L. H. LAFONTAINE
[non PUBLIEE.]
{Uhon. R. E. Caron à VHon. L. H. Lafoniaine.)
Lundi-matin, 23 Mais, 1846.
Mon cher Ami,
Voire précis de mes deux premières lettres ne me convient nullement ; la forme que vous donnez à ces communications est par trop solemneiîey — trop peu conforme aux dispositions d- esprit ou j'étais en les écrivant.
Je vous le répète, je regretterai la nécessité qui vous aura forcé de mettre devant le public une correspondance conduite de ma part sans la moindre pensée qu'elle était destinée à la publication ; mais, si dans la judicieuse discrétion que vous avez à exercer sur le sujet, vous jugez à propos de rendre mes lettres publiques, je préfère qu'elles soient montrées telles que je les ai écrites, quoique sous le rapport du style elles ne soient pas ce que je voudrais, et qu'elles contiennent des choses que je n'y aurais pas mises si elles n'eussent été adressées à un ami intime des mains duquel je ne m'attendais pas qu'elles sortiraient.
Ces choses, qu'il vous sera facile de reconnaître, vous me ferez pr^'-'rf-être la justice de les omettre, non parceque je pense avoir écrit ce quin'état pas vrai, mais pour la raison que toute vérité n'est pas toujours bonne à dire»
Je suis, cher Monsieur,
Tout à vous,
(Signé) R. E. CASON.
\ UHon. R. E. Caron à VHon. L. Il Lafoniaine.']
Lundi, 6 Avril, 184G.
Mon cher Monsieur,
En vous remettant les papiers que vous avez eu l'obligeance de me prêter hier, je dois vous informer de la détermination que j'ai prise de publier moimême et en mon nom, la correspondance en question.
Ce qui s'est passé depuis quelques jours à ce sujet, me fait regarder cette démarche comme indispensable, quant à moi, et dans l'intérêt de tous ceux qui y ont pris part.
Je n'aurais pas adopté cette détermination sans vous consulter, et obtenir, avant de la mettre à exécution, votre consentement et celui de ISIcrin, si les opinions de l'un et de l'autre sur ce sujet ne m'étaient parfaitement connues
En faisant cette publication, je me bornerai, comme de raison, à la partie sérieuse et importante de notre correspondance, laissant de côté les notes privées et amicales que nous avons échangées entre nous ; à moins toutefois qu'il n'y en ait quelques-unes que vouâ aimeriez à faire connaître, et que dans ce cas^ je vous prie de m'indiquer.
Je vous soumettrai aussi la convenance de retrancher de votre première lettre la partie dans laquelle vous me citez, au soutien des principes que vous émettez, l'exemple de plusieurs individus occupant dans la société des situations élevées, et pour qui il pourrait être désagréable d'être ainsi traduits devant le public, et cela sans une grande nécessité, puisque vos principes sont suffisamment incontestables pour n'avoir pas besoin d'être soutenus des exemples que vous citez. Je ferai cependant à cet égard ce qu'il vous plaira. Je publierai en entier si vous ne m'autorisez a retrancher la partie en question.
Je suis bien sincèrement,
Tout à vous,
IVHon. W. H. Draper à VHon. R. E. Caron.']
Montréal, 6 Avril, 1846.
Mon cher Monsieur,
J'ai tardé à répondre à votre note de ce matin, dans la nécessité de consulter quelques amis sur le parti que j'avais à preiidre. L'affaire se présente sous ua aspect nouveau. Mr. Lafontaine vient de donner avis que, demain, il communiquera à la Chambre la correspondance qu'il a en sa possession. J'ignore quelle partie de notre correspondance se trouve entre ses mains. Je présume qu'il ne possède pas tout ce qui a été écrit. Vous n'avez plus besoin de mon consentement pour la publier ; au contraire, c'est à moi maintenant, à vous prier de me permettre de rendre publique, les communications que nous avons échangées, et que M. Lafontaine ne jugera pas à propos de communiquer, ou ce qu'Tl ne pourra faire, faute d'avoir les documents en sa possession. J'apprends que le bruit court que l'on m'aurait transmis ou communiqué quelque 'lettre écrite par M. Lafontaine à vous-même et que j'y aurais répondu. Je désire que vous m'autorisiez à dire que vous ne m'avez jamais communiqué la lettre de M. Lafontaine, ou celle d'aucune autre personne, relative à cette affaire ; à moins que votre lettre du 17 Septembre dernier ne soit considérée -comme une communication de leur part.
Une réponse avant que la Chambre s'assemble demain, obligera beaucoup,
Mon cher Monsieux^,
Votre tiés-fidéle,
\VHon. L. K. Lafontaine à VRon. R. E. Caron.']
Montréal, 6 Avril, 1846.
Mon cher Monsieur,
Votre lettre en date de ce jour me soulage d'un grand embarras. Quoique la correspondance dont il s'agit me paraisse plus que jamais d'une nature parie-
mentairement publique, je voyais avec bien du regret que vous l'aviez dans les derniers tems considérée sous un autie point de vue. Si j'ai différé jusqu'ici de votre manière de voir, nonobstant tout ce qui a eu lieu en Parlement et en dehors du Parlement, parmi les amis du parti auquel j'appartiens, c'est ce sur quoi je n'hésiterais pas un instant à en référer à vous-même. Vous admettez maintenant le principe sur lequel je m'étais proposé d'agir ; vous arguez même de votre droit de le faire indépendamment vous même, droit que je ne vouj conteste pas. Je crois donc qu'il n'est pas opportun démultiplier les détails sur la manière dont vous pouvez donner elfet à votre manière de voir, et vous laissant absolument libre, je prends acte de ce que de votre aveu je le deviens moi-même de mon côté, si je ne l'eusse pas été auparavant.
Je suis bien sincèrement,
Votre dévoué serviteur,