‹ Correspondance entre l'eveque de Telmesse et le curé de S. Philippe au sujet de la visite en 1824 & 1825 [microforme]Chapitre 2 sur 13 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

E trente et un du mois dernier vous reçutes une Lettre de ma part, par

laquelle je vous annonçois que j'étois autorisé à vous faire savoir que

mes Paroissiens vous prioient de vouloir bien les informer des motifs qui vous avoient porté à ne pas faire la Visite dans leur Parvisse, en Juin dernier, comme vous l'aviez faite dans Ics Paroisses voisines; votre Grandeur n'a point encore jugé à propos de me répondre jusqu'a ce jour-éi dix neuf. d’Aoust; et comme je ne sais point dans quel tems j'aurai cette Reponse, si toutefois. je suis pour l'avoir, je prends la liberté d'ajouter aujourd'hui à cette Lettre l'information suivante: J'ai cru devoir attendre la fin de la Visite pour être. certain, comme je ie

sais aujourd'hui, que le fait eût. vérifié: l'information. privée que vous me donnûtesdans votre Lettre du premier de Mai dernier. Vans m'y annogcez.que vous ne faites point dans ma Paroisse la: Visite quelle: a toujours.attendu, comme les autres Paroisses, jusqu’au moment où elle a vu que vous la passiez sans l'en avoir prêvenu d'avance, ni informé dans le. moment: Visite que. vous n'avez cependant droit de füre dans ce District de notre Diocèse, qu'en. vertu, si je ne me trompe, de la jurisdiction que vous en donne Mr. l'Evèêque diocésain: et puisque vous vous recon— noissez son Vicaire Général:pour le: district. de:,Montréa, comme le. prauve un de vos Mandements, à moi adressé, et resté entre mes mains, il me semble que vousne pouvez pas plus être l'Ordinaire de ce district conjointement avec, Mgr. de Quebec qui en est toujours l'Ordinaire, que mon Vicaire ne peut être (quand même nous lé voudrfüns mon Vicaire et: moi.) .et. Vicaire..et en:même.temps.Curé d'une partie de la paroisse de Saint Philippe, conjointement avec moi qui suis toujours Curé de toute la” paroisse. Pourroit-on forcer: les paroissiens . dé .cette partie de. la paroisse

.a reconnoître- mon Vicaire pour Curé comme moi,.s'ils ne. le veulent ‘point; et-les obliger de mettre de côté les Loix et les Usages de l'Eglise. et de. l'État pour se

conformer à des vues et à un arrangement particulier entre mon. Vicaire et moi,. quand même notre Supérieur approuverait, (à ma demande . particulière. je NA cet

Quoiqu'il en soit, et en puisse être, c'est. un coup..drautorité.. inoui jusqu'ici dans ce. Diocèse, même dela part de nos, Ordinaires; car je suis le premier Curé de ce pays-ci, depuis son établissement, et la paroisse de S. Philippe est la première paroisse de l'Eglise du Canada qui ait encore été ainsi traitée; puisque de ce jour au six Juin, seize cent cinquante neuf, que les Canadiens virent paraitre chez eux leur premier Evêque, Mgr. Franc. De Laval, on ne’trouve;‘en aucun tems, une semblable démarche de la part ni: de: 508 Ârchidiacres, ni de nos Grands Vicaires, ni de nos Coadjuteurs, ni de nos Ordinaires. | Fée da

Ma paroisse et moi ne pouvons point savoir s'il nous, auroit été nossible d'éviter ce traitement, car nous n’a connoissoïs la cause‘‘ni par vous, ni par qui que

4 Correspondance entre l'Ev. de Telmesse

ce soit; ni par vous qui vous contentez de me dire dans votre Lettre que C'est pour quelques raisons particulières que vous ne me faites ni connoitre ni conjecturer; ni par qui que ce soit au monde, car tous ceux qui m'en parlent, même ceux qui adoptent ou semblent adopter l'innovation actuelle, qualifiée publiquement du nom de Nonvel Ordre de choses (source affligcante de la division animée du Clergé et des Fidèles, divisés à cette occasion en deux partis connus publiquement sous Îles noms de T'elmessiens & d'Antitelmessiens, } tous m'en ‘paroissent également -surpris ct aAigés. Ma paroisse cst prête, si elle est coupable de fautes qui pourroient ‘équitablement et justement avoir causé cette punition, à reconnoitre ces fautes et à rê« parer ses torts, quand elle les connoitra, et j'en dis autant pour ma part; mais elle considere que si c'est le Curé qu'on veut punir, elle ne se croit obligée, ‘ni en raison ni en justice, de payer les fautes personnelles du Curé à même ses üroits de Fidèles dans l'Eglise de Jesus-Christ, et ses droits de Sujets de Sa Majesté dans l'Etat: et elle ose se flatter qu'aucune personne raisonnable approuveroit qu on punit la paroisse pour quelques torts particuliers que pourroit avoir le Curé vis-à-vis l'Evêque d'un Diocèse sur l'ancien Continent, ou un Vicaire -Genéral dans ce district, ou même d'Ordi:aire ‘du * Diocèse. ; F. : de Je croirois m:nquer:à mon devoir de Curé, je craindrais ausst de ne plus mériter l'estime dont vous m'avez honoré depuis plus. de trente ans, avant et‘depuis votre Episcopat, jusqu’à cette fàcheuse époque-ti, si j'étois, ou si je. parolssois 1n ifferent à la situation actuelle de ma paroisse qui “vient d'agir dans -ce .proctdé de votre -part avec une moderation digne de servir d'exemple:à bien des: personnes constituées-en" dignité.

11 est vrai que vous ne me dites peint que eette «privation surprenante, :( qui me paroit être une injustice à la paroisse et une injure au Curé, ')-est pour toujours ia SA vous vous contentez pour cette année de me dire dans:votre L'"tre que vous ne faites point votre visite dans ma paroisse cet lé; mais si vous En ‘AVEZ le‘uroït cet té, qui MA sure que vous ne ‘le :conserverez pas-et ne l'exercerez, pas de mêmel'été prothain, ‘et Les étés suivants? : RE tés

Ma paroisse ne se croit certainement pas plus obligée de faire des Hemyarthes pour avoir la Visite faite par son Evêque, ou par vous, ‘ou par tout aufre qu il lui plaira d'autoriser, quand la “Visite se fait dans les autres paroisses, qu ellene se et de faire des demarches pour savoir la célébration ‘de FOflce “divin,l'administration des Sacrements, :&c. &c. moi, “ou par mon Vicaire, -ou partout autre -qu'il me plaira d'autoriser; cependant, ‘Monseigneur, ‘en consideration de plusieurs motifs religieux et civils, dont on lui saura gré, je l'espère, je vousfais savoir par la présente ‘que je”suis autorisé à vous informer qu'elle veut'bien encore, :( mais;pour cette seule fois-ci ) se sou mettre à vus prier de lui donner d'ici au vingt six Septembre ‘prochain, :a voire Er modité, la Visite qu'il lui semble qu'elle avoit-droit de recevoir ‘dans le-mois de Juin ernier à son teur et rang:de ‘position, «pourvu:premieremeut qu'elle ait de tens de sy préparer un mois‘d'avance, selon le Atituel du Diocèse, page 608; ‘et secondement que: par écrit, adresse à da paroisse ou à moi, vous-reconnoissiez expressément sed RE TNT ETS que Vous N'arrez porNT Drorr dela priver ‘de la Visite à 60n {our: Je ne suis autorisé à vous faire cette proposition qu’i-ces “conditions. | is ‘elle

Ma parvisse croit devoir mettre cétte seconde condition à vétte proposition que

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m'autorise à vous faire, parce que recoanoitre par son silence sur votre procédé, joint à sa démarche actuelle de soumission, que vous avez droit d'exercer arbitrairement, par exemble, priver pour quelques raisons particulières qu'elle ne connoit point, une Paroisse de plus de quatre mille ames des avantages religieux et civils de la Visites l'exposer par la raillerie des autres parcisses, à une source de discorde dans la société; vouloir obliger cett ; paroisse, qui a son Eglise et son Presbytere en bon état, et dont le Curé est très-disposé à recevoir la Visite, comme je n'ai jamais dit le contraire ni à votre Grandeur ni à qui que ce soit, ouloir l'obliger à se transporter, pour recevoir le Sacrement de Confirmation, ou bien dans des paroisses voisines, selon votre Lettre, à la charge de s’aller informer, je ne sais où, du jour où vous arriverez et du jour où vous partirez de chacune de ces paroisses, car vous ne huus avez pas communiqué votre itineraire;s ou bien de se transporter ex ville selon Ja dite Lette, au risque de ne pas vous y trouver, puisque vous y déterminez que vous donnerez la Confrimation £N riLLE les jours où vous y ferez .otre résidence, jours que nous ne Connoissons point; et par conséquent exposer cette Paroisse à recommencer ces voyages de frais, de dépense, de jeüne ou de pension sur les lieux où il faudroit vous aller trouver, cette procession de Pénitents, qui pourroit bien être qualifiée de scéne ridicule, et qui ne manqueroit point (surtout s'il s'y joint d'autres paroisses ) de dégénérer en indecence, en intempérance, en libertinage et en scandale, à la face de la Ville et des Paroisses par où il faudroit passer, et cela autant de fois qu'il vous plaira ou qu'il vous faudra ne pas faire votre résidence en ville; ce seroit établir un précédent qui exposeroit à trop d'inconvénients, et reconnoitre tacitement qu'elle n'a droit ni de reclamer ni de se plaindre; et ce n’est certainement pas ce que nous pensons.

Ma paroisse vous prie de lui répondre par l'Exprès que je vous envoie, ou de lui faire connoitre ie tems précis où vous voudrez bien lui répondre, car elle se propose de he plus attendre un tems indéterminé: et si vous refusez d'accepter cette Proposition ou expressément ou par votre silence, elle se croira encore plus en droit d'adopter alors les mésures dunt cile ne se croit pas obligée de vous informer par la présente, |

Je suis, avec un profond respect,

MOoxS£LIGNEUR, .. - Voire très—umble & ob. Serviteur, S. Phäippe PIGEON Ptre, 19 Aout 1824. Curé de S. Philippe.

Eee.

Je soussigné certifie avoir remis aujourd'hui vingt d’Aoust à kuil heures vingt ef

une minutes avant midi l'Original de da copie ci-dessus à Monseigneur de Telmesse C Prrsonne dans un des appartements de sa demeure à l'Hotel-Dieu de Montréal. Après l'avoir reçu il entra dans une chambre voisine & à huit heures trente minutes il narut æ l& porte de cette chambre & me dit de là‘: C'EST 5oN; vous pouvez vous en aller, Je lui dis: Avez-vous une Réponse à me donner, Monscigneur? Il me répondit, en retournant dans la chambre” Pas aujourd'hui, “ Je n'ai pas eu le tems de lui demander:

nr mt em

6 Correspondance entre l'En. de Telmssse

Quand le pourrez-vous, Monseigneur ? j'ai ordre de vous attendre: 5/ étoit rentré. Je n'ai pas cru devoir entrer dans cette chambre, mais j'ai dit au Secretaire qui étoit pres de là: Je voulois demander à Mgr. quel jour il pouroit me donner une réponse. Le Secretaire me dit: Je vais aller lui demander, Il est entré dans la chambre où étoit entré Mr. de Telmesse, & est revenu me dire: Mgr. ne peut pas dire quel jour. C'esé tet ce que j'ai eu de réponse.

S. Philippe Joserx Hegerr, 20 Aoust 1824. Zuerimzur Ds S. Puirrre,

ec me.

Le 22 d'Aout une Assemblée, informée du resultat des deux. Lettre ci-dessus, prit la resolution de demander à la Cour du Barc du Roi une reparation de l'injustice faite à ses droits de Sujets de Sa Majesté. Pendant qu'une Requite, faite par un des plus habiles Avocats, se signoit à cette fin, il fut nommé un Confesseur extraordinaire pour une partie de S. Philippe, lequel Confesseur, allant exercer ses nouveaux pouvoirs, à l'insçu du Curé, informa quelques habitants de S. Phi'ippe qu'un Procès de cette nature mangeroit leurs terres; et qu’il valloit mieux demander la, confirmation à l'Evêque de Telmesse, en signant une Requète qu'il leur donneroit. On prit ce parti, un certain nombre signa cette Requîte. Une assemblée, du 10 Octobre trouva à propos de laisser tomber la Requéte au Banc du Roi, puisquil paroissoit que le Paroisse alloit avoir au moins la Confirmation: point du tout. La saison avancant, et cette Requête n’amenant aucun resultat, deux Capitaines et un Notable allèrent à Montréal demander pourquoi leurs Enfans n’étoient point confirmés comme ceux de toutcs les autres Paroisses, on leur repondit ce que l'on s’efforçoit de répandre alors, que c’étoit de l4 faute du Curé. Ils eurent le malheur de demander pour quelles raisons; on les mit à la porte; et le lendemain le Curé reçut la Lettre suivante:

ÉE

Montréal, le 3 Novembre, 1824.

MonsIEUR,

9 Après la Requête que j'ai reçue dernierement de vos Parroissiens, & par la-

quelle ils me témoignoient, dans un langage décent & convenable, le désir

qu'il avoient de me voir confirmer leurs Enfans dans leur Eglise, en laissant néanmoins, comme de droit, le temps et le mode à ma disposition; j'aurois souhaité me transporter au plutôt dans votre Paroisse pour leur rendre ce service, & les faire participer aux fruits de mon saint ministère: mais les difficultés des chemins & de la saison, qui peseroient autent sur vos paroissient jue sur moi-mime, si je l'entreprenois maintenant, me forcent à rénvoyer à une autre époque cette expédition, dont je vous donnerai notice dane son temps. La présente n’est donc à autre effêt que pour vaus prier d'en signifier le contenu à vos paroissiens, de leur faire connoitre ma bonne volonté à leur égard, & de les assurer

: il étoit rentré. Je n'ai ire qui éloit prés de là:

ponse. Le Secretaire où étoit entré Myr. de

C'est te"t ce que j'ai

BERT, DE S. PuiLtrre,

deux. Lettre ci-dessus, ne reparation de l'inqu'une Requète, faite nommé un Confesseur ur, allant exercer ses le S. Phi'ippe qu'un Promander la, confirmation eroit. Onprit ce parti, Jctobre trouva à propos oit que le Paroisse alon avancant, et cette otable allèrent à Montcomme ceux de toutcs pandre alors, que c’étoit les raisons; on les mit à

MonSsIEUR,

js Parroissiens, & par la & convenable, le désir en laissant néanmoins, té. me transporter au pluparticiper aux fruits de son, qui peseroient aumaintenant, me forcent onrerai notice dance son en signifier le contenu à gard, & de les assurer

& le Curé de S. Philippe.

ÿ qu'il seront avertis d'avance du moment où il me sera loisible $ d'eux pour l'exercice de ines fonctions sacrées.

Je suis bien-véritablement.

s. Moxsteur, :

; Votre très-humble & + J. J. EV nes Erroxse pu Cure. | Mox Fpuis que j'ai su que vous communiquiez avec n A # Visite, j'ai cru devoir laisser cette affaire entre. Grandeur, ‘Trouvez donc bon, s’il vous plait, Monseigneur, q : propos. 3 que vous me priez actuellement de leur faire de v \ dé e p. à Je suis avec un profoi

Votre très-humble & S.Philippe 8 Novembre 1824 P] re en

Cette Réponse négative du Curé n'assurant point co quicté, on envoya une Lettre aux Habitants de S. Phiüp droit où l'on annonce les encans &c. Malheureusement le Lec À sonne ne comprit si c'étoit un Mandement ou une criée;. quelqu dèrent st l'Evèque de Telmesse faisoit un Encan- pour s'en interressé ayant répondu que non, tous finirent par se retire:

Huit jours après le Curé reçut la Lettre suivante:

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