Cf. plus haut p. 151, 160 et
[^f,^J^] uv MARÉniAi. de VIVONNE. 189
CCCCLVII.
PlKUUK AUNOL'L AU DUC DE VrVONNE.
[Toulon,] 3 mars 1677.
Arnoul apprend i» Vlvonne l'arrivée de Du Quesne. « Il vint mouiller il y a quatre ou cinq jours aux îles d'Hyères et il est depuis deux jours dans cette rade. Il se dispose à passer son équipage et son canon dessus le Monarque, ne jugeant pas h propos de se servir davantage du Saint Esprit. »
Ce convoi serait parti depuis longtemps s'il ne fallait pas attendre les 1 800 hommes qu'il faut y embarquer. Stouppa est h la iiHe des Suisses. Un second convoi suivra le premier le plus lot possible. —{Ms. de Polignae, année 1611, n" .")S.)
CCCCLVIII.
Le duc de VivoxNE a Seignelay.
[Messine,] 6 mars 1677.
Vlvonne recommande au roi le commandant de tartane
Mourche, chargé du transport des dépêches et qui, grâce
h sa bravoure, échappa par deux fois aux ennemis, mais
fut blessé dangereusement. Il faudrait le nommer capitaine
de brûlot'.
Il recommande aussi le Messinois Caffaro dont deux 61s servent dans la marine et auxquels il faudrait donner le brevet de capitaine ou d'enseigne et le gentilhomme luc-
1. Sur la convention établie un peu plus tard avec les Espagnols pour assurer la libre circulation des courriers français en Méditerranée, voir plus loin la lettre n" D, note.
190 CORRESPONDANCE [lOÎT]
quois, commnndeur F;ilinclli, qui habite Augusla. Il faudrait lui donner une abbaye en récompense de sa sollicitude pour les troupes françaises ii Augusla. — [Minute : Fr. 803.'i, fol. 58; Ms. de Polignac, année 1611, n° 28.)
Du QUESNE AU DUC DE VrS'OXNE.
Toulon, 7 mars 1677.
Du Quesne apprend à Vivonne que la dernière compagnie suisse n'arrivera h Toulon que le 19 ou 20 mars. Du Quesne l'attend pour partir et e.xpédie à Messine trois ou quatre bâtiments chargés de vivres. Il compte partir luimême le 25 mars. — (Ms. de Polignac, année 1611,
Du Quesne au duc de Ywonne.
[Toulon,] s. d.
Du Quesne rend compte de sa traversée depuis sa séparation d'avec Preuilly dans le canal de Piombino. Il arriva le 25 aux îles d'Hyères, d'où il gagna Toulon. Le premier convoi pour Messine est prêt h partir. « Le sieur de Vauvré est allé en cour. Je lui ai baillé un mémoire... » Nouvelles de la flotte et du commandement de divers vaisseaux. Du Quesne préférerait monter le Montirt/ite plutôt que le Roycil Loiiis^ .
« Je suis destiné pour monter le grand vaisseau. J'ai dit mes raisons pour faire connoître rjue je ne voyois pas que
1. Probablement pour ménager raiiiour-propre Je Vivonne. Cf. p. 201 et 207 et note 2.
(lf,771 niT MARÉCHAL DE VIVONNE. 19»
1(- snnifc s'y Iroiivo et <\\tc le Monarque w roiivicndioil mioiiv. D:ms huit ou dix jours j'en altends r.ponsp. « — (Ms. de l'(>lii,'niir. iinnre ifill , n° 72.)
CGCCLXl.
Lk 1)1 r. I>F, ViVONXK A Loivois.
Messine, 8 mars 1677.
Vi\onnc rend compte d'un mouvement des ennemis le Ion" des ^-,'068 françaises. Mesures prises à celle occasion. Vivonne demande avec instance de l'argent et du l)lé envoyés régulièrement. Vivonne a appris la perle de deux navires ennemis et intervient en faveur de deux Italiens (|ui servent bien le roi, Caffaro et le comte d'Avarna, aux- ([uels on pourrait donner des charges de commissaire et de lieulenaul général de Tartillerie en Sicile.
« Les ennemis ayant reçu depuis quelque temps un secours assez considérable d'infanterie et de cavalerie qui fut débaniué h Païenne, nous crûmes ces jours pas.sés qu'ils avoient formé le dessein de venir attaquer Taormina ou Gesso, parce que nous leur vîmes faire un mouvenieni sur nos frontières. Ils envoyèrent premièrement beaucouj) de paysans s'emparer d'un village appelé Limina, qui s'éloil déclaré pour nous. Quelques jours après, ils en firent marcher d'autres aux environs de Gesso avec quelques troupes; dans le même temps, il en parut un autre corps sur nos montagnes voisines de Messine. Nous crûmes que nos ennemis, agissant en gens de guerre, vouloienl faire marcher des troupes de Milazzo sur Taormina et que pour nous couvrir leur marche ils avoient fait avancer vers Messine ces paysans. Mais depuis nous avons appris que les ennemis s'étoient retirés sans (jue nous ayons pu pénétrer au vrai la cause de cette levée de boucliers.
« Les précautions que je pris dans celte occasion furent de faire un détachement des troupes de Messine sous le commandement de M. de Mornas, (|ui s'avança jusques h Savoca, et M. de La Viiledieu sortit de Taormina avec partie de sa garnison pour aller à sa rencontre. Apprenant que les ennemis s'étoient retirés de Limina, M. de La Viiledieu rentra dans Taormina et M. de Mornas s'en revint ici. Ce dernier fit ce qu'il put pour empêcher qu'on ne portât aucun dommage à ce village, mais les paysans voisins ne purent être retenus. Ils) firent quelques dégâts par le feu.
« Depuis que M. de Mornas fut revenu, ayant appris que les ennemis s'étoient retirés, nous avons eu quelques satisfactions, parce que nous étions en une très fâcheuse situation, n'ayant ni argent, ni blé pour nos troupes, les munitionnaires étant absolument épuisés d'argent et de crédit par les grandes avances qu'ils ont faites. Sur quoi je ne puis m'empêcher de vous supplier encore d'agir envers Sa Majesté afin qu'EUe ne nous laisse point dans celte extrémité. Cela se peut éviter en faisant passer régulièrement de l'argent en ces quartiers. C'est tout vous dire, Monsieur, que Taormina, qui est tout ce que nous avons de plus précieux, et Gesso ont ordinairement trois ou quatre jours de pain, de sorte que s'ils sont atta(|ués ils n'ont pas de quoi faire une défense. » — [Minute : lîibl. nat., Fr. 8033, fol. 52; Ms. de Polignac, année 1611, n° 26; Arch. de la Guerre, vol. 610, n» 17.)
ccccLxn.
Le duc de VrvoxxE au m.\rquis d'Amfreville.
Messine, 9 mars 1677.
Ordre d'aller croiser aux caps Spartivento et Passaro et de ramener les vaisseaux anglais chargés de blé s'il s'en ren-
[1077] nn MARÉCHAL DE VtVONNE. 193
contre. — (Minute : Fr. 8033, fol. 39; Ms. de Polignac, année 1617, n° 22.)
Il est ordonné à M. le niar(|uis d'Anilreville, capitaine du vaisseau du roi le Fortuné, de mettre incessamment à la voile avec les vaisseaux le Sage et le Vaillant et un brûlot commandé par le capitaine Verguin pour aller croiser en sortant de Messine. Ils feront leur route vers le cap Sparlivento, où, étant arrivé, le dit sieur marquis d'Amfreville se séparera des deux autres, qui demeureront à croiser sur le dit cap autant 'lue leurs vivres le permettront. Et lui s'en ira au cap Passaro et à Auf,^usta; et, après s'y être montré et avoir su des nouvelles de l'état de la place, il croisera sur le cap Passaro autant que ses vivres le permetti-ont et puis s'en reviendra aussi bien que les autres vaisseaux en cette ville. Si dans le temps (ju'ils seront dehors ils rencontrent quelques vaisseaux anf^lois charj^és de blé pour les ennemis, ils les emmèneront dans ce port S prenant garde de ne iaii-e aucune chose avec ceux de cette nation qui puisse causer de l'embarras.
Fait à Messine, le 9' mars 1677.
CCCCLXIII.
Louis XIV AU DUC DE VrVONNE.
Coiulé, 10 mars 1677.
Ia' roi oriloiine à Vlvoniie de renvoyer les galères en France en septembre, à moins (]ue les forces ennemies ne
1. Sur les nombreuses prises de marchandises faites à cette époque par les Frani;ais et les Messinois, voirie n" DLU, note. II • 13
\<i\ COUUICSrONnANCE IHJ?]
soienl telles (jiie le corps entier des <,'al(Tis iic doive rester il Messine. — (Ms. de Poligniic, iniiu'e 1611 , "" 188.)
CGCCLXIV.
LOUVOIS AU DUC DE ViVO.NNK.
Au c:ini[) (levuiU Viilcnciciines, 10 m;irs 1677.
Le roi veut liien eiilieleiiir deux aides de e;ini|) de Vivonne .h raison de cent crus [):ir mois chacun. Il envoie à Vivonne 24 000 livres pour subvenir à ses besoins*.
« Je vous envoie le brevet de cornette de la compagnie mesire de camp de Lhéry que vous avez demandé pour M. le marquis de Mortemart. » — (Ms. de l'olignac, année 1611, n" 129; Arch. de la Guerre, vol. 519, fol. 100.)
CGCCLXV.
Le duc. de VrvoxxE .s. Loirvois.
Messine, 11 mars 1677.
Vivonne renouvelle ses instances pour avoir de l'argent pour payer les troupes depuis longtemps sans solde et se plaint de l'intendant d'Oppède.
« J'ajoute ce mot aux lettres que j'ai déjà données à un patron de tartane qui retourne en France pour vous dire
1. Le 18 mars, Louvois, dans une nouvelle lettre, raconta à Vivonne les péripéties du siège et de la prise de Valenciennes [IbicL, n° 130). Le roi ordonna à Vivonne « de faire tirer le canon des vaisseaux qui sont en mon port de Messine avec toutes les démonstrations de joie en pareil cas accoutumées », en l'honneur de ce succès (Ibid., n" 100; Arch. de la Guerre, vol. 519, fol. 189).
r:m{,'()issc oii je inc trouve. Le vice roi d'Espagne doit être le 15" de ce mois à Milaz/.o pour entreprendre quelque iliosc sur notre frontière. Ccpendnnt, le convoi n'est point encore arrivé el nous n'avons pas un seul sol pour donner aux troupes. Je fais chercher quatre mille écus et j'offre de mettre tout ce que j'ai en fjage pour cela, afin de pouvoir payer un prcH aux troupes qui est déjà échu et empêcher par ce moyen la désertion de l'armée, huiuelle, en vérité, est h plaindre des extrémités où elle se trouve réduite. Les capitaines n'ayant plus de quoi pouvoir avancer aux soldats, je crois que j'aurai de la peine à trouver celle somme d'arf,'ent, et si cela arrive de la sorte je ne puis pas pouvoir répondre de retenir les soldats, d'autant plus que, comme je vous ai mandé, nos places sont ouvertes de loulcs parts el qu'on ne peut absolument empocher la désertion qu'en les payant.
« A ce mal là il s'en joint un autre, qui est que M. l'Inlendant ne me donne pas les moyens de fournir de pain aux troupes messinoises (pii sont établies dans les villages oi terres de nouvelle acquisition pour les soutenir contre i.-s courses des ennemis. » — {Minute: Bibl. nal., Fr.8033, fol. 55; Ms. de Polignac, année 1611, n" 27.)
cccaxvi.
De Manse au duc de Vivonne.
Marseille, 12 mars 1677.
De Manse assure h Vivonne qu'il fait diligence pour que dix galères soient prèles le l" août ii partir pour Messine. Deux galères resteront pour garder les côtes de Provence'. — (Ms. de Polignac, année 1611, n" 56.)