‹ Correspondance entre George Sand et Gustave FlaubertChapitre 29 sur 73 · L'Éducation sentimentale · texte numérisé non relu

L'Éducation sentimentale

Je ne sais au juste quand, mais, dans le courant du mois, j'irai sans doute l'embrasser et te chercher, si je peux te démarrer de Paris. Mes enfants y comptent toujours, et, tous, nous t'envoyons nos louanges et nos tendresses.

A loi, ton vieux troubadour.

G. SAND

A GEORGE SAND

Chère bon maître.

Votre vieux troubadour est fortement dénigré par les feuilles. Lisez le Constitutionnel de lundi dernier, le Gaulois de ce matin, c'est carré et net. On me traite de crétin et de canaille. L'article de Barbey d'Aurevilly [Constitutionnel) est, en ce genre, un modèle, et celui du bon Sarcey, quoique moins violent, ne lui cède en rien. Ces messieurs réclament au nom de la morale et de l'Idéal! J'ai eu aussi des éreintements dans le Figaro et dans Paris, par Cesena et Duranty. Je m'en fiche profondément! ce qui n'empêche pas que je suis étonné par tant de haine et de mauvaise foi.

La Tribune, le Pays et VOpinion nationale m'ont en revanche fort exalté... Quant aux amis, aux personnes qui ont reçu un exemplaire orné de ma griffe, elles ont peur de se compromettre et on me parle de tout autre chose.

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