‹ Correspondance entre George et Gustave FlaubertChapitre 5 sur 63 · I.o timbre de la poste porte Palaiseau, 9 mai · texte numérisé non relu

I.o timbre de la poste porte Palaiseau, 9 mai

Paris. 10 mai 1S66.

Monsieur Flobaire, faut que vous soïel un vraie arsouille pour avoir prit mon nom et en avoir écrit une lettre à une

dame qu'avai des boutées pour moi que vous y avez sandoulte étée reeue à ma plasse et héritée de ma quasquete dont gai ressue la votre en plasse que vous y avé laisser. S'est des salletées de conduilte de sette damme et de la vôtre faut panser ([ucle man(iue bien d'educassion Et de tous Ses sentiment quele doit d'entendre les poliçonerie infect que vous y ecriver et se trompée sur nos stilles. Ci vous ète contant d'avoir écris Fanie et Salkenpeau, moi je cuit contant de les avoir pas lut. Faut pas vous monté le bourichon pour sa. Geai vue su des journos que s'était des vilenit contre la Religion où je cui rentrer dans son sin depuis le pênes que geai ut de cette dame quele mont lai rentrer en moi même et repentir de mes eqsès avec elle, et pourlor si je vous rancontre avec elle que je ni lient plus, vous orrez mon point sur la gueuUe. Sa serat la Reparassion de mes pécher et La punission de vos infamie ansanble. Voilla ce que je vous dit et vous salut.

GOULARl).

A Palaisot, ché les Fraircs.

Il mon bien dits que j'étais punit de frécantée des lil de Téalre et des hauteur.

ET GUSTAVE FLAUBERT o

Monsieur t *JtU L U «t k \H rr^

Après les recherches les plus scrupuleusement conii)innées j'ai enfin retrouvé le caddavre de mon frerre bien aimé. Vous ettes dans les belles- lettres et vous auriez etté fi'apjié de la csplendeure de celle cène ce caddavre qui fut un Frerre ellcndu nonohalamant sur b-s bords d'une Fosse imi)urre un mommenl j'ai oublié ma douUeur pour contempler il était bon ce jeune homme que les allummeltes ont tués mais le vrai couppable c'est celte femme que les pasions on enlrennées dans ce courranl desordonés ou notre malheureux payis est à l'heurre qu'il est plus à plaindre a blammer car il y a encore des hommes qui ont un e(pur vous ipii vous exprimmez si bien diltes lui a celle sirenne quelle a détrui un grand citloyen je n'ai pas besoin de vous dire que nous contons sur vous pour lui creuser sa noble tombe ditles aussi à Silvanit quelb; peut venir nonobestant car l'edducalion moblige a lui ofiir un verre de vin jai l'honneur de vous saluer.

,)'ai l'honneur de saluer aussi Silvanit pour laijuelle je suis un frerre bien à plaindre.

GOULARD aîné.

Ayez donc la complesance de remollre à Silvanit les dernierres voUontés de mon pauvre Théodore.

Lettre écrite par Eugène Lambert.

YI

Palaiseau, 11 mai 1866.

Ceci n'est pas une lettre de Goiilanl. Il est mort! Le faux Goulard l'a tué en le surpassant dans le réel et le comique. Mais aussi, ce faux Goulard ne se prive de rien, le drôle !

Cher ami, je viens vous dire que je désire vous dédier le roman qui va paraître. Mais comme chacun là-dessus a son idée — comme dirait Goulard, — je veux savoir si vous m'autorisez à mettre simplement en tète de ma première page : à mon ami Gustave Flaubert. C'est une coutume que j'ai prise de mettre mes romans sous le patronage d'un nom aimé. J'ai dédié le dernier à Fromentin.

J'attends qu'il fasse beau pour vous demander de venir dîner à Palaiseau avec la Sirenne à Goulard, et quelques autres Goulard de votre espèce et de la mienne. Jusqu'à présent il fait un froid de chien et ce n'est pas la peine de venir à la campagne pour s'enrhumer.

J'ai fini mon roman, et vous?

J'embrasse les deux gros diamants qui vous ornent la trompette

JORJE SENS.

Goulard aîné est mon petit Lambert, il me semble qu'il est assez littéraire comme ca.

PaLiiseau, mercredi 16 mai 1866.

Eh bien, mon grand ami. i>uis(|iie vous vous en allez, et que, dans quinze jours, je vas m'en aller aussi en Berry, pour deux ou trois mois, faites donc un elïorl pour trouver le temps de venir demain jeudi. Vous dînerez avec cette chère et intéressante Marguerite Thuillier qui s'en va aussi.

Venez donc voir mon ermitage et celui de Sylvestre. En parlant de Paris, gare de Sceaux, à une heure, vous serez chez moi à deux heures. Ou, en partant à cinq, vous serez à six, et le soir vous pourrez repartir avec mes cabots^ à neuf ou à dix.

Apportez l'exemplaire. Mettez-y toutes les critiques qui vous viennent. Ça me sera très bon. On devrait faire cela les uns pour les autres, comme nous faisions Balzac et moi. Ça ne lait pas qu'on se change l'un l'autre, au contraire, car en général, on s'ohstine davantage tians son 77101. Mais en s'obstinant dans son moi, on le complète, on l'explique mieux, on le développe tout à fait, et c'est pour cela que l'amilié est bonne, même en littérature, où la première condition dune valeur (pielconque est d'être soi.

Si vous ne pouvez pas venir, j'en aurai mille regrets, mais alors je conqite bien sui" vous lundi avant le diner.

Au revoir et merci pour la permission fraternelle de dédicace.

G. SAND

y III

A GEORGE SAND

Paris, 17 ou 18 mai 1866.

Ne m'attendez pas chez vous lundi. Ce jour-là je suis obligé d'aller à Versailles! Mais je me trouverai au Magny.

Mille bonnes tendresses de votre

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