‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 101 sur 230 · Goethe a Schiller · texte numérisé non relu

Goethe a Schiller

Comme j'ai l'espoir de vous voir demain, m lettre sera brève. Je vous renvoie les ballades : elh sont l'une et l'autre parfaitement réussies. Je r trouve rien à reprendre au dragon chrétien : c'e:' une belle chose, et l'exécution est d'une entiè: justesse. Dans la Caution, il y a quelque invra1 semblance, physiologiquement parlant, à ce qu'i homme qui vient de se sauver à grand'peine di déluges d'une journée pluvieuse coure le risque J mourir de soif, alors qu'il viendra à l'esprit de ch i cun que ses vêtements en sont encore tout trempe Sans même insister sur ce qui arrive effectiveme en pareil cas, ni sur la résorption par la peau, l'id

(1) La Caution.

(2) Voir ci-dessus les lettres 478 et 479.

(3) Les Voyages de Franz Sternbaldt de Tieek, avaiti paru à Berlin la même année.

de la soif n'est pas précisément celle qu'attendent l'imagination et la sensibilité du lecteur ; mais j'avoue ne pas trouver sur-le-champ, pour l'y substituer, quelque autre expédient qui soit mieux à sa place, et qui cadre spontanément avec l'image qu'on se forme de votre voyageur. Quant aux deux autres motifs qui sont empruntés aux circonstances extérieures, et qui vous sont fournies, l'un par un événement naturel, l'autre par l'intervention violente des hommes, ils sont très heureusement imaginés.

Auriez-vous l'obligeance de faire passer au professeur Lenz le billet ci-joint, et de m'apporter le livre (1)? Tenez-vous fermement à votre bonne intention ; le voyage ne manquera pas de vous être bienfaisant. Je joins à ma lettre cet excellent Sternbald (2) : le flacon est charmant, mais vide à un point incroyable. ■ — Weimar, le 5 septembre 1798. — G.

Ie'na, le 5 septembre 1798.

Mon rhume de cerveau n'a rien perdu de sa vio- | lence, et j'aime donc mieux remettre mon voyage 1 d'un ou deux jours. J'aurai ainsi le temps de lire 1 encore, demain, une série d'épreuves, et peut-être 1 aussi d'en finir avec le poème que j'ai en train (3), bien qu'un rhume de cerveau ne soit guère fait 1 pour favoriser le travail.

Si vous aperceviez encore quelque moyen de me

1 donner quelque chose pour Y Almanach, vous m'obli-

(1) Il s'agit d'un livre du naturaliste Lyonnet, probablement son Traité anatomique sur la chenille qui ronge le bois de saule, publié en 1762 à la Haye et à Amsterdam. eI (2) Voir la lettre précédente. (3) La Fête d'Eleusis.

gériez infiniment, car il sera bien dur de fournir le contingent de rigueur, encore que le délicieux Matthison m'ait envoyé aujourd'hui, après coup, une poésie de plus. Quant à nos poétesses (1), elles m'ont planté là.

Je voudrais bien avoir les stances que vous avez composées pour la fête de la duchesse (2). La copie que vous m'en avez envoyée doit être restée en ville parmi mes papiers, car je ne parviens pas à mettre la main dessus ici. Peut-être en auriez-vous un double pour moi à Weimar.

Ci-joint une petite chanson (3) : si elle vous agrée, nous pourrons la donner. Je trouve dans mes papiers toutes sortes d'ébauches, mais on ne commande pas à l'inspiration, et il en faudrait pour achever tout cela.

Adieu. Il me tarde d'apprendre que vous n'êtes pas mécontent de mes envois d'hier. — Sch.

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