Schiller a Gœthe
Iéna, le 6 octobre 1798.
J'enregistre très volontiers les modifications que vous avez apportées au Prologue : il n'y a rien à objecter aux trois raisons que vous alléguez.
Je vais faire tirer à part environ six exemplaires du Prologue, pour ménager la peine de votre copiste. Si vous voulez bien m'envoyer lundi matin les lettres que vous destinez à Schrôder et à Cotta, je puis les confier directement d'ici aux services compétents, avec le Prologue imprimé. A toute éventualité, je vous en retourne ci-joint le texte.
Je vous avoue que je serais désolé que les changements peu considérables que je veux apporter
à la pièce ne pussent être utilisés dès la première représentation. L'épisode du journal (1) fournirait une excellente occasion de donner une idée plus complète du milieu et des événements de guerre. Tout au moins, acceptez que dans la scène iv le canonnier se présente un journal à la main, et, au lieu de ce vers :
Mais voici qu'un courrier vient d'arriver,
mettez dans sa bouche ce vers-ci :
Mais voici que la Gazette de Prague vient d'arriver ;
de cette manière, il aura du moins été fait mention du journal, pour le cas où nous voudrions en tirer parti pour une représentation ultérieure (2).
Vous m'avez aussi, dernièrement, donné des scrupules en ce qui concerne la perruque. Voulezvous que nous modifiions ainsi ce passage de la deuxième scène :