‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 92 sur 171 · Lf 19 mars, Arnoul avait déjà annoncé à Vivonne cet · texte numérisé non relu

Lf 19 mars, Arnoul avait déjà annoncé à Vivonne cet

[1677] nr MARÉCHAL DE VIVONNE. «99

[);u- un iri-s {{raïul remerciemcnl de la bonté avec laquelle vous m'écrivez cl des expressions d'amitié dont vous m'honorez en l'une et l'autre de ces dépêches. Vos sentitncMits soiii si ohli<,'eants pour mon sujet que je ne saurois ni trop tôt ni avec des termes assez forts vous témoi<,'ner ma reconnaissance, puisque rien n'anime si puissamment un honniHe homme que de voir ses services considérés par un personnaj,'o dont le discernement est aussi bon que le vôtre.

« Je puis vous assurer aussi. Monsieur, que ma joie est pari'nitc .M (pio j'ai lieu de m'estimer le plus heureux lionimc du monde et le plus oblijfé d'exposerloules choses pour le service de Sa Majesté. Le roi. Monsieur, a extrêmement applani toutes les difFicultés dont j'ai été environné iu8<]ues il présent dans l'alTaire de Sicile par la déclaration que vous me faites de sa part que Sa Majesté prend plus à creur (jue jamais l'entreprise de ce royaume. En cflFet, que pouvois je souhaiter davantaj^c que de voir la guerre se faire en ce pays avec de plus firos secours et de la même manière qu'elle se fait en Flandres et en Allemagne? »

Vivonnc remercie le roi de la promotion de Mornas, de La Villedieu et de l'arrivée des sieurs de Montauban, de Casaux et Camus de Morlon'. « Avec de si bons seconds on ne peut que bien faire et ce n'est pas une médiocre fortune d'avoir il servir son maître avec d'aussi bons ouvriers que sont ceux lii. »

Vivonne remercie au.ssi de la promesse d'envoyer il Messine de l'avoine et deux bataillons de Suisses. Il voudrait deux bataillons supplémentaires et deux régiments de cavalerie. Les ennemis disposent d'environ 2 000 chevaux. Vivonne n'en aura que 1 000 ii leur opposer. « Je vous demande p;(i<l(>ii. Monsieur, si. étant si comblé de biens et

envoi, rendu urgent par la situation de .Messine. Il déclarait le faire de son chef (Ms. de Polignac, annér lOTÎ, n" 50). 1. Cf. n" CCCCXXMl cl p. 185.

d'honneur de la part de Sa Majesté, j'ose former de nouveaux désirs. »

Vivonne est heureux des j:ecrues qu'on lui envoie; il voudrait une équipe de munition et d'artillerie, bien que les villes h prendre en Sicile soient au bord de la mer. Il explique qu'il ne demande que peu d'argent pour restaurer les fortifications et la nécessité pour Messine d'avoir une provision de blé. Il faudrait que le roi y employât 200 000 livres. Les marchands ont toute liberté pour vendre leur blé à Messine, mais cela n'a pas ramené l'abondance et la ville est sans argent pour acheter du blé.

Selon le désir du roi, Vivonne a commencé ;i former les cadres de nouvelles compagnies messinoises que le roi veut lever pour renforcer les troupes italiennes en France et a réformé de nombreux officiers et soldats. La garnison d'Augusta a été trouvée si faible que l'intendant n'a pu renvoyer en France aucun de ses officiers et soldats. La désertion y est très grande.

Il recommande h Selgnelay Gaifard, (|ui retourne en France. Il parle bien l'italien et est fort capable et apprécié. Vivonne recommande aussi le chevalier de Lhéry, maître de camp, dont le régiment de cavalerie, grâce h ses soins, reste en bon état sans avoir reçu des recrues, et qui s'est brillamment conduit à Augusta. Il pourrait être un très bon brigadier.

Les 500 000 livres amenées par le convoi de Valbelle sont dues à l'avance, les troupes n'ayant rien touché depuis le 1"' janvier. Elles ne pourront donc pas servir à remonter la cavaleiie et il faut un supplément de fonds.

Vivonne demande deux Jésuites français pour confesser ses soldats. « Il faudroit qu'ils sus.senl aussi bien l'italien que le françois afin de pouvoir montrer la langue à la noblesse de Messine, laquelle désire passionnément des maîtres pour leurs enfants à ce sujet. »

Vivonne recommande encore plusieurs ollicicrs. —

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(Minule: Fr. 8033, fol. OG; Ms. de Polignac, année 1611,

CCCCLXXII.

Le duc de VivoxxE a Seignelay.

Messine, 23 mars 1677.

Vivonii.- li-^onA aux lettres et aux ordres envoyés par la Cour. Il transmet les demandes des officiers de marine relatives à la hiérarchie dans l'armée.

« Le hasard nous a amené ici deux vaisseaux chargés de hlé, qui ont mis les muiiilionnaires en élat de faire beaucoup de farine.

« Un vaisseau comme le Royal Louis est très agréable à monter, mais on ne peut pas s'en servir en tout temps comme d'un autre de la grandeur du Sceptre. Comme M. Du Quesne est mon maître, pour ainsi dire, et que je l'estime autant que personne du monde pour sa valeur et pour sa capacité, je ne voudrois point lui ôter le mérite ♦l'une action dans un combat. Je crois qu'un honnête homme souhaite d'avoir la plus grande part qu'il peut h l'heureux succès d'une journée, et j'aurois de la peme de me voir réduit à diminuer la sienne au lieu que je serois bien aise de la relever. » — (Minute : Bibl. nat., Fr. 8033, fol. 82; Ms. de Polignac, année 1611, n" 49.)

cccaxxin.

Le ni;r, dk Vrv'OXNE a SEiG>rELAY.

Messine, 23 mai-s 1677.

« Rien n'est si grand que ce que Sa Majesté a résolu de faire, d'ajouter une vingt sixième galère parmi les horribles dépenses qu'KlIe fait ailleurs. Aussi sa gloire passe

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lie beaucoup celle de ses prédécesseurs, qui n'ont pas eu le bonheur de rencontrer des ministres ([ui concourussent fidèlement et si habilement h leurs desseins. »

Vivonne est heureux de recevoir les cent forçats et les mariniers de rame annoncés par le roi. Il recommande La Brossardière au roi pour le f,'rade de lieutenant général. « C'est un si ancien serviteur de Sa M.njesté et qui a toujours tenu une si bonne conduite en toutes rencontres qu'il me semble qu'il mérite, après une si longue suite d'années et de service, de se voir élever à quelque dignité dans un temps où Sa Majesté fait des grâces à des personnes du corps des vaisseaux (jui v sont venus qu'il étoit déjà vieux capitaine de galère. »

Vivonne recommande encore quelques ofllcicrs'. — {Minute. Fr. 8033, fol. 90; Ms. de Polignac, ^mnée 1611, n»50.)

CGCCLXXIV.

Le duc de VivoxNE au duc d'Estkées.

Messine, 24 mars 1677.

Vivonne donne quelques nouvelles sur l'activité des Français pendant les mois écoulés, les renforts et les vaisseaux que le roi va faire partir de Toulon.

« J'ai reçu votre lettre du 2° février avec celle de M. l'abbé d'Estrades le 14" mars par le retour de M. de Preuilly du canal de Piombino. Je ne saurois assez vous remercier de l'avis important que vous me donne//'. Je vous supplie, Monsieur, de vouloir m'en écrire tous les éclair-

1. MM. de Savonniéro, le eoinmandeur de Mende, parent et ancien page de Vivonne, le baron d'OuIlières, gentilhomme de Provence.

2. Il s'agit des mines à retardement que les Espagnols préparaient à Milan pour Messine. Ct. n" CCCCKIA'I.

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fissompnis que vous en pourrez avoir, afin de pouvoir prévenir un m:.l aussi dano;ereux et aussi caché que celui là.

(( L'hiver s'est passé sans que nous ayons rien entrepris sur les ennemis ni eux sur nous. Ils se sont contentes de rentrer dans un village qui s'éloit donné h nous par la trahison des habitants. M. de Mornas sortit de Messine h la tète de quelque infanterie et de quelque cavalerie pour |<.s repousser et punir ces paysans infidèles; mais les ennemis ne iu),-èrenl pas h propos de rester dans le village et quand nos troupes y arrivèrent ils en étoient sortis aussi l)ien que les habitants.

« Il est arrivé un petit convoi chargé de vivres pour les vaisseaux et les galères, mais nous en attendons un autre ,|ui doit arriver dans quelcpies jours et qui apportera dix huit cents Suisses. Cela sera suivi d'un autre beaucoup plus important dont on nous fait espérer le départ de Toulon au commencement d'avril. Il .sera composé des plus beaux et des plus gros vaisseaux que le roi ait dans ce port là, le Hoi/nl Louis h la tète. Le reste des troupes de terre que Sa Majesté envoie en Sicile arrivera parées moyens, cl l'on dit qu'avec les Suisses elles pourront faire 6 000 hommes. Cette infanterie sera accompagnée d'un régiment de cavalerie de huit compagnies. » — (Minute : Fr. 8033, fol. 94; Ms. de Polignac, année 1611, n" 53.)

CCCCLXXV.

Le duc de Vivoxxe a l'.\bbé d'Estuades.

Messine,] 24 mars 1677.

Vivonnc prie d'Estrades de continuer à s'informer de tout ce que les ennemis préparent contre Messine et de l'en informer'.

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