‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 162 sur 230 · Schiller a Gœthe · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthe

Weimar, le 19 janvier 1799.

Je vous envoie ci-joint en un seul paquet deux nouveautés qui sont de natures bien hétérogènes (3).

(1) Il y eut, ce jour-là, répétition à livre ouvert des trois premiers actes. Le soir, Schiller resta à souper chez Gœthe.

(2) « Aperçu » en français dans le texte. L'article, rédigé en commun par Gœthe et par Schiller, parut, du 25 au 31 mars, dans la Gazette universelle.

(3) C'étaient, d'une part, l'Appel au public de Fichte contre le rescrit saxon de confiscation du Journal de Niethammer (voir ci-dessus la lettre 551) et contre les

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Je souhaite que ce dessert soit pour vous le bienvenu.

La chaleur qu'Iffland montre pour la pièce (1) me fait très bien augurer du succès à la scène.

Comme il estime encore possible d'attendre mon avis pour fixer son choix sur le rôle dont il se chargera lui-même (2), il semble bien qu'ils ne soient pas si pressés là-bas de jouer la pièce, et les critiques berlinois ne nous devanceront donc guère.

Adieu. J'espère vous voir à l'opéra (3). — Sch.

Faites-moi donc savoir d'un mot, mon bien cher ami, comment vous avez dormi et comment vous vous sentez. Peut-être n'êtes-vous pas encore en mesure de décider avec certitude si vous viendrez à la répétition (4) ; de toutes façons, si vous redoutez que votre malaise ne s'aggrave, gardez la chambre aujourd'hui et demain ; je vous remplacerai entre temps du mieux que je pourrai, et je vous rendrai compte demain de la manière dont tout aura marché.

Hier, Mme Teller a bien lu, si c'est bien lire que de ne rien lire de travers, mais avec trop de mollesse et sur le ton .trop conventionnel de la répétition. Elle affirme que sur la scène tout ira tout autrement. Comme c'est là une marotte qui est commune à la quasi-universalité des acteurs, je ne puis trop

imputations d'athéisme, et, d'autres part, une lettre enthousiaste d'Iffland sur les Piccolomini.

(1) Tfïïand lui écrivait : « C'est une splendide chose... Que de puissance, et que de vérité ! On dirait la paix du Seignr-ur venant planer sur toutes les faibles intelligences vulgaires I »

(2) Ifîland hésitait entre Octavio, Gordon et Buttler.

(3) On joua ce soir-là les Noces de Figaro de Mozart.

(4) On devait pour la première fois répéter ce jour-là sur la scène.

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lui en faire un grief personnel, bien^que cette sottise soit la raison principale pour laquelle aucun rôle important n'est appris à fond, comme il faut, et pour laquelle ensuite tant de choses restent à la merci du hasard. Je souhaite que les nouvelles que je recevrai de vous soient les meilleures possible. — Weimar, le 25 janvier 1799. — G.

Si seulement vous aviez pu avoir aujourd'hui une journée à peu près passable et réfléchir utilement, si peu que ce soit, à ce qui nous préoccupe immédiatement, je me tiendrais pour satisfait, et je vous en féliciterais. Demain matin, je vous ferai savoir en temps utile ce que nos semainiers estimeront être le plus sage. La meilleure volonté du monde ne suffit pas toujours pour s'adapter exactement à la mentalité des acteurs, et il arrive souvent qu'on complique leur tâche lorsqu'on cherche de bonne foi à la leur simplifier.

Je n'ai pas perdu tout à fait ma journée d'aujourd'hui, ce qui, dans la situation où je me trouve, est déjà un éloge pour cette journée.

Adieu ; j'espère que demain à pareille heure nous aurons fait déjà un grand pas. — Weimar, le 27 janvier 1799. — G.

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