‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 94 sur 171 · Cf. p. 201. Malgré les bonnes dispositions de Vivonne à · texte numérisé non relu

Cf. p. 201. Malgré les bonnes dispositions de Vivonne à

Vivonnc demande des petits canons fabriqués à Lyon avec leurs boulets, plus iransporlables que les gros dans les montagnes de Sicile. — [Minute : Fr. 8033, fol. 123; Ms. de Polignac, année 1611, n" 73.)

CCCCLXXXI.

Le duc de Viyo?we a Loinois.

Messine, 5 avril 1677.

Plusieurs vaisseaux sont partis avec M. de La Barre' pour l'Orient afin de chercher du blé, mais ils ont grand'peine à en trouver. Vivonne se trouve donc dans un grand embarras pour nourrir Messine"-. Pour y remédier, il propose que

l'égard de Du Quesne, les marques fréquentes de son estime et la complaisance dont le maréchal faisait preuve constamment, les relations entre Vivonne et Du Quesne ne laissaient pas d'être parfois très tendues, Du Quesne ayant quelquefois peine à obéir sans opposer une résistance plus ou moins vive aux ordres qu'il recevait. Vers la fin de Tannée 1677, Colbert intervint dans un différend au sujet dune question de service et l'engagea à « avoir une déférence entière pour les sentiments de M. de Vivonne », à conserver avec lui la bonne intelligence nécessaire pour le service, le conjurant enfin de faciliter toutes choses (cf. Jal, op. cit., t. II, p. 304-306).

1. Capitaine de vaisseau. Il commandait l'Aimable. 11 avait été blessé au combat du 22 avril 1676 (Jal, op. cit., t. 11,

2. Le duc de Vivonne écrivait à Colbert, le 6 avrd 1677, que Messine ne pouvait subsister sans des magasins contenant du blé pour plusieurs mois et à moins que le roi ne lui vînt en aide pour acheter du blé.

« Jusqu'à présent on avoit dormi un peu en repos dans l'espérance que l'on tireroit un grand secours de ce convoi [de La Barre], mais cette espérance diminue tous lesjours par les nouvelles que nous apportent des barques qui viennent du Levant,

[16771 ni' MARliCllAL DE MVtiNNE. 209

(( Sa Majesté choisît en toute diligence quelques personnes riches cl enlenilues au commerce des grains et qu'Ella les ohli"eâl d'cnvover incessamment des vaisseaux chargés de blé au bastion de Livourne, en Levant et en toutes sortes d'autres endroits faire un grand chargement pour ce pays ci. Les grains y étant arrivés, ces Messieurs les distribueroient ou au Sénat ou au peuple et se paieroient eux mômes par leurs mains, s'ils n'aimoient mieux faire un traité avec le Sénat pareil à celui qu'avoit fait M. de Courville que les sénateurs présents regrettent, étant bien fâchés qu'il ait été rompu |)ar leurs prédécesseurs.

.( 11 V a longtem[)s, Monsieur, ([ue je vous avois parlé d'un certain traité proposé par un nommé Giacomo Andaloro, sans (|ue j'aie eu aucune réponse de vous sur ce sujet, le ne sais s'il y a des gens ici qui vous aient écrit au contraire de tout ce que je me suis donné l'honneur de mar- (|uer par mes lettres, mais si cela est arrivé ils n'ont pas assurément fait le service de Sa Majesté...

« Les sénateurs de Messine, ayant fait réflexion sur cet état misérable de leur ville, se sont résolus d'élire deux d'entre eux pour aller en qualité d'ambassadeurs se jeter aux pieds de Sa Majesté et lui demander secours. C'est une chose que j'ai empêchée le plus que j'ai pu, suivant ce que vous m'avez fait la grâce de m'écrire, mais quand j'ai vu les besoins pressants qu'il y a que cette ville soit assistée de (piclquc manière que ce soit, je n'ai pu davan-

parcoqu'elles nous assurent que M. de I-a lîarre a grand peine à trouver do tpioi faire son cliargeinent. Si cela est, Monsieur, et ([lie cette ressource nous manque, je ne vois pas de moyen di? maintenir Messine. A la fm. il laudra qu'elle tombe sans que li'S troupes du roi le puissent empocher, car ce sera la faim qui liiiira l'afiaire. »

11 déconseillait de su|ipi-inior on de modifier les gabelles; en le faisant, on mécontenterait profondément les Messinois [Miniitc : l'r. -SO.Ti, fol. 12'i ; Ms.de l'olignac, anncc 1617, n" l'i). Il li

240 COHRESrONnANCE [IC'"!'!

lago résister nux justes prl.-res (lu'elle m'a faites sur co sujcl, no^n seulement pour celte raison, mais encore [...u. ne les pas laisser entrer dans la pensée qu'on n'ait i)as pour eux les égards (p.'on doii avoir. Je ne sais pas de .ineUe manière ils éloienl reçus à la cour d'Espa-ne; je m'en informerai pourrons le faire savoir à la première occasion. Cependant, je me contenterai de vous dire que ces gens ci élanl extrêmement désireux d'honneur et de fumée, on les renvoiera exlrêmemenl satisfaits pour peu qu'on leur accorde d'ailleurs, si sur ce point ils ont (|ucl(iue satisfaction. » - {Minute : lîibl. nal., Fr. 8033, fol. 110; Arch. de la Guerre, vol. (HO, n» 22; Ms. de Polignac, niinéi- ÏCll , n" 68.)

CCCCLXXXII.

Le duc ue VivONiVE a Louvois.

Messine, 9 avril 1(577.

Vivonne expose les dinTicullés .pi'il y aurait à faire passer en France des troupes messinoiscs pour les incorporer dans le Iloyal-ltalien.

« La raison est que les Siciliens ne peuvent pas goùlor le service hors de chez, eux et le passage de la mer et la grande distance .pi'il y => <le France en Sicile est pour eux comme un exil plutôt que comme un service. Outre cela, les villageois marient de fort bonne heure leurs enfants en ce pays. » Vivonne pense donc que .seules les deux compagnies levées par le frère du comte .l'Avarna et le fils <le Caffaro se rendront en France.

Il propose do réorganiser les troupes messinoiscs pour

en tirer un meilleur parti en composant .juatrc régiments

de 400 hommes chacun, dont les colonels .seraient français

et les capitaines mcssinois', et demande deux compagnies

1. 11 ainulail que ces régiments pourraient se non.t.ier : les

[1077] IM MARl'irilAL DE VIVONNE. 211

(le drafjoiis sii|)plcmciil;iiics. — {Minute : IWbl. ii:il., l-'r. 8033, fol. 114; Ms. de Poli-nac, année 1611, ii° G9; Arch. <Ii' la Cuonv, vol. OIO, n" 22.)

ccccLxxxm.

Lk i.OMMlSSAlUE LkNK.VNT AU DUC l)K VjVOXXE.

[Toulon,] 9 avril Ui77.

« Je voii.s envole l'extrail de revue que j'ai fait au régi- Micnl de M. de Sloppa le jeune. C'est un Iri-s beau ri'i,ninenl bien nombreux et de très bons hommes'. Je m'assure, Mons(M<,'neur, que vous en serez satisfait, il doit passer un second emban|uement de ciiujuante deux compai,mies françaises et un réj^'imenl de cavalerie de huit compagnies

régiments du roi, de la reine, du dauphin, du vice-roi. « La (uinée en ce pays ni produit son eilet. » On peut aussi penser (pie Vivonne, <|iii possédait déjà un régiuiont à Messine, aurait été très satisfait <piun nouveau régiment lïit créé en son honneur.

1. Ce procès-verbal, compagnie par compagnie (Ms. de Polignac, année IGll , n° 122), compte un total do 1417 hommes.

Louvois avait envoyé le 2 février à Vivonne [Ihid., n" l.'i2) If « Détail du paiement «pie le roi veut être fait au régiment suisse de Stoupa le jeune à commencer du jour qu'il arrivera en Sicile ». Les compagnies seront pavées à raison de 7 livres par liomme et par mois, déduction faite de deux sous par (■lia(|ue ration de pain de munition. Le colonel et l'élal-tnajor i-iccvront 1 !)(')0 livres, 8 sous par mois.

Louvois envoya également à ^'ivonne l'état de tous les objets d'Iiabillement, d'équipement et des armes achetés pour ôlre envoyés à Messine pour l'infanterie et la cavalerie (Ibid., n"' l.'{3 et 134) et, le 0 avril, exprima le refus du roi d'indemniser le mar<piis de San 'l'eodoro par une grosse somme d'argent comme le désirait Vivonne (Arch. de la Guerre, vol. 520, fol. !).S).

242 CORRESPONDANCE [ll'''''^l

qui csl (lojh (l;ins la piovincc, très bon régîmcnt et fort nombreux. » — (Ms. de Polignac, année 1677, n° 121.)

CCCCLXXXIV.

L'nn-ENDANT ArNOUL au duc de VlVONNE.

Toulon, 10 avril l(w7.

Arnoul explique que le reU.r.l <lu [nemicr convoi « n'est pas venu du côté de la marine et qu'il y avoit déjà longtemps que les vaisseaux éloient prcMs ... Il travaille en .rrande hâte au départ du second convoi. Il sera composé de très nombreux vaisseaux'. — (Ms. de Polignac, année 1671, n° 124.)

CCCCLXXXV.

MÉMOIRE POUR SERVIR A M. GaFIARD.

[Messine,] 10 avril 1677.

Exposé succinct des diverses questions dont Gaffard doit entretenir Louvois de la part de Vivonne : l'augmentation des troupes françaises, la réorganisation des troupes messinolseset des dragons, demande d'argent pour le matériel, les fortifications, la nécessité de maintenir les gabelles, les dliricultés économicjues de Messine.

1 Du Qnesnc, de son côté, annonçait à Vivonne lo 10 avril que'le convoi était en étal de partir cl décrivait le Royal Louis que le roi lui ordonnait de monter pour le lui amener [Ibid.,

Le premier convoi .nit à la voile le 10 avr.l, dr loulon. Le chevalier de Vall.ellc le commandait, omb.ir<iué sur le l'ompcux, suivi du niznrrc (capitaine, M. de Vaudricourl) et du Duc. (capitaine M de Montbron). Les Suisses de Sloppa, des vivres et des munitions él.iionl à bord (cf. Jal, op. cit., t. H, p. 301).

(1077) nu MAnKCiiAi. nv. vivonne. 213

(( [| fcni l<>iit ce (ju'il pourra pour f(uérir l'i-spril ilc .M. (le I.ouvois sur les pensées qu'on peut lui nvoir données (|u'on peut faire en ce pays tout ce qui se fait en Flandres louchaiil les impositions el les contributions cl fera connoilre la différence qu'il y a de ce climat ci au climat de là bas. » — {Minute : i$ibl.'nal., Fr. 8033, fol. 120; Ms. de Polif,niac, iinnt'c il'tll, n" 7F): publié par K. Sue, op. cit., l. 111, p. ■Vy^.)

cccaxxxvi.

L\ Vll.LKDIEU AU DUC DE VlVON.NE.

Taormina, 10 avril 1677.

La désertion des troupes messinoises et les mauvais services de leurs officiers. — (Ms. de Polignac, année 1677, n° 76.)

La di-sertioii continue de nous metlre ici au désespoir. Les deux compagnies de iMessinois que nous devons avoir ne font presque aucun service ; il n'y a que les seuls officiers de présents. Les capitaines m'ont demandé con^é il'aller à Messine pour deux jours. Il y on a |)fès de quinze que le sieur Minganli est parti. Le sieur île La Cavozza m'avoit demandé congé pour aller à Forza, d'où il m'écrivit le lendemain (ju'il étoit obligé, pour des raisons très pressantes, d'aller à .Messine, et par cette même lettre il me demandoit congé. Je lui mandai donc de faire partir incessamment le sieur Minganti atin (ju'il y eût toujours au moins l'un des deux. C'est de l'argent perdti (juc d'entix'tenir ces deux Messieurs là. Il n'y a pas moyen de faire tenir leurs soldats à leur poste. La plupart sont des paysans de la côte à qui ils ne donnent que le pain et (|ui n'ont pas l'assurance de demeurer hors des postes de cette ville. Je vous supplie. Monseigneur, de nous envoyer

<2^^ rOURESPONDANCE [""'''''1

les dits capitaines après leur avoir parle- un pou sévèrement.

L'on vient de nous ramener un de nos déserteurs du côté de Mon-ium. Il est irun i;rand e\emi)le de le punir suivant les rigueurs des ordonnanees du roi, c'est à dire que de le faire pendre et de le laisser ensuite exposé au public.

C'est pour cela que j'envoie à Messine pour vous prier, Monsei-neur, d'ordonner qu'on nous envoie dès demain, sans perdre de temps, l'exécuteur de la justice. Il y a plusieurs soldats à qui la peine d'ètie pendus fait un plus grand effet que celle de faire passer par les armes. Ce sont les paysans de Mongiuffi qui nous ont pris et amené le déserteur.

Je vous ai déjà mandé qu'il y avoit à ce village là celui qu'on nomme le gouverneur, qui est un homme non seulement bien intentionné pour nous, mais très vigilant et qui fait des merveilles dans ces montagnes. Je vous l'aurois mandé si vous lui vouliez donner une compagnie entretenue. Vous ne m'avez sur cela fait aucune réponse. Je crois, ^lonseigneur, que vous ne sauriez en donner à aucun qui s'en acquitàt mieux que lui. Cela seroit fort nécessaire non seulement pour o-arder leur terre', mais encore contre nos déserteurs parceque cette compagnie étant entretenue sei-oit toujours sur les passages. Comme ils ne sont pas payés et qu'ils n'auroient pas de quoi vivre ils ne le peuvent faire. Faites-moi l'honneur, s'il vous plait. Monseigneur, de me faire réponse-' sur cela. Je suis, avec tout le respect possible...

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