GLI
Paris, février 1810
C'est pour vendredi. Donc je dispose des deux fauteuils que je destinais à ta nièce.
Si tu as un moment de répit et que tu entres à l'Odéon ce soir-là, tu me trouveras dans la loge de l'administration, avant-scène rez-de-chaussée. J'ai le cœur gros de tout ce que tu me dis. Te voilà encore dans le noir, dans le triste, dans le chagrin. Pauvre cher ami! Espérons encore que
lu sauveras ton malade, mais tu es malade aussi, et je me tourmente bien pour toi, j'en suis toute accablée ce soir, au reçu de ton billet, et n'ai plus le cœur à rien.
Un mot quand lu peux, pour me donner de les nouvelles.
G. SAND
Paris, 2 mars 1870.
Pauvre cher ami, tes malheurs me navrent, c'est trop coup sur coup et je pars samedi matin te laissant dans toutes ces douleurs! Ycux-tu venir à Nohant avec moi, changer d'air, ne fût-ce que deux ou trois jours. J'ai un coupé, nous serions seuls et ma voiture m'attend à Chàleauroux. Tu serais triste chez nous à ton aise, nous avons aussi un deuil dans la famille. Changement de logement, de figures, d'habitudes, cela fait quelquefois un bien physique. On n'oublie pas son chagrin, on force son corps à le supporter.
Je t'embrasse de toute mon âme. Un mot et je compte sur toi.
Mercredi soir.
?sohant, 11 mars 1870.
Comment vas-tu, mon pauvre enfant? Je suis contente d'être ici, au milieu de mes amours de famille, mais je
suis triste tout de même, de l'avoir laissé chagrin, malade et contrarié. Donne-moi de tes nouvelles, un mot du moins, et sache bien que nous nous tourmentons tous de tes ennuis et souffrances.
G. SAND
A GEORGE SAND
n mars 1870.
Chère maître,
J'ai reçu hier au soir un télégramme de madame Cornu portant ces mots : « Venez chez moi, affaire pressée. » Je me suis donc transporté chez elle, aujourd'hui, et voici l'histoire.
L'impératrice prétend que vous avez fait à sa personne des allusions fort désobligeantes dans le dernier numéro de la Revue\ « Comment? moi que tout le monde attaque maintenant! Je n'aurais pas cru ça! et je voulais la faire nommer de l'Académie! Mais que lui ai-je donc fait? etc., etc. » Bref, elle est désolée, et l'empereur aussi! Lui n'était pas indigné, mais prostré [sic) ^
Madame Cornu lui a représenté en vain qu'elle se trompait et que vous n'aviez voulu faire aucune allusion.
Ici, une théorie de la manière dont on compose des romans.
— Eh bien, alors, qu'elle écrive dans les journaux I qu'elle n'a pas voulu me blesser.