jue vous preniez la peine de venir ici
g4 CORRESPONDANCE [iCa&]
pour voir l'état de la place. Quand vous l'aurez bien examinée, vous trouverez sans doute ([ue j'ai lieu d'être un peu inquiet. J'ai une autre f,Tàce à vous demander, Monseigneur, que ce que vous m'envoyerez de troupes soit en état de servir; nous tâcherons de leur faire faire leur devoir.
Je suis, avec tout le respect possible,...
La VlLLEDIEU AU DUC DE VrVONIVE.
[Taormina,] 12 novembre 1676.
Détails très précis sur la situation et l'action des ennemis, dont une attaque a échoué. L'état de la place; mesures prises par La Villedieu pour sa sécurité; demande de secours immédiat. — (Ms. de Polignac, année 1676, n" 199.)
Je viens, Monseigneur, de recevoir des nouvelles des ennemis par un homme que j'avois envoyé. Elles me paroissent fort vraisemblables. Us sont toujours postés, cavalerie et infanterie et troupes du pays, à Catalabiaiio. Ils avoient marché tout de nouveau lundi pour nous venir attaquer, résolus, disoient ils, de périr ou de prendre Taormina pendant qu'il étoit encore en état d'être pris. Mais ils virent arriver les galères et les secours que vous nous avez envoyés, ce qui leur fil rebrousser chemin et remettre, disent ils, à une autre fois. Ils assemblent leurs garnisons et encore d'autres troupes du pays. Le vice roi y veut lui même venir en personne, car il se plaint fort de Brancamonte, disant qu'il ne les a ni bien conduits, ni bien commandés. Ils perdirent beaucoup de monde
(KiTCi) nu MAIIÉCIIAL DE VIVONNE. 85
dans celle (lei-iiirre alt;u|ue, surtout des officiers. ]{or- '^\:i, reiirienii de Messitie, y a éti' tort blessé à la tête.
Vous juj^ere/ mieux, Monseij^neur, que je ne saurois faire de quelle eonséquence il est de bien munir ce poste ici ; car, nos {galères parties, les ennemis ne craii;neiit point qu'on puisse les surprendre d'aucun côté. Ils pouiront mettre ensemble un corps de troupes considérable. Il faut se dépêcher et il est de la dei-nièie conséquence de faire quelque réparalion à cette ville. Cela se pourra faire sans beaucoup de liais; car, quel(|ue corps de troupes que vous y mettiez, il n'y sera pas en sûreté, ceci étant tout ouvert de plusieurs côtés en descendant des montagnes et en montant de la marine du côté de Gallodoro. Il n'y aura ({ue quelques murailles à faire pour enfermer le faubourg et quelques redoutes pour occuper les avenues où les chemins sont étroits. Cela étant, on aura peine à nous y forcer, y ayant pourtant toujours un grand corps d'infanterie.
Je crois que vous approuverez, Monseigneur, que je fasse sortir les Capucins et les Récollets. Leurs couvents sont des postes dangereux qu'il faut ruiner en [)artie et se servir du reste pour notre défense. Si les ennemis s'en emparoienl, il ne seroit pas possible de les en chasser, outre qut^ tous ces moines ne valent rien. Je lis arièter hier au soir un capucin qui sortoit depuis trois ou quatre jours et s'en alloit du côté des ennemis. Il étoit hier au soir, quand je le fis arrêter, dans le couvent des Récollels, où il avoit été, disoit il, pour changer d'air, leur ayant demandé une chambre; cependant e'étoit sans la peiinission de son gardien (|ui me manda |qn('| si je le vouiois remettre entre ses
gg CORRESPONDANCE [1676]
mains il en feroit bonne justice. Il étoit allé apparemment dans cet autre couvent, qui est un lieu fort élevé, pour l'aire ses signaux aux ennemis. Je leur annoncerai aujourd'hui, à tous les moines de ces deux couvents, de se préparer de sortir dans deux fois vingt quatre heures.
Vous donnerez, Monseigneur, vos ordres tels qu'il vous plaira sur l'avis que je vous donne que les ennemis se rassemblent tout de nouveau, et, si j'ose vous dire, il seroit nécessaire, si vous n'avez pas d'autre dessein, de faire encore marcher un bataillon ici. Je le posterai et le logerai dans un de ces couvents. Je vous supplie tout de nouveau de vouloir ordonner à tous les officiers des bataillons qui sont ici de se rendre incessamment à leurs compagnies. Je vous prie aussi de nous vouloir décharger des prisonniers de guerre que nous avons ici, surtout du marquis de Mongiuffi, les autres ayant aussi commercé tout autant qu'ils veulent avec leurs gens.
J'envoyai, il y a deux jours, sur la galère de M. de Renset un de ces paysans brûleurs de maisons. Je l'ai prié de vous en parler, afin que vous ordonnassiez qu'il servît le roi sur les galères ; si il y avoit eu un bourreau ou qu'il en eût eu deux de pris, l'un auroit pendu son camarade sur les montagnes à la vue des ennemis et lui auroit ensuite mis le feu au cul.
Je n'ai point eu de nouvelles depuis l'arrivée du bataillon de Piémont. Je vous écrivis hier amplement par un officier qui s'en retournoit à Messine. M. de Joigny vous dira mieux que je ne saurois faire l'état de toutes choses ici. De bonne foi. Monseigneur, il est absolument nécessaire d'y donner ordre proraptement
[IGTfil DU MARÉCHAL DE VIVONNE. 87
si VOUS voulez conserver ce poste dont vous connoissez mieux (juc personne la conséquence.
Je suis avec respect...
La VlLLEDlEU AU ULC DE ViVONNE.
Taormina, 12 novembre 1676.
« .l'ai eu avis encore depuis une heure par un fie nos tambours revenu des ennemis el par un valet lie M. de Ciclnelli que j'ai gagné el f]ui me rapporte des nouvelles [que] les ennemis sont en résolution de nous venir attaquer, qu'il a même ouï parler de trois altacjucs. à (pioi il V a de l'apparence. »
La Villodieu demande à Vivonne de venir visiter Taormina. « Car je ne crois pas que vous le voulussiez ni que vous le puissiez conserver à moins d"uu très granil corps, el il ne peut vous être utile que pour faire des courses dans la plaine et pour un passage pour aller plus avant; car, si vous n'y laissez (|ue la garnison qui y est présentement, à moins que vous n'occupiez les eimemis qui seront devant vous, ce poste ici est insoutenable; les ennemis pourront de tous les côtés descendre par les montagnes sans (|u'on les puisse empêcher. Ils n'auront pas de i)e ne à regagner les villages que vous avez lait déclarer pour vous. Nos moulins ne vont déjà plus hors d'eux. Pour les habitants de celle ville, les ennemis les brûleront et ruineront quand il leur plaira, sans qu'on les puisse empêcher, étant éloignés de la ville et hors de portée que nous les puissions conserver, n
Il faudrait àTaormina une garnison importante d'au moins douze cents hommes, car les ennemis peuvent y descendre quand ils voudront. « Jugez comment nous pouvons laire
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daus l'élal où il [Taormina] est ouvert île tous les côtés. J'avoue que les avenues en sont ilifficiles, parce (|u'il faut beaucoup monter, mais l'on ne peut pas de si loin garder CCS avenues. Dès qu'on est une fois auprès de la ville, on est plus fort que ceux qui sont dedans. L'on y peut venir par six endroits tant en montant de la marine qu'en descendant des montagnes sans qu'on les puisse empêcher. » Il faudrait « bien munir » Mola et le château de Taormina.
La Villedieu demande des ouvriers pour réparer les portes de la ville, du matériel pour l'artillerie et des canonniers, de la poudre. « Je vous ai déjà mandé, Monseigneur, que les portes de cette ville non seulement n'avoient ni serrures ni verroux, parce qu'on les a arrachés dans le saccagement, mais encore on les peut enfoncer à coups de pieds. Nous n'avons point d'ouvriers pour y fiiire travailler, non plus qu'à mille autres choses nécessaires. Quand même il y en auroit quelques uns, il ne leur est pas resté un outil ni un morceau de fer. »
La Villedieu apprend que la cavalerie h Augusta forme un complot pour déserter.
Il demande encore que les officiers partis pour Messine reviennent à leur poste. Il n'a que douze capitaines, dont trois sont malades ou blessés. Les deux tiers des officiers sont partis.
« La plus grande pitié du monde est notre hôpital ^. Nous avons un bon garçon de chirurgien qui en est directeur et entendu en son métier, qui est le chirurgien major de Crusol, mais il ne peut rien faire que de sa main. M. de Châtenav vous dira qu'on lui a volé il y a quehjue temps ses instruments; ainsi dans les moindres cures le pauvre garçon est embarrassé et inutile.
« Voilà un pauvre oITicier du régiment de Louvigny,