CCXXVIII
A GEORGE SAND
Les heures que je pourrai vous donner, chère maître 1 Mais toutes mes heures, maintenant, tantôt et toujours.
Je comptais m'en aller vers Paris à la fin de la semaine prochaine, le 14 ou le 16. Y serez-vous encore? Sinon, j'avancerai mon départ.
Mais j'aimerais beaucoup mieux que vous vinssiez ici. Nous y serions plus tranquilles, sans visites ni importuns! Plus que jamais, j'aimerais à vous avoir maintenant dans mon pauvre Groisset.
Il me semble que nous avons de quoi causer sans débrider pendant vingt-quatre heures. Puis je vous lirais Saint-Antoine, auquel il ne manque plus qu'une quinzaine de pages pour être fini. Cependant ne venez pas si votre coqueluche continue. J'aurais peur que l'humidité ne vous fit du mal.
Le maire de Vendôme m'a invité à « honorer de ma
présence » rinauguration de la statue de Ronsard, qui aura lieu le 23 de ce mois; j'irai. Et je voudrais même î/ prononcer un discours (\\\\ serait une protestation contre le Panmuflisme moderne. Le prétexte est bon. Mais pour écrire congrûment un vrai morceau, la vigousse et l'alacrité me manquent.
A bienlnt, chère maître. Votre vieux troubadour qui vous embrasse.
T juin 1872.
Cher ami, ton vieux troubadour a une toux si violente qu'un peu plus serait trop. D'un autre côté on ne se passe pas de moi chez nous, et je ne peux pas rester au delà de la semaine prochaine, c'est-à-dire le 15 ou le 16. Si tu pouvais venir jeudi prochain 13, je me réserverais le 13, le 14, même le 15 pour être avec toi, chez moi dans la journée, à dîner, le soir, enfin comme si nous étions à la campagne pouvant lire et causer. Je serais censée partie.
Un mot tout de suile. Je t'embrasse comme je t'aime.
G. SAND
Vendredi.
A OEORGE SAND
Chère maître,
Avez-vous promis votre appui au nommé Duquesnel? sinon je vous prierais d'user de toute votre influence pour appuyer mon ami Raymond Deslandes comme s'il s'agissait de
Votre vieux troubadour