‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 93 sur 171 · CI. n" a;a:\LVi · texte numérisé non relu

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20 s CORRESPONDANCE [Ifi??]

« Il ne s'est rien fait de considérable en Sicile cet hiver, et si les ennemis n'éloient pas entrés dans un de nos villages par la trahison des paysans, nous l'aurions passé le plus tranquillement du monde. Cette petite boutade fut d'abord modérée par la sortie de M. de Mornas h la tête de quelques troupes d'infanterie et de cavalerie et l'on ne trouva pas une âme dans ce village révolté. Les habitants, dont on auroit fait un exemple, s'étoient retirés avec les ennemis. »

Vivonne attend 1 800 Suisses et en avril le reste de l'infanterie et de la cavalerie que le roi a destinée a son service en Sicile. Il pense avoir alors 6 000 hommes et 500 chevaux. — {Minute: Fr. 8033, fol. 96; Ms. de Polignac, année 1611 , n" 55.)

CCCCLXXVI.

Le duc de Vivo?ofE a Arxoul.

Messine, 26 mars 1677.

Vivonne accuse réception d'une « boîte de diamants » destinée par le roi à CafiFaro*. Le roi a si abondamment pourvu h tout ce que Vivonne désirait pour les vaisseaux et les galères qu'il n'a plus rien h demander.

Il demande un quintal de salpêtre pour réparer la poudre et mille petits boulets pour des canons de petit calibre qu'il veut emporter en campagne. — {Minute : Fr. 8033, fol. 99; Ms. de Polignac, année 1611, a" 60.)

1. 11 s'agit d'un portrait du roi enrichi de diamants dont Louis XIV avait fait cadeau à Tournaso Caffaro pour le remercier de son dévouement à la cause française à Messine. Ce bijou avait été apporté à Messine avec le courrier par Etienne Jean.

[IG77] OU mahéciul de vivonne. 205

CCCCLXXVII.

Le duc de VivoxNK a Seignfxay.

Messine, 27 mars 1677.

Les (jualorzc galères de Messine ne pourront aller au-devanl des dix qui doivent venir de Provence que le 20 avril, car leur espalmag^e ne sera pas terminé auparavant et elles n'ont pas les deux mois de vivres nécessaires pour ce voyage. Elles attendent donc l'arrivée du convoi de Valbellêl.

Vivonne donne ordre aux deux vaisseaux qui croisent devant Porto-Longone de rentrera Messine, car il a appris c|ue les dix vaisseaux espagnols de Palerme doivent sortir pour aller h Naples et il craint ([u'ils ne se rendent à Porto- LongoneK— (Minute. -Ft. 8033, fol. 100; Ms. de Polignac, année 1611, n» 61.)

CCCCLXXVIIl.

Le dcc de Vivoxxe a Loirvois.

Messine, 27 mars 1677.

Vivonne demande deux bataillons et deux escadrons supplémentaires, car les ennemis ont reçu récemment de

1. Dans une lettre à Manse Vivonne donnait les mêmes avis, 26 mars 1G77 ^Bibi. nat., Fr. 8033, fol. 97, et Ms. de Polignac, année 1611, n° 57).

2. Le même jour, Vivonne donna ordre au capitaine du Menet d'abandonner la surveillance du vaisseau espagnol à Porto-Longone et de rentrer à Messine pour éviter une rencontre avec la Qolte espagnole [Ibid., n° 62, et Bibl. nat., Fr. 8033, fol, 102).

20G COURESl'ONDANCE l^'^^l

nouvelles troupes « fort bonnes ». Us mU 1 000 hommes de bonne cavnlcrie régulière, sans ikmI.t .le la cavalerie sicilienne. « Pour peu qu'on fasse des profères, les garnisons vous niellent tout aussitôt hors d'état de tenir la campagne. »

Les Siciliens hésitent à se donner » la France en voyant la faible armée qu'elle a en Sicile et surtout la pénurie du blé qu'elle a h leur donner.

(, La somme de cinq cent mille livres que le roi envole ne sera pas sufEsante pour pouvoir bailler h la cavalerie qui est ici de quoi se remonter. On doit aux troupes depuis le 1" janvier. C'est pour cela, Monsieur, que je vous prie de vouloir une fols voir, suivant les étals que vous envole M. l'Intendant, h quoi monte la dépense de Sicile et d'avoir la bonté de dire à Sa Majesté qu'il serolt de son service qu'il y eût Ici toujours deux mois d'argent d'avance, autrement si nous sommes obligés de vivre comme nous avons vécu jusqu'à présent son service ne peut pas bien aller. » Vlvonue se plaint de l'intendant d'Oppède, qui ne met pas en adjudication les biens des Merll saisis dans la campagne de l'année précédente. « Je ne dois pas celer au roi qu'il m'ennuie extraordinairement de voir un embarras continuel entre Messine et M. l'intendant. » — {Minute : Fr. 8033, fol. 103; Ms. de Pollgnac, année 1611, n°66; Arch. de la Guerre, vol. 610, n° 20.)

CCCCLXXIX.

Le DUC DE YlVONNE A LOUVÛlS.

Messine, 2 avril 1677.

Vivonne entrctlenl Louvois de la subsistance et de l'administratlon de Messine. Il a assemblé le Sénat che. lu. pour le consulter et rend compte de cet entretien.

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lic.iuc(>ii|) de blé csl ciilré par fraude dans Messiue sans payer lu ^'abelle sur les blés, linviron 40 000 salines de blc n'ont pas accjuitlé la taxe.

Un ffrand nombre de vaisseaux français elde boulangers Iraneais (jui travaillent à Messine refusent de se soumettre au ((mlrôie du portulan, sorte d'oHicier de douanes. Il s'ensuit que le produit des gabelles en souffre et que les Messinois (jui les ont affermées se plaignent d'iHre appauvris par les Français. Vivonne demande que ceux-ci se soumettent à cet usage comme le faisaient les Espagnols.

L'année précédente les galères manquant de vivres, il fallut en prendre dans les magasins de la ville, ce qui mécontenta le Sénat, car on défalqua sur les registres des gabelles les droits d'entrée déjà inscrits, et le bruit courut (juc les Français fraudaient les gabelles.

F>e comte d'Avarna, brigadier des troupes messinoises, n'a droit à aucun traitement, mais demande « quelque grâce » de la part du roi. — {Minute : Fr. SO'3'.i, fol. 106; Ms. de Polignac, année 1677, n° 67.)

CCCCLXXX.

Le duc de VivoxxE a Du Ques.xe.

Messine, 4 avril 1677.

Vivonne regrette que Du Quesne attende l'arrivée de la dernière compagnie suisse, mais le remercie de son zèle.

« Je vous suis très obligé, mon cher Neptune, de la pensée que vous avez eue de monter le vaisseau le Afi>nai(/UL'^. Mais je vous prie de croire que vous serez toujours le maître avec moi, et quelque part où se porte votre choix il me sera toujours agréable^. »

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