‹ Correspondance entre George et Gustave FlaubertChapitre 38 sur 63 · Il s'agit toujours de V Autre · texte numérisé non relu

Il s'agit toujours de V Autre

A GUSTAVE FLAUBEUT

Dimanche soir, -^0 février 1870.

Je suis sortie aujourd'hui jiour la jiremièro fois, je vas; mieux, sans être Lieu. Je suis tourinenlée de n'avoir pas de nouvelles de celle leclure de la féerie. Es-lu conlenl? onl-ils compris? L'Antre passera jeudi, vendredi au plus, lard.

Ton neveu et ta nièce iront-ils aux fauteuils de galerie ou de balcon? Impossible d'avoir une loge. Si oui, un mot et je t'enverrai ces places sur mon lot — qui, comme toujours, ne sera pas brillant.

Paris, février 1870.

C'est pour vendredi. Donc je dispose des deux fauteuila que je destinais à la nièce.

Si tu as un moment de répit et que tu entres à l'Odéon ce soir-là, lu me trouveras dans la loge de l'administration,, avant-scèue rez-de-chaussée. J'ai le cœur gros de tout ce (pie tu me dis. Te voilà encore dans le noir, dans le triste, dans le chagrin. Pauvre cher ami ! Espérons encore que

tu sauveras ton malade, mais tu es malade aussi, et je me tourmente bien pour toi, j'en suis toule accablée ce soir, au reçu de ton billet, et n'ai plus le C(pur à rien.

Un mot (juand lu [leux, ]tour me donner de tes nouvelles.

G. SAND

Pari^;. -2 mars 1870.

Pauvre cher ami, tes malheurs me navrent, c'est trop coup sur coup et je pars samedi malin le laissant dans toutes ces douleurs! Veux-tu venir à Nolianl avec moi, changer d'air, ne fût-ce que deux ou trois jours. J'ai un coupé, nous serions seuls et ma voiture m'attend à Cliâteauroux. Tu serais triste chez nous à ton aise, nous avons aussi un deuil dans la famille. CJiangement de logement, de figures, d'habitudes, cela fail quelquefois un bien physique. On n'oublie pas son chagrin, on force son corps à le supjjorter.

Je t'embrasse de loule mon àme. Un mol et je comple sur toi.

Mercredi soir.

Nohant, 11 mars 1870.

Comment vas-tu, mon pauvre enfant? Je suis contente d'être ici, au milieu de mes amours de famille, mais je

suis triste tout de même, de t'avoir laissé chagrin, malade cl contrarié. Donne-moi de les nonvelles, nn mot dn moins, et sache bien que nous nous lourmentons tous de tes ennuis et souffrances.

G. SAND

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