‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 77 sur 171 · Finalmarina, sur la Riviera génoise · texte numérisé non relu

Finalmarina, sur la Riviera génoise

Je fais donc partir cette tartane pour vous informer de mon sentiment, qui est de faire toute diligence possible pour sortir par le Phare avec tout ce qu'il se pourra pour aller au devant des dits vaisseaux, et pour cet effet qu'il vous plaise donner vos ordres pour l'embarquement des vivres; et moi je sortirai demain d'ici à quelque heure, Dieu aidant, et, si je puis, j'emmènerai deux vaisseaux qui paroissent dehors, qui sont assurément des quatre qui ont resté en mer, et les deux autres ne tai-deront pas à se rendre, car je laisse ordre pour cela.

Voilà donc. Monseigneur, ce que je vois présentement de plus important pour le dessein de vos conquêtes en ce royaume que d'empêcher le retour de ces vaisseaux ennemis avec cette infanterie.

Je suis, avec beaucoup de respect. . .

CCCCXXXIV.

L'abbé d'Estrades au duc de Vivonne.

Venise, 16 janvier 1677.

L'abbé d'Estrades cherche à faciliter le commerce des Français dans le Levant, où ils vont acheter des vivres pour la Sicile, en mettant à leur disposition des sequins de Venise pour leur épargner de trop grandes pertes sur le change. Le Sénat Fa autorisé à le faire. « Mais je n'ai pas voulu parler de Messine dans ma demande parceque cette République, s'attachant h une exacte neutralité entre les deux couronnes, auroit sans doute appréhendé que les Espagnols ne lui eussent reproché qu'elle apportoit de la facilité à l'établissement des François dans la Sicile et que cette considération n'empêchât le Sénat h consentir à ce

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que j'cii (Icsirois, cl (|iii nie pnniissoil fort utile ;iu service <lu roi. » — (Ms. (Il' l'()ii;,'nae, tinnée 1(]11 , n" 1 l'i.)

ccccxxxv.

Loi: VOIS AL' DUC DE VlVOXXE.

[Sainl-Gcrmain-en-Laye,] 18 janvier IG77.

Louvois répond aux lettres écrites par Vivonne les 14 et 22 novembre et les 11, 12 et 16 décembre. « Le roi a paru très satisfait du succès de votre campajfue, ne doutant point (jue les postes occupés ne vous donnent moyen de faire d'assez granils progrès la campagne prochaine pour décharger Sa Majesté de la dépense trop considérable que lui cause la guerre de Sicile en la faisant porter au pays ' ; et quoique par mes précédentes lettres je vous aie bien expliqué les intentions de Sa Majesté à cet égard, néanmoins Elle m'a commandé encore de vous les confirmer et d'y ajouter qu'il n'y a point de raisons politiques (quand même ce seroit l'espérance prochaine que le pays achèveroit de se soulever) qui ne doivent céder à ce i]ue la nécessité et le bien de ses aflaires l'obligent de vous ordonner sur cela ; et pourvu que l'on règle la subsistance que les troupes devront tirer, de manière qu'elle ne soit point excessive... il n'y a point à appréhender que les dites charges fassent haïr aux peuples la domination françoise et songera retourner sous celle des Espagnols.

« Ce que je vous explique à cet égard des intentions de Sa Majesté ne doit point s'entendre pour Messine, parce que, comme elle s'est volontairement donnée au roi, elle

1. Louvois avait, en effet, l'opinion bien arrêtée que la guerre doit nourrir la guerre et que les Siciliens devaient fournir à ses dépenses. Le début de cette lettre est publié par C. Rou.sset, op. cit., t. Il, p. 447, n. 2.

doit être traitée avec distinction et de manière qu'elle ait

tout sujet de s'en louer. »

Le roi n'a pas jugé bon de nommer un major général à

Messine', ni d'envoyer des tentes pour l'infanterie, « cette

dépense lui ayant paru excessive ». Il faudra acheter des

mules en nombre strictement nécessaire.

Louvois a expédié les lettres de juge des appellations

de Messine en faveur du sieur Patti.

Le roi laisse le Sénat possesseur des biens des Merli,

mais il faut qu'il paie argent comptant le blé nécessaire à la ville ou qu'on vende ce blé sans faire payer aucun droit h ceux qui en voudront acheter.

« Il est d'une grande conséquence que vous trouviez moyen de vous décharger de la garde d'une partie des postes qui vous occupent tant de troupes, et cela ne se peut faire qu'en rasant quelques uns de ceux qui sont les moins nécessaires, puisqu'on l'état où sont les ennemis en Sicile l'on ne doit point appréhender qu'ils les vinssent réédifier, n'ayant pas la moitié du monde qu'il leur faut pour garder les places, »

Le roi veut que Vivonne ne retarde sous aucun prétexte le départ des tartanes qui doivent porter à jour fixe le courrier de Messine pour la Cour, même au cas où il n'aurait pas le temps d'écrire lui-même. — (Ms. de Polignac, année 1611, n° 63 bis; Arch. de la Guerre, vol. 517, fol. 425.)

CCCCXXXVI.

Du QUESNE AU DUC DE ViVONNE.

Augusta, [18 ou 19 janvier 1677.]

Du Quesne rend compte des réparations qu'il fait faire à son navire en attendant l'arrivée des vaisseaux que

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