Goethe a Schiller
Ce sera pour moi une grande joie si, tandis que vous terminez votre Wallenstein, je me sens le courage d'entreprendre de mon côté une œuvre nouvelle. Je souhaite que la journée de lundi m'apporte les trois derniers actes. Depuis que j'ai lu les deux premiers, je les ai laissés développer leur action, tout à leur aise, dans mon for intérieur, et je persiste à penser qu'ils se présentent bien. Alors que, devant les Piccolomini, on contemple à distance avec intérêt et avec sympathie, ici on se sent entraîné d'une manière irrésistible.
Si je parviens à m'arranger en conséquence, je passerai les jours de fête (2) auprès de vous, surtout si le temps continue d'être beau. Gardez tranquillement chez vous la caisse de semoule, et attendez que j'aille la chercher moi-même, ou que je la fasse prendre, ou qu'il se trouve une occasion.
(1) Par les soins d'une amie de la femme de Schiller, Dora Stock.
(2) De Pâques.
JOO 16 MARS 17S9
Ayez l'obligeance de m'envoyer la facture des médailles frappées pour le duc, et je vous réglerai alors le tout.
Adieu. Je ne vous en dis pas davantage, car il me faudrait vous parler de mes dieux et de mes héros, et je n'aime pas à aller trop vite en besogne. Faites mes amitiés à votre chère femme, et contentez-vous de me dire d'un mot, par le courrier de samedi, où en est votre travail. — Weimar, le 13 mars 1799. — G.