‹ Correspondance entre l'Hon. W.H. Draper & l'Hon. R.E. Caron [microforme]Chapitre 1 sur 19 · Correspondance entre l'Hon. W.H. Draper & l'Hon. R.E. Caron [microforme] · texte numérisé non relu

Correspondance entre l'Hon. W.H. Draper & l'Hon. R.E. Caron [microforme]

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CE qui suit, (à exception de quelques notes, d’une nature privée, échangées entre M. Draper et M, Caron d’un côté, et ce dernier et M, Lafontaine de Pautre,) comprend toute la correspondance qui a eu lieu au sujet du rapprochement projetté, et dont on n’a publié qu’une partie, procédé qui a eu l'eflet de placer M. Caron dans une position désagréable, et qui lui a valu le reproche de la part de M. Draper et de ses amis, d’avoir violé la confidence qu’il lui avait faite, en communiquant ses lettres à M. Lafontaine, tandis, qu’il lui ca- “hait celles de celui-ci.

Quant à ce dernier point, M. Caron ayant à correspondre avec des personnes qui résidaient à une distance éloignée de lui, avait choisi le mode le plus expédutif, et comme d’un côté il n’avait affaire qu’à M. Draper, qui, lui, exprimuiè ses vues, et que de l’autre il lui fallait résumer celles de plusieurs personnes consultées, tant par écrit que verbalement, M. Caron accomplissait cette tâche et en transmettait le résultat à M. Draper, sur sa propre responsabilité, un procédé contraire n’eût mis M. Draper au fait que des vues d’un seul individu du parti.

M. Caron a donc procédé d’une manière convenable, ou plutôt de la seule qui pût conduire au but que se proposait M. Draper, dans ses communications, Pour s’en convaincre, il suffit de considérer l2 nature des informations que ce dernier désirait avoir de M. Caron. Elles étaient telles qu’il ne pouvait les obtenir qu’en se mettant en rapport avec les chefs du parti avec lequel il s’agissait d’effeciuer un rapprochement, et ce n’est qu’après avoir reçu la première lettre de M. Draper que M. Caron juge à propos de mentionner à M. Lafontaine la conversation préliminaire qu’il avait eue à Québec avec M. Draper, (et qu’il avait considérée jusque là comme confidentielle, ainsi qu’il exprime dans sa lettre du 8 Septembre, 1545,) et 4e quelle manière lui en fait-il part ? c’est en lui disant que sa lettre, (de M. Caron,) est confidentielle, et ne doit être communiquée qu'à AL Morin, et à tels autres de ses amis sur lesquels il peut compter, condition que M. Lafontaine a fait plus qu’accepter, puisque dans sa lettre du 20 Octobre suivant, 1l demande à M. Caron copie d’une lettre qu'il désirait vuir afin de ne pas e'esposer, dans la conversation, à rien dire qui pût en faire connaître le contenu. Or, cette lettre de M, Caron, du 7 Sept. était la bâse et le fondement de tout ce qui devait s’en suivre pour atteindre le but désiré. D'ailleurs, cette manière de procéder, de la part de M. Caron, était la seule raisonnable, ÆEn eflet, (et c’est d’après ce principe que M, Caron a agi) est-il a supposer, que les chefs du parti en question eussent voulu entrer en négociations avec M. Caron sans connaître l’autorité qu’il avait pour leur demander communication de leurs vues ? La réponse n’est pas difiicile à donner, et prétendre le contraire serait faire de M. Caron, non un médiateur, qualité en laquelle il était reconnu agir, mais un espion, et les démaiches de M, Draper auprès de lui, n’eussent dans ce cas été d’une nature guères plus honorable, et leur caractère à tous deux est tellement établi que personne n’envisagera la chose sons ce point de vue, M. Caron a donc, en autant que la chose était en son pouvoir, fait tout ce qui dépendait de. lui pour répondre à la confiance de ce dernier, et s’il n’a pas réussi à obtenir le résultat que tous deux avaient en vue, l’on verra par ce qui suit que la chose n’a pas dépendu de M.

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Caron, à moins qu’on puisse lui faire un reproche d’avoir témoigné Ja même cônfiance à M, Lafontaine qui en a abusée, quoique pour plus d’une raison il eût dû agir d’une manière différente de celle dont il a fait à son égard, M, Caron ne s'étant chargé de la mission en question que dans l’intérét du Pays et du parti auquel M, Lafontaine appartenait, L’on verra par le résumé suivant, de toute la corresponilance l'affaire sous le vrai point de vue, sous lequel elle f bit être envisagée, et si M. Lafontaine était autorisé, ainsi qu’il le prétend, à adopter la démerhe qu'il a prise en mettant devant la Chambre partie de cette correspondance,

On 0 flatte que lorsque le lecteur désintéressé aura lu là correspondance qui suit, et le résumé et les remarques qui les accompagnent, il restera avec la conviction que M. Lafontaine s'était déterminé dés le commencemert à rendre pobliques les communications qui lui étaient et lui seraient faites, et l’évènement a aussi prouvé qu’il était dterminé à passer par dessus toutes les considérations que M. Caron devait s’attendre à voir respecter,

Poar ce qui ost de l’autorisation que M. Lafontaine prétend avoir reçus de M. Caron, avenant cettains cas prévus, on ne pourra s'empêcher de disk bd qû’en supposant que M. Lafontaine se soit trouvé dans un de ces cas, ce n’a pu être que par süite de communicatjons faites de sa part à des personnes qui d’étaient certainement pas, quant à leur nombre et à leur position, dans Îes condiz tions requises par M. Coron dans,sa lettre du 8 Septembre.

Or, personne n’admottra que M. Lafontaine, poûr des fins à lui connues, pût tirer des avantages de circonstancés que lui séul a pu créer.

Si l'impression qui est résultée des débats dans la Chambre et de la publica- #lon de partie de la correspondance, a été défavorable à M. Caron, la chose ne doit pas surprendre quand on considère qu’il n’y a que la partie défavoralle à 06 Monsieur, et favorable à ceux qui l’ont compromis, qu’on a ainsi publiée, ét que pas une seule voix parmi ses compatriotes dans la Chambre ne s’est élevée en sa faveur pour invoquer le caractère dont-il avait joui par le passé, ou pour solliciter pour lui un acte de justice qui ne se refuse jamais, même aux plus coupables, celui de ne pas le condamner sans l’entendre, et c’est ce qui nécessite aujourd’hui la démarche que l’on prend en faveur d’un homme honorable, et dont le seul regret doit être d’avoir placé une confiance illimitée dans quelqu'un qui ne la méritait pas,

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(Extrait d'une leltre de l’'Hon. R. E Caron à l'Hon. L. H. Lafontaine.)

Quesec, 7 Septembre, 1845, MoN CHER AMt,

Je me fais un devoir de vous écrire la substance d’une conversation que j'ai eue il y a quelque tems à Monféal avec M. Draper, dans laquelle il m'a manifesté le désir de voir quelques-uns de nos amis se joindre à l’admiunistration ; Voici ce dont il s’agit,

Dès l'été dernier, M, Draper, sa. étre aussi explicite qu'il l’a été cette fois, m'avait lait entendre qu'il serait bien flatté de voir quelques Canadiens- Français faire partie de l'Administration, autres que ceux qui y sont déjà. Il n'avait mentionné Morin comme un de “eux-là; ct, touten me disant qu’il regardait comme impossible de vous y voir entrer vous même, à raison des difficultés personnelles existant entre vous et le gouverneur, il me donaa à comprendre qu’il y avait moyen de faire disparaitre cet obstacle, en vous pourvoyant autreinant, Quant à M. Baldwin, il parut être sous l’impression qu il serait disposé à se retirer de lui-même, et semblait même avoir .des imformations sur le sujet. Je regardai tout cela comme de simpies confidences que je devais garder. pour moi, .vû qu’il ne m'avait pas autorisé à les communiquer. Quelques jours avant mon départ, pour Montréal, je reçus de lui une note me rappelant cette conversation, et me priant de lui communiquer les dificultés que je voyais à ün rapprochement, afin, disaitil, de s'assurer s’il n’y aurait pas moyeu de les faire disparaitre. Je lui répondis que devant aller à Montréai, je le verrais et lui ferais là ma réponse.

En effet l’ayant rencontré, après avoir fortement insisté sur les avantages que le public en général, et particulièrement la partie française de la population, retirerait d'avoir duns le Conseil du pays des: personnes connaissant les besoins de tous et en état d’y pourvoir; après m'avoir représen{é le tort que notre isolement causait au Bas-Canada en entier, mais plus particulièrement à notre portion de sa population, il m'a dit qu’il y avait des difficultés, mais qu’il fallait voir s’il n’y avait pas moyen de,les surmonter. La première était de pourvoir de situations les nouveaux venus. La dessus il m'a dit que M. Viger serait facilement induit à se retirer, et que M. Papineau ne demandait pas mieux : que ces deux situations devaient être remplies par des Canadiens-Français ; il m’a paru désirer voir Morin Président du Conseil, mais à tout événement pour cette place, il voulait un Canadien. Il a parlé de la situation de Solliciteur Général qui devait être occupée par un de notre origine, et qui, quoique ne fesant pas nominalement partie du ministère, n’en exergerait pas moins une grande influence ‘sur la conduite des affaires. Il a aussi parlé de la situation d’un Assistant-Secrétaire qui fournirait à son homme des émolumens respectables et qui devait être remplie par quelqu’ un ayant ou devant avoir un siése dans le Parlement. Voici à peu près tout ce qu’il! pouvait offrir pour le moment à nos amis, qui pourraient eux-mêmes ensuite travailler à faire leur part plus considérable.

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Une autre difficulté qu’il a signalée était relative à vous-même, A votre sujet il a dit que rien ne lui ferait plus de plaisir que de vous avoir pour collaborateur; mais que le gouverneur et vous ne pouvant vous rencontrer, il fallait renoncer à vous voir faire partie de l’Administration tant que Lord Metcalfe serait au pouvoir ; mais qu’il serait injuste de sacrifier un homme de votre importance et de votre mérite ; que vos amis seraient bien blâmables s’il le fesaient, mais que l’on était prêt à faire disparaître cette difiiculté en vous plaçant de manière à vous satisfaire. J'ai compris, ou i! m’a dit, que l'intention était de vous mettre,sur le Banc.

Quant a M. Baldwin, il n’en a pas dit grand chose ; mais j'ai compris, comme dans la première conversation dont je vous ai parlé, qu’il comptait u'il se retirerait de lui-même. Il m'a dit qu’il y avait d’autres détails sur lesquels il était sûr que l’on pourrait s’entendre. Fout ceci n'a été dit avec permission de le communiquer, et même avec prière de faire tout ce qui dépendrait de moi pour effectuer un rapprochement, et pour engager quelques-uns des nôtres à prendre dans le conseil les siéges que l’on pouvait faire vider pour le moment,

Je dois vous dire que je suis d’avis que l’état dans lequel nous sommes ne peut pas durer. Ce qu’on nous offre est peu de chose, mais ce pourrait ôtre le commencement de quelque chose de mieux. __. Il est très possible que je voie mal les choses, mais il me semble que cette ouverture vaut bien la peine qu’on y réfléchisse ; je vous la communique dans cette vue, afin que vous y pensiez, avec liberté de la communiquer, mais la chose doit étre faite avec discrétion.

Tout à vous,

(L’Hon. R. E. Caron à l’'Hon. L. H, Lafontaine.)

[Privée] Quezec, 8 Septembre, 1845.

Mon CHER AMI,

Vous recevrez avec la présente la lettre que je vous ai écrite hier bien à la hâte, mais qui contient pourtant un récit correët, en substance du moins, de ce qui s’est passé entre M. Draper et moi, et aussi un exposé succinet mais sincère de mes opinions présentes sur l’important sujet qui y a donné lieu. Quelle que soit votre manière de voir les choses, que vos vues s'accordent ou non avec les miennes, j’espère que vous me rendrez la justice de croire que les motifs qui me font agir dans cette circonstance sont honnêtes et désintéresiés

Tout ce que je me suis proposé était de faire part à vous et à M. Morin

de l’ouscrture qui m'avait été faite, bien déterminé à ne pas pousser la chose plus loin, si vous êtes d’avis que l’arrangement proposé ou tout autre

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