L. H. LAFONTAINE
{VHoYi. R. E. Caron à VHon. Jj. H . Lafontaine.')
Montréal, 16 Mars, 1S16.
Mon cher ami.
D'après l'entretien que nous avons eu Dimanche dernier, je pense que nous nous entendons parfaitement, sur l'usage que vous pouvez faire de notre correspondance ; ainsi il est à peine nécessaire de vous dire, en réponse à votre lettre du 11, provoqué par la mienne en date de la veille, que le refus de ma part contenu dans cette dernière, de consentir à ce que j'aurais pu appeler 'publication plutôt que puhHcilé,àe la correspondance en question, ne s'étend pas aux cas possibles, où vous pourrez d'âpres les usages consiiliUionnels, et surtout en votre qualité de membre de la chambre d'assemblée, êlre appelé à parler de cette correspondance, mais qu'il est distinctement compris qu'en pareil cas, je ne réclame nullement le droit d'exiger que vous gardiez le silence sur le contenu de cette correspondance, qu'au contraire vous avez pleine liberté d'exercer à cet égard une discrétion judicieuse, tant dans votre intérêt personnel, que dans celui du parti auquel vous appartenez.
Tout à Vous,
[non publiée] {UHon, M. Draper àVHon. R. E. Caron.)
Montréal, 19 Mars, 1846.
Mon cher Monsieub,
Je viens de recevoir votre note de ce jour, m'informant qu'à l'égard de certaines communications verbales et écrites, qui ont eu lieu entre nous sur l'administration des afFaires publiques en cette Province, et le moyen de faire entrer en charge des Canadiens comme vous-mêmes, d'origine française, vous aviez transmis les lettres que je vous avais adressées aux chefs du parti avec lesquels vous étiez en rapport afin de les consulter ; que ces lettres sont actuellement eu possession des amis auxquels vous les avez envjoyées ; que vous ignorez l'usage qu'ils en feront, mais anticipant qu'ils pourraient peut-être les rendre publiques, vous croyez de votre devoir de m'en avertir, afin que si elles étaient publiées, je connusse sous quelles circonstances elles se trouvaient entre leurs mains.
Notre communication a commencé par une conversation provoquée de ma part, dans laquelle je vous ai témoigné le désir de m'assurer (dans le cas où vous jugeriez à propos de reposer cette confiance en moi) s'il n'y avait pas moyen de surmonter les obstacles qui s'opposaient à l'entrée en charge de personnes telles que vous même, et je remarquai alors, que si les Messieurs de politique différente ne pouvaient se fier à l'honneur et au caractère de ceux avec qui ils étaient en relation, il leur devenait impossible de pouvoir se communiquer leurs opinions ; je demandais aussi s'il y avait moyen d'ettectuer quelque rapprochement. Je compris que vous étiez de mon avis. Alors je vous exposai mes vues sur l'état des partis politiques et sur la possibilité de placer les Canadiens Français de manière à ce qu'ils eussent une part équitable dans l'administration des ailaires publiques. Vous m'avez dit qu'avant de pouvoir me répondre, sur la possibilité de parvenir à ce résultat, il vous fallait conférer avec d'autres personnes. A l'égard de cette conférence je n'y ai pas pris part — en ce moment même j'ignore les noms des partis avec lesquelles elle a eu lieu ; il ne devait pas non-plus être fait mention de mon nom, d'après ce que vous m'avez dit.
Les lettres que je vous ai écrites, à la suite de notre conversation, ont été dictées avec cet esprit de confiance quia dû, si je l'ai bien compris, présidera notre conversation. Elles étaieut toutes, je ne crois pas me tromper, marquées de façon à démontrer ce fait ; en un mot, d'une manière aussi positive qu'il convient de le faire, en observant ce qui est dû et doit être laissé à l'honneur d'un gentilhomme.
La démarche que pourrait adopter ceux de vos amis auxquels vous avez remis ces lettres, démarche qui pourrait vous forcer d'être partie à la publicité de ce qui était confidentiel et communiqué sur la foi de" votre honneur, est une chose qui, je crois, ne me regarde pas. Elle ne regarde comme de raison que vous et eux. Quant à moi, je dois dire que jamais je n'ai pensé (et vous ne me Pavez jamais donné à entendre avant votre note de ce matin) que vous aviez placé les lettres que je vous avais écrites, hors de votre contrôle, ou même que par votre fait, il était devenu au pouvoir d'une tierce partie de violer notre confiance mutuelle.
Je me suis cru obligé, en justice à moi-même, de faire la présente réponse à votre note, afin que vous sachiez mon opinion sur la nature de nos correspon-
dances, aussitôt que possible, après que je saurai la position dans laquelle vous TOUS trouvez placé vis-à-vis de vos amis, à cet égard.
Croyez moi, cher Monsieur,
Bien sincèrement,
[non publiée.] {URon. R. E. Caron à VHon. W. H. Draper.)
Jecdi, 19 Mars, 1810.
Mon cher Monsieur,
Le but que je me suis proposé dans la correspondance qui a eu lieu entre TiOus, était, ainsi que je vous l'ai exprimé plusieurs fois par écrit et de vive voix, de vous faire connaître les vues et les opinions de mes amis politiques, afin de voir s'il n'y aurait pas de moyen d'en venir avec eux àquelqu'airangement ; pour remplir la mission dont je m'étais chargé, il m'a fallu de nécessité consulter les chefs du parti avec lequel je devais négocier; comme plusieurs d'eux demeuraient à une distance, j'ai adopté comme plus facile et plus ouvert, le moyen de leur passer vos lettres et les miennes, à mesure que nous les échangions ; de cette façon, la partie importante de votre correspondance se trouve actuellement en la possession des amis à qui je l'ai envoyée. J'ignore quel usage ils entendent ou pourront faire de ces documents, mais anticipant la possibilité qu'ils pouraient s'en servir et les rendre publics, je crois de mon devoir de vous mentionner le fait, afin que dans le cas où notre correspondance deviendrait publique, vous sachiez sous quelles circonstances la chose a eu lieu, et comment et pourquoi les papiers qui la composent sont sortis de mes mains.
Je suis, à l'ordinaire,
Tout à vous,
{VRon. L. R. Lafmiaine à VRon, R. E. Caron.)
Dimanche, 22 Mars, à 8 h. P. m.
Mon cher Ami,
Je suis arrêté à votre hôtel — Vous n'y étiez pas — Je vous laisse un précis que je viens de rédiger — Je ne l'ai pas relu dans l'espérance de le lire avec TOUS — Faites moi le plaisir de mie le renvoyer de.mnin malin de bonne heure, et de me dire si cette forme vous convient — Je crois que c'est la meilleure.
Tout à vous,