Gœthe a Schiller
Enfin nous en avons fini avec notre première redoute, à notre grande et multiple satisfaction, jet nous disposons enfin d'un local pour cette sorte de fêtes (2). Il va me falloir consacrer encore quelques journées à régler diverses affaires, puis aller passer |à Rossla la journée de mardi, en sorte que c'est le [dimanche 4 novembre que j'espère vous arriver, pour passer avec vous le reste du mois. J'ai une ;prodigieuse envie d'avoir enfin à moi quelques semaines de suite d'activité personnelle et intime, ce dont je suis malheureusement sevré depuis si (longtemps. Entre temps, notre troupe pourra {apprendre et jouer un certain nombre de nouveautés iqui, à vous parler à cœur ouvert, sont de terribles choses. — Ci-joint le compte de nos débours ; il a été jétabli magistralement par Meyer, qui vous demande de le régler directement à l'occasion.
Je préférerais recevoir ici ce qui m'est dû pour VAlmanach des Muses — et je vous en remercie par avance — bien qu'en somme cela revienne au même. Cotta devant avoir tôt ou tard un compte a me régler.
(1) 29 octobre.
(2) La nouvelle salle du théâtre.
J'ai reçu de Schrôder (1) une réponse qui, pour 1 qui connaît sa manière prodigieusement sèche et exsangue, est tout à fait cordiale et gentille. Mais ce qui en ressort clairement, c'est qu'il ne viendra pas cet hiver, et qu'il ne viendra sans doute pas davantage plus tard, etc. Mieux vaut, après tout, être fixé là-dessus, tout au moins pour l'avenir immédiat, ce qui nous permet d'aller tranquillement notre chemin. Ce n'est pas mon affaire de m'attarder indéfiniment à une espérance.
Adieu ; poursuivez activement votre travail. Faites mes amitiés à votre chère femme, et jouissez de ces belles journées, chose qui m'est interdite. — Weirtxar, le 27 octobre 1798.