LL. Montréal, le 15 Nove:bre, 1824 M
Otre résistance habituelle aux Sup“ieurs Ecclés
: tain temps, a tellement dénaturé votre caractère
| ‘10 autrefois, qu’elle vous jettera probablément dans des excès que } comme il est arrivé à bien d'autres, & qu’elle vous a porté à fe
8 Correspondance entre l'Ev, de Telmesse
lettre ce que vous ne pensez pas. Vous savez bien, dans votre âme & conscience, que je ne vous Chargeois pas, dans ma lettre du 3, de faire de ma part des Propositions à vos Paroissiens, comme si j'avois eû avec eux quelque différend, ou que je cherchasse un
accommodement pour me tirer d'affaire: non, Monsieur, je vous priois seulement, & é : très—honnêtement, ce me semble, de les prévenir que j'irois donner la Confirmation d dans votre Paroisse aussitôt qu'il me seroit possible, & qu'ils en seroient avertis à Pc temps; & cela, parce qu’il étoit important qu'ils connussent au plôtôt ma bonne vo- : d Îonté à leur, égard, sur-tout après la dernière. démarche que plusicurs d'entre eux V: avoient jugé à propos de faire. Cependant vous m'annoncez par votre lettre du 8 Di que, SX me plait, vous n'en ferez rien. Tout s'en faut que cette déscbéissance for- : rielle me plaise, qu'au” contraire je vous charge de nouveau, & très-strictement de ns faire part à vos Paroissiens, non des Proposiligns, mais des disposilions de ma lettre pu, du 3; & je souhaite, à l'acquit de votre conscience, que vous imontriez du moins au :
tani de zèle pour la paix, que vous en avez manifesté dans un autre sens, On peut en imposer à certaines personnes; on peut même se faire illusion à soi-même jusqu'à un certain point: mais on ne trompe pas Dieu; & c'est à son Tribunal que je vous cite, pour voir un jour si vous n'aurez rien à vous reprocher sur le respect & l'obéissance canonique, que vous deviez à vos supéricurs légitimes, æ
Je suis néanmoins bien-sinc .rement, .
Morstrun, Votre très-humble & ob. serviteur, Pr + J. JUEV. pe TELMESSE. çu GR —
Ces petits moyens ne conduisant point au grand but, d'indisposcer la Paroisse contre le € Curé pour le faire sortir, on employa un ancien Marguillier, vieux veuf, demeurant seul avec une jeune veuve malgré le Curé. Il répandit dans la Paroisse, et sur tout parmi les Marguilliers que le Curé voloit l'argent de la l'abrique, disant que les Marguilliers ne sachant point l'arithmetique, le Curé leur en faisoit accroire dans les additions ou resultats. Le Curé fit voir les comptes depuis la derniere visite de l'Evèque jusqu'à l'année courante à deux des plus celebres Notaires et N'gociant du district de Montréal, Les Notaires certificrent à une assemblée legale de Marguilliers que les vomptes étoient parfaitement bien tenus; et que le Curé, loin de voler l'argent de la Fabrique, lui avoit avancé MY 4710 livres de son argent, Chacun vit l'intrigue. La Paroisse en temoigna son méconten- + À temeut, ainsi qu'une Assemblée de Marguilliers qui delibera unanimement le 6 Janvier qu'elle prioit l'accusateur de ne plus reparoitre aux assemblées de l'abrique, et lui fit si. gnitier par. les trois: Marguiliiers de l'œuvre, 11 fallut done encore abandonner ce moyen pal d'indisposer la Paroisse contre le Curé, et en chercher un autre, On attendit de ce * ; coup jusqu'en Avril ou le Curé reçut la Lettre suivante: | He
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5 7 & le Curé de S. Philippe ‘y ue je - | Montréal le 20 Avril, 1825.
1:10 MoNsIEUR, re à Oulant. satisfaire, autant qu'il me sera possible, au désir qu'ont témoigné
nt, & o" at PE cer Sa t itios vos Paroissiens pour que je visitasse leur Eglise, & particulierement que j'y : rtis à donnasse la Confirmation à leurs Enfans, je me propose de me rendre dans le cours du je VOo= Printemps à. St. Philippe pour cet objet: mais avant de régler ma marche vers cette Pa- | eux roisse, j'ai besoin de savoir si, dans le cas où je vous adresserois mon Mandement de du 8 Visite Episcopale, que j'ai envoyé les années précédentes aux autres Paroisses de mon e for- District, & qui y a déjà été lü, vous le lirez aussi Verbatim au Prône de votre Messe pait de roissiale, sans aucun commentaire ou reflexion contraires à sa teneur. De votre réponse, lettre que je vous prie de me donner ou plutôt, dépendra ma résolution finale, quant au temps jS AU & au mode d'administrer la Confirmation aux Habitants de votre Paroisse. puis Je suis bien-véritablement, Jjhss Moxsteur, ue Je s LA soË de Votre très h. & ob. serviteur, ’ + J. J, EV. pe TELMESSE. en Lol Repose pu Cure. MoNSEIGNEUR, p Ans votre Lettre d'hier, où vous m'informez que Vous vous proposez de vous rendre dans le cours du Printemps à S. Philippe, vous me faites une Proposition si étrange que je ne crois pas devoir accepter ce singulier Privilège avant d'avoir consulté notre Evêque: je, vous donnerai ma réponse aussitôt que j'aurai reçu ses Ordres.
4: : . Je suis avec un profond respect, + : : L MoNSEIGN&UR, S. Philippe .
re le n} Au dir, en Votre très-hgmble & ob. Serviteur, seu .
pos dut fPIGEON Prre, b éAe , : |Curé de S. Philippe.
tats. : ae a cou Lerrre À Mon. pe Querrt L L La MOoNSEIGNEUR, incé ps Oici la Copie d'une Lettre que m'écrit Mgr. de Telmesse: ten- + | FPS .
les ( Shivent les deux Lettres précédentes, & ensuite: ) « t si- Vous voyez, Monseigneur, par cette Lettre, que Mer, Lartigne yen veut étaliir un Précédent dont on ne peut citer d'exemple ni en Canada, ni peut e ce étre en aucun pays catholique: car depuis quand les Ordinaires, ou ceux qui visiteñt
en leur Nom, voulant faire la Visite des Paroisses, ont-ils demandé aux Curés s'ils vouloient publier leurs Mäandements et avec‘cette condition de ne faire aucun Cow-
PR nom = =
Correspondante entre l'Ev. de Telmesse
mentaite ni reflexion contraire à la teneur de tels Mandements? Mzr. Lartigue lui— même a-t-il exigé pareil engagement des. Curés du District. de. Montréal, dont il a visité les Paroisses? De quel droit me. demande-t-il à moi plus qu'à tout autre une promesse de publier un Mandement dont ‘je ‘suis censé: ignorer, ret ‘dont j'ignore en effèt le Contenu? Pourquoi ne ine fit-il pas eétte. Propesition, l'année dernière, au-
‘eu de faire te qu'il ft? &c..
Je ne conteste point et n’ai jamais contesté à Mgr. Lartigue, comme ‘votre
‘Grand Vicaire, le droit de. m'ädresser un. Mandement pour: la Visite de ma. Paroisse; je
‘conviens que je suis obligé de le: publier ‘et de l'executer; pourvu: qu'il ne: contienne rien de contraire aux. Loix ecélésiastiques de. la ‘Province & aux. Usages du: -Diocésc: ‘ceci posé; je vous assure, Monseigneur ‘que je ferai tous. mes ‘e#orts pour -secender ‘la bonne volonté de Mgr. Lartigue de ‘faire la. Visite de ma Parorsse, et d'y administrer la Confirmation. Je ne crois. devoir-prendre aucun engagement-special et insolite, tel que celui que me demande Mgr. Lartigue, mais. j'ai la meilleure volonté de remplir mon devoir pour te bien. de ma Paroisse, l’acquit de ma. conscience et le maintien des. droits. de chaque interressé.. Si je me trompe, Monseigneur, je me trompe ‘de bonne: foi, :
Maintenant, Monseigneur, si Votre. Grandeur juge à propos. de m'intimer quelques Ordres, je les recevrai avec toui le. respect. et. l'obeissance canonique que je dois à mon, Oidinaire. :
J'ai: l'honneur: d'être, avec le. plus-profond :recpect,. MonsElGNEUR, Votre. très-humble. & ob. Serviteur, S. Philippe . PLGEON PRE, le 30 Avril 1825, f,