‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 79 sur 171 · L.\ VlLLEDIEU .vu DUC DK VlVONTOC · texte numérisé non relu

L.\ VlLLEDIEU .vu DUC DK VlVONTOC

Taormina, 19 janvier 1677.

La Villedieu annonce qu'il a découvert une conspiration ourdie à Mola, Gallodoro et Forza par le curé de .Mola pour faire revenir les Espagnols. — (Ms. de Polignac, année 1611, n'Q.)

Je me donnai rhomiciir de vous écrire hier, Monseigneur, par M. de Moiilaslruc, que je vous envoyai exprès pour vous donner avis que M. Duchesne, commandant dans Mola, avoit découvert une partie de la conjuration des habitants de ce lieu là. Ce fut lui même qui, me venant annoncer cette nouvelle, m'assura que le nommé Francisco Anna avoit accusé le marquis de Mola comme chef de cette conspiration, et, sur cela, je vous en donnai promptement avis. Mais aujourd'hui la chose ne me paroit pas ainsi. J'ai fait transférer le curé de Mola et le dit Francisco Anna ici bas poiu' faire tiavaillei' à leur procès incessamment. J'ai voulu savoir de Francisco Anna ce (|u'il en savoit. lui ayant promis la vie, comme l'avoit déjà l'ail M. iJuchesne, s'il disoit la vérité. Il ne me paroit

naître Mornas comme lieutenant général (Ms. de Polignac, année 1611, n" 65).

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pas qu'il accuse de rien le dit marquis de Mola. Il dit seulement que lui étant allé à Messine avec le curé de Mola, ils étoient dans la maison du marquis de Mola l<)rs(]u'il arriva un courrier cjui vient donner avis au curé de Mola de s'en retourner incessamment au dit lieu de Mola parce que les Espagnols y dévoient venir. Le dit Anna dit avoir oui comme ce courrier dans le coin d'une chambre le disoit au curé de Mola, qui, en effet, partit incessamment pour s'en retourner à Mola. Il dit ne savoir pas autre chose. Il n'a pas encore été interrogé en justice. J'ai voulu savoir do lui seulement à peu près ce qu'il disoit. Je ferai ici demain travailler à leur procès. Le frèi^e du curé de Mola qui se précipita hier fait bien voir que l'on ne peut pas douter de la chose. Car sachant que le dit Anna les accusoit, il dit à un officier que si deux cents onces le pouvoit sauver il les donneroit; lui ayant répondu que la chose ne se passoit pas ainsi, ce malheureux prit sa course étant au bord du précipice et il se lança la tète la première. 11 n'a voit garde de réchapper du lieu où il se jeta.

J'appris de plus hier au soir par une voie que je ne puis confier dans une lettre le dessein qu'avoient les ennemis sur Taormina, Mola, Gallodoro et Forza. Il y a dc\)à beaucoup de gens du royaume à Catane. Je ne sais si cette conjuration découverte ne leur fera pas changer leur dessein.

Vous seriez étonné. Monseigneur, par qui j'ai eu cette nouvelle si je pouvois l'écrire, mais ce n'est pas une chose à hasarder par une lettre. L'on me donne avis que les Espagnols ont intelligence dans Mola, dans Gallodoro et dans Forza. Tout cela, dit on, par le

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ménaj^cmenl du curé. J'en ai donné avis tout aussilùl il M. de Coslcbellc, (]ui commande dans le château (le Foiza. Je l'ai prie en même temps d'avertir le mai(|uis de dallodorcj que je sais qui n'est pas à Forza.

Il ne me paroit pas par cet avis que j'ai eu que les ennemis aient aucune intelligence dans Taormina. On m'a assurément nommé les espions qu'il y avoit, que j'ai fait arrêter ce malin. Comme ils ne veulent rien avouer, je les envoierai par la [iremière commodité à Messine afin <|ue vous les condamniez de votre autorité comme il vous plaira.

Ayez la bonté, Monseigneur, d'ordonner au sieur Hoirvaux, commissaire commandant l'artillerie, de nous envoyer ici de la mèche, où il s'en fait une grande consommation. Les soldats qui montent la garde ne trouvent pas à en acheter dans ce lieu ci. Il faut bien leur en l'ournir ; de plus, celle qui reste ici est d'une façon et d'une grosseur à ne pouvoir presque point servir pour les mousquets de nos soldats. Elle est presque toute pour servir le canon, surtout ce qui est dans le magasin de Mola. On en trouve de très bonne à Messine, c'est de celle là qu'il nous faudroit envoyer. Nous la conserverons de notre mieux pour le temps (jue nous en pourrons avoir besoin, faisant consumer l'autre en attendant par les gardes ordinaires. Je suis. Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Ayez la bonté, s'il vous plaît, de me l'aire réponse sur ce que je vous ai ilijà écrit sur le sujet de M. le major des dragons et le sieur Duhamel, capitaine au régiment de Champagne.

164 CORRKSrONUANCE [1677]

CCCCXXXVIII.

Le duc de VivONXE a Du Quesne.

Messine, 20 janvier 1677.

L'état de Messine oblige Vivonne à ordonner à Du Quesne de rentrer à Messine. — [Minute : Fr. 8033, fol. 7; Ms. de l'olignac, année 1611, n" 8.)

J'ai vu, mon cher Neptune, les deux lettres c|ue vous avez pris la peine de m'écrire (une du 12° et l'autre du 16° du courant), et j'approuverois fort volontiers les sentiments que vous me montrez dans la dernière si les affaires du roi qui sont à Messine s'y pouvoient accorder. Mais comme cela ne se doit pas seulement penser dans la conjoncture présente que la ville et les troupes manquent de blé, je vous prie d'agréer que je vous mande qu'il est d'une absolue nécessité que vous reveniez dans ce port avec votre vaisseau et ceux que vous commandez, afin qu'on distribue sur les croisières pour prendre du blé ceux qui sont en état d'y aller et d'y rester et que les autres se rétablissent incessamment ici pour les aller relever le plus tôt qu'il se pourra.

Les conjurations recommencent. La plupart des vaisseaux ont besoin d'être réparés. Ceux qui ont caréné ne sont pas encore en état de sortir ; plusieurs des vôtres ont besoin de se raccommoder, et par dessus le tout ils prendront mieux ici leurs vivres et en moins de temps qu'en aucun autre endroit. J'ajouterai à cela que la présence de la plupart de l'armée navale est nécessaire en ce lieu pour intimider les peuples et pour dis-

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siper les pensées de ceux .|ui ch<'rchent à se prévaloir de la moindre conjoncture.

Je vous prie donc, mon cher Neptune, de vous rendre ici le plus tôt que vous pourrez avec votre escadre. Je vous attends avec impatience et vous prie très instamment de croire que personne ne sera jamais plus cordialement et avec plus d'estime que je le suis, mon cher Neptune, votre très humble et obéissant serviteur.

CCCCXXXIX.

Lk i)i:r. i>E VivoNNE a Hrancamonte.

Messine, 20 janvier 1677.

Vivonne refuse' tie donner congé au capitaine espaiTiiol, trois oiriciers précédemment renvoyés sur parole n'élanl pas revenus. « Il y en a même un qui est Allemand, lequel, à ce que l'on m'a rapporté, éloil dans les troupes de Sa Majesté Catholique quand elles attaquèrent Taormina... Et comme ce sont des procédés qui ne se pratiquent en aucun lieu de l'Europe parmi les nations (jui se font la guerre, vous voulez bien. Monsieur, que voyant traiter de cette manière mon honnêteté, je me rende un peu plus

retenu. »

Il refuse aussi l'échange des prisonniers tant (]uo les

Messinois ne seront pas mis sur le même pied que les

Vrançais h cet égard. — {Minute : Fr. 8033, fol. 57; Ms.

de Polignac, année 1611, n» 4.)

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