CHER AM
Je pars pour la campagne d’où je ne reviendrai que Jeudi soir, pensant que peut-être vous aimeriez à avoir avant ce temps ma répot nse sur le sujet qui nous a occupés Dimanche, je vous écris ces lignes qui contiennent ce que je pense sur la proposition que vous m'avez alors faite de livrer à la publicité, soit en mon propre nom, Où autrement, la correspondance en entier entre Mr. Draper et moi, et entre vous et moi depuis le mois de Septembre dernier.
J’ai donné à cette proposition beaucoup d'attention, et je l'ai fait avec un sincère désir de pouvoir en venir à la conclusion que vous paraissez désirer, savoir, de donner mon consentement à cette publication; mais je regrette de dire que je n’ai pu encore me convaincre de la convenance d’une pareille dé-
marche et des avantages qui pourraient en résulter. Quant à faire la chose en mon nom, je ne vois rien qui pourrait de ma part justifier un tel acte; quant à y donner même mon consentement, les circonstances et l'entente sous lesquelles cette correspondance a été commencée et continuée me fait croire que Je ne le puis pas convenablement,
Je n’ai pas manqué de réfléchir sur la prétention que vous avez émise, que la correspondance en question ayant été de ma part conduite comme intermédiaire seulement, elle était plutôt vôtre que mienne, et que vous avez partout droit d’en faire tel usage que vous jugerez à propos. Je dois avouer, je la trouverais sans réponse, Si en entamant avec moi cette Correspondance, vous meussiez eu cédé, tacitement d’abord, et ensuite directement à la condition que jy avais mise, c’est qu’en cas de non succès, la chose resterait entre nous. Malgré cela, vous pouvez avoir raison, et je vous en laisse le juge. Ni votre position est correcte, vous n'avez pas besoin de mon consentement ; si vous faites la publication en vertu du droit que vous prétendez avoir, je me réserve celui de dire que vous avez ugi sans ma sanction el contre mon avis. Si vous vous décidez à publier, il y a dans mes lettres plusieurs parties qui devraient en être retranchées, votre excellent jugement vous indiquera ces ee Quel que soit la détermination à laquelle vous en veniez, je me flatte que nos liaisons d'amitié et d'estime réciproques n'en souffriront en rien, que vous voudrez me regarder comme par le passé,
Votre dévoué confrère et ami,
[NON PUBLIEF | (L'Hon. L. H. Lafontaine à l'Hin. R. E. Caron.) MonrReaL, 11 Afurs, 1546.
Mon @HTER AM,
Votre lettre en date d'hier ne m'a été remise que bien tard le même jour, e‘est à dire après l'ajournement de la cour d'appel, où j'avais en Je plaisir de vous voir,
Avant de répondre an Jong à cette lettre, dans le cas où je croirais à propos de le faire, tant pour rectifier quelques inéxactitudes que pour revendiquer la justice qui est due à mes amis et À moi-même, permettez-moi de vous tee de me dire, si votre refus de consentir à ce que vous appelez la publicité de la sorrespondance dont il s'agit, doit s'étendre à tous les cas possibles où je pourrais, d'aprés les usages constitutionnels, surtout en ma qualité de Membre de la Chambre d'Assemblée, étre appelé à parler de cette correspondance, et si dans un pareil cas, vous entendez avoir le droit d'exiger que je garde le silence sur le contenu de cette correspondance au point de n'avoir aucune discrétion à exercer à cet égard, tant dans mon intérêt personnel que dans celui du part auquel }'appartiens,
Tout à vous