Gœthe a Schiller
Je vous félicite de l'achèvement qu'on vous a extorqué, car je ne veux pas vous cacher que tous ces derniers temps je commençais à désespérer. A voir comment, toutes ces années-ci, vous en avez usé avec votre Wallenstein, il n'y avait plus de raison interne plausible pour qu'il fût jamais achevé, pas plus qu'on ne voit de bon motif pour que la cire durcisse aussi longtemps qu'elle est au feu. Vous vous apercevrez vous-même seulement le jour où vous aurez derrière vous toute cette affaire du bienfait que c'est pour vous. A mes yeux, il est immense.
On va s'occuper du mieux qu'on pourra de votre logement au château, et je crois bien que vous n'y manquerez de rien ; vous y trouverez aussi tout le nécessaire pour donner satisfaction à tous vos besoins, aux premiers et aux derniers. Ne vous laissez plus arrêter par aucune considération, et prenez la ferme et définitive résolution d'arriver le 2, car nous aurons énormément à faire si nous
(1) « Meubles », en français dans le texte.
(2) « Événement » en français dans le texte.
voulons être prêts pour le 30, et ce qu'il y a de plus grave, c'est que cette date ne saurait être reculée. Adieu, amitiés à votre chère femme, et soyez, par avance, le très-bienvenu. — Weimar, le 25 décembre 1798. — G.