En l'aie dans le texte
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plus moyen d'exécuter le dessein ci dessus, l'on s'assemblera pour prendre le parti conforme à l'ordre de M. le maréchal de Vivonne.
Dans la navi-ation de la route ci dessus, chaque officier général observera lorsque le vent sera de l'arriére de taire marcher les vaisseaux de leur division sur un rang, M. de Preuilly sur la droite et M. de Valbelle sur la gauche du vice amiral, assez écartés les uns des autres pour découvrir plus de mer. Bien entendu que tous les soirs on se rapprochera du commandant en distance pour voir chacun son feu, et, quand le vent sera contraire et qu'il laudra tenir au plus près, alors les vaisseaux pourront s'écarter chacun dans son ordre pour le même dessein de découvrir et se rejoindre en distance raisonnable tous les soirs.
Au surplus, l'on observera les signaux généraux en toutes les occasions et particulièrement ceux où il est parlé de la rencontre des ennemis la nuit et de ne pas passer au vent de son commandant de jour (;t encore moins de nuit, atin de n'être pas réputé pour vaisseau ennemi et qu'on ne tire pas dessus, si ce n'est qu'il eût un ordre exprès ou que 'ce lût en donnant chasse.
Fait à bord du vaisseau du roi devant Messine, le dernier janvier 1677.
CCCCXLVI.
Le duc d'Estrées au duc de Vivonne.
Rome, 2 février 1677.
Le duc d'Estrées mande en hâte h Vivonne (iii'il a appris
par l'iibbé d'Estrades, ambassadeur a Venise, que les Espagnols, « désespérés du mauvais étal de leurs affaires en Sicile, foni faire h Milan des feux d'arlifice dans des boites de fer carrées de la longueur d'un peu plus d'un demi bras » <]u'ils nomment horloges « parce (|u'elles en ont la figure et qu'elles se moment par ressorts comme une montre. El au bout de vingt heures ou environ, une seule de ces boîtes fait à leur compte un effet si terrible qu'elle eulève et ruine ce qui est à un quart de mille autour du lieu où elle crève. Ils en ont fait seulement six qui suffiront pour faire sauter les châteaux et la place de Messine ' » .
A l'aide des Jésuites, Ils veulent en introduire à Messine, par Bologne et Livourne et le moyen de quelques partisans qui s'embarqueront sur une felouque.
« Ils vous souviendra bien. Monsieur, que lorsque M. le cardinal d'Esirées vous envoya, il y a près de deux ans, le modèle d'une chaîne pour fermer le port de Messine, il vous parla de pareilles machines pour la mer, dont un homme qui est mort depuis vouloit enseigner le secret, et qu'il appeloit mines maritimes. »
D'Estrées pense que sur ses instances on ne touchera h l'archevêché et à l'archimandrat de Messine, qui demeurent vacants. Il importe que les cures et paroi.sses soient données à des candidats favorables h la France. — (Ms. de Polignac, année 1677, n" 52.)
CCCCXLVII.
Seigpîelay au duc de Vivoxjœ.
[Saint-Germain-en-Laye,] 2 et 5 février 1677. Deux lettres par lesquelles Seignelay félicite Vivonnc du
1. La copie de la lettre de l'abbé d'Estrades se trouve à la suite [Jbid., n" 54). Elle est du 23 janvier. D'Estrades promettait de
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mariiigc de sa fille, la princesse de Lillcbonne', el lui annonrc qu'il a donné ordre au sieur de Saint-André de paver ii Vivonne par avance six mois de ses appointements et la solde de la compagnie de ses gardes, à cause de ses grandes dépenses à Messine. — (Ms. de Polignac, année 'iCn, n-Al et 42.)
CCCCXLVIII.
Lons XIV AU DUC de Vivonne.
[Saint-(ierniain-en-Laye,] ■') février 1G77. Le roi annonce que « le convoi partira sans faute pour Messine dans les premiers jours de mars et portera en abondance tout ce qui est nécessaire pour le radoub des vaisseaux, la subsistance et le paiement des équipages ». Il demande h Vivonne de renvoyer sans larder h Toulon les cinq vaisseaux dont il a ordonné le retour précédemment el tous les bâtiments de charge qui sont encore à Messine^.
prévenir de l'envoi de ces machines infernales, du nombre des conspirateurs, de leur itinéraire, de la date de leur voyage, etc.
1. Colbert, de son ccité, félicita Vivonne du mariage de sa fdie (/*(■(/., n° 4S).
Charlotte de Rochechouart épousa, le 28 janvier 1677, Henri de Lorraine, duc d'Elbeuf (Gazelle du IG février 1677. De Saint-Gerraain-en-Laye, le 5 février) : « Le 28 du passé, le prince d'Elbeuf épousa la fdle aînée du maréchal duc de Vivonne dans la chapelle du vieux château. Le cardinal duc de Bouillon en fil la cérémonie. Leurs Majestés, accompagnées de Monseigneur le Oauphin, y assistèrent. »
2. Le même jour, Louis XIV communiquait à Vivonne la liste des officiers de marine désignés par lui pour servir sur les cinq vaisseaux armés à Toulon (le Royal Louis, le Monarque, le Magnanime, le Henry, le Florissant] et ceux qui sont restés à Messine (le Sceptre, le Saint Esprit, le l'ompcu.v, le Saint Michel, le Fier, le Grand, V Éclatant, le Parfait, l'Agréable, l'Aimable,
ne CORRESPONDANCE [1G77]
« Le consul de GAncs ay;tiU donné ;ivis qu'il y a depuis trois semaines huit vaisseaux espagnols h Gènes qui doivent aller embarquer à Vado <juel(]ue régiment d'infanterie (|ui vient du Milanois et le dit consul ayant assuré qu'il vous avoil informé de cette nouvelle par plusieurs endroits, je ne doute point que vous n'ayez profité de ce temps pour tâcher d'enlever les dits vaisseaux dans leur passage de Gènes en Sicile et que vous n'ayez fait sortir les vaisseaux qui sont sous votre commandement. J'attendrai avec impatience des nouvelles de cette entreprise dont vous connoissez l'importance.
« Je veux que vous ne donniez congé h aucun officier que par blessure ou par maladie dangereuse il ne soit hors d'état de servir et qu'à l'égard de ceux qui prendront prétextes d'affaires ou autres raisons pour obtenir de vous leur congé vous leur déclariez qu'ils seront cassés en arrivant en France. » — (Ms. de Polignac, année 1611, n" 44; Arch. nat., Marine, B- 35, fol. 51.)
GCCCXLIX.
Ordre du duc de VrsONNE.
Messine, 8 février 1677.
Vivonne avant ordonné au sieur de La Coste, lieutenant
le Prudent, le Vaillant, le Sage, le Téméraire, le Vermandois et sept brûlots). Ms. de Polignac, année 1611, n° 48; Arch. nat., Marine, B^ 35, fol. 53.
Le 16 février, le roi avertit Vivonne qu'il lui envoyait dix galères sous le coraraandeiiient de Manse, cent bons forçats et cent mariniers de rame pour les galères restées à Messine. Vivonne aura ainsi vingt-quatre galères, alors que les Espagnols n'en ont que dix-neuf. Les galères la Souveraine (chevalier de Mareuil) et la Hardie (chevalier de Saint-Héron) resteront en Provence pour la garde des côtes (Ms. de Polignac, année 1611 , n" 45).
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au réjjimeiU de Vivonne, de se rendre en France pour locherclicr el ramener les soldats de ce régiment qui ont déserté, prie les gouverneurs, consuls et échevins, de prêter assistance au lieutenant de La Coste. — (Arch. de la (iuerre, vol. 610, n° 13.)
CGCCL.
Le consul Cotolendi au duc de Vivonne.
Livourne, 15 février 1677.
La poursuilf de la (liilte ennemie. La surveillance des Siciliens débarqués en Toscane. Les bons offices de Vivonne auprès du roi à l'égard de Cotolendi. — (Ms. de Polignac, année 1611, n°51.)
Monseigneur,
J'ai l'L'çu depuis peu de jours celle que V. E. m'a fait l'honneur de m'écrire le 19° janvier, et, quoique par icelle Elle nie levoit l'espérance que j'avois qu'on prit les vaisseaux d'Espagne par l'absence de M. Du Quesne, néanmoins j'appris par d'autres lettres cju'apportii la même Uirtane qu'on étoit sorti [)Our se mettre à leurs trousses.
Il est bien vrai qu'un accident ([ui leur est arrivé de deux de leurs navires, qui ont lait naulrage sur les Formigues, aura peut-être empêché M. Du Quesne de les attraper; mais, comme il en tient assiégés trois d'iceux dans Porto Longone, je veux croire qu'ils n'en échap|)croMt pas, soit d'être pris ou brûlés. Mon dit sieur Du Quesne m'a expédié un navire ici avec une tartane pour prendre les avis que je lui pourrois donner de deux de ces navires là, que les Espagnols même ne savent pas où ils ont passé, el, comme il Il 12
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faut que je les n'-exprdie tout à l'heure, je n'ai pas tout le loisir ijue je souhaiterois d'écrire à V. E. fort aiiipleiiient, me reineltaiit aux nouvelles de de(.'iv aux avis ci joints que je lui mande ((ue je tiens de M. le mai-quis de Villars et qui sont fort assurés.
Touchant ce que j'ai écrit au sieur d'Autiège de la personne de question, je suis du même sentiment que V. E. qu'il n'y ait rien à douter de sa fidélité. Mais les avis que je lui en ai donnés pourront peut être lui fournir des moyens d'en tirer quelques éclaircissements, et, outre les conférences que tient Giuseppe Scelti avec Giovanni Filippini de cette ville, il y a encore en cette ville depuis peu un prêtre messinois qui est sorti de Palerme et est venu par la voie de Gênes, appelé dom Placido Lusardo, fils d'un mercier, qui fait fort le zélé pour nos intérêts. Mais, comme il ne vient point do Messinois ici ([ue je ne fasse observer soigneusement leur démarche, les personnes confidentes que je tiens salariées pour cela m'ont rapporté qu'il va tous les soirs dans la maison de Filippini avec Giuseppe Scelti, et même ils sont allés (luelquefois chez le consul d'Espagne. Je n'ai pas manqué d'en donner avis à M. le duc d'Estrées à celle fin ([u'il demeurât sur ses gardes, vu que ce prêtre doit aller à Rome au premier jour.
Je remercie très humblement V. E. de la bonté (lu'Elle veut bien avoir pour moi de faire valoir mes services à la cour à celle fin qu'on se résolve un jour de me rédimer de tant de dépenses continuelles que je fais pour le service de Sa Majesté et particulièrement pour les affaires de Messine. Je suis obligé de terminer cette lettre par le prompt départ de ce navire. Je suis, avec toute la soumission et le respect possible...
(ir>77| nu MAnÉCIlAL DE VIVONNE. 179
Louis XIV Ai; DUC DE VnoNXE.
[Sainl-Germain-en-Lavc,] 17 février 1677.
Le roi demande à Vivonne des nouvelles fréquentes de l'expédilion de Sicile, qui devient très importante h cause du nombre des troupes qui sont envoyées. Le roi fait établir un service de felouques et tartanes entre Civita-Vecchia et Messine pour le courrier'.
Le roi envoie un convoi avec tout le nécessaire pour les vaisseaux et les équipages. Une escadre de vaisseaux partira en avril pour Messine. Il fait demander à la République de Venise de lever son interdiction de transporter du blé à Messine et de recevoir dans les ports de ses Etats des vaisseaux venant de Messine.
« Comme il ne s'est pas trouvé assez de canons des calibres de 36 et de 24 pour armer le vaisseau le Royal Louis et que je serai bien aise qu'il ne manque rien à son armement, je désire que vous fassiez tirer de dessus les autres vaisseaux les canons de ce calibre qui seront nécessaires |)our achever le nombre qu'il en doit avoir, et que vous fassiez remplacer les dits canons de ceux de moindre calibre ([ui seront embaniués sur le dit vaisseau le Royal Louis.
« Je suis bien aise (jue la liberté entière de la vente des blés, qui est h présent établie à Messine, ail produit tout l'effet que j'en attendois-. » — (Ms. de Polignac, année 1611, n" 47; Ârch. nal., Marine, B' 35, fol. 63 v°.)
1. Ceci répondait au désir exprimé dans la lettre d'Autiège à l'abbé lluel. C(. p. 153.
2. D'Oppéde écrivait à Louvois le 20 mars (Arch. de la Guerre, vol. GIO, n° 18' : « Les jurais de Messine n'ont consenti qu'avec chagrin à la liberté qu'ont eu les marchands de
|gO CORRESPONDANCE [1G77]
Du QUESNE AU DUC DE VlVONlSE.
Au canal de Piombino, 18 février 1G77.
Du Quesne rend un compte détaillé de sa navigation depuis le jour de son dépari de Sicile, le 2 février. Il a rencontré une felouque espagnole chargée du courrier pour Palerme. Il a pu s'en emparer et l'envoie h Vivonne. Le 8 février, il était au large de l'île d'Elbe et reçut par un Anglais des nouvelles de la flotte espagnole, sept vaisseaux et un brùlol partis de Gênes, mais dispersés et maltraités par la lempète. Plusieurs furent coulés aux Formigues*.
Du Quesne alla mouiller h Porto-Ferrajo, tandis que les Espagnols se réunissaient h Porto-Longone. Du Quesne obtint de nouveaux détails sur le naufrage et l'état de la flotte ennemie. On lui assura « que les troupes sauvées du naufrage étoient au nombre de 500, la plupart du régiment de Bourgogne, les meilleures troupes du roi d'Espagne, mais qu'il en éloit mort beaucoup de misère, ayant extrêmement pâti sur le débris du vaisseau Sainte Anne, en altendant les barques qui furent les prendre ; que le commandant de l'escadre, don Juan de Roca, et le commandant de ce régiment bourguignon avoient été sauvés ».
Preuilly a été croiser devant Porlo-Longone sans pou-
vendre leur blé sans passer par leurs mains. Us agissent présentement de tout leur pouvoir pour tenter à rompre. Car ils pressent M. de Vivonne de vouloir fixer le tarif du blé sur ce qu'il est extrêmement enchéri depuis quelque temps. 11 a été vendu jusqu'à trente huit livres la salme. Mais je me suis toujours opposé autant que j'ai pu à tous les règlements que les dits jurais ont proposés soit sur le pain, soit sur le blé. » 1. Parmi lesiiuels le vaisseau amiral le .Sainte-Anne.
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voir rien contre le vaisseau espagnol réfugié « dans le fond plus éiroit (lu port, comme dans un bojau ».
Du Qucsne croisa devant Porto-Longone jusqu'au 18, y laissa deux vaisseaux et vint mouiller dans la rade de Piombino. Plusieurs barques génoises furent prises. — (Ms. de Polignac, cinnùe 1611, n" 29.)