‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 115 sur 230 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Ci-joint le Prologue. J'ai été très content de reporter vos corrections, qui sont excellentes ; en revanche, j'aimerais vous voir substituer au passage que j'ai barré le texte que je vous envoie en manuscrit. J'ai été guidé par la triple intention •

1° D'insister un peu plus sur nos acteurs ;

2° D'insister un peu moins sur Ifïland ;

3° De placer un mot qu'on pût appliquer à Schrôder (1).

Si vous avez la bonté de faire en sorte que je reçoive lundi (2) en temps utile quelques exemplaires imprimés du Prologue, j'en expédierai immédiatement un à Schrôder avec un mot gentil, et un autre à Stuttgart.

(1) Ces corrections de Gœthe se placent aux vers 11, 15 et 20 du Prologue.

(2) 8 octobre,

226 6 OC'l OBKE 1798

Vous pourriez à tout le moins me retourner immédiatement, par ce même exprès, l'épreuve, si elle ne vous est pas nécessaire, en me faisant simplement connaître si vous acceptez mon texte ; en ce cas, je ferai copier sur-le-champ les deux exemplaires qui doivent partir.

Ci-joint une partie de la pièce. Continuez d'y travailler, bien que je n'ose vous donner l'assurance qu'on puisse tenir compte tout de suite des modifications que vous y apporterez. A l'heure qu'il est, toute la mécanique est si minutieusement agencée, à un vers près, à une syllabe près, et l'on s'est donné tant de mal pour faire entrer dans les têtes des acteurs les mots saillants qui doivent servir de repère, que je tremble à l'idée de changer quoi que ce soit, de crainte de provoquer aussitôt des achoppements. Adieu, la tête commence â me tourner au point que, n'était l'espoir de voir bientôt arriver le soir attendu et la fin de toutes ces tribulations, je n'aurais plus la force d'v tenir. — Weimar, le 6 octobre 1798. — G.

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