Schiller a Gœthe
Iéna, le 12 mars 1799.
Je suis très heureux que mes deux premiers actes aient trouvé un aussi bon accueil ; les trois derniers, bien que le temps me manque pour leur donner une exécution aussi achevée, ne seront du moins pas inférieurs aux premiers pour ce qui est de l'impression d'ensemble. A présent, le travail marche à une allure accélérée, et, si je puis employer tous les jours que j'ai devant moi comme j'ai fait de ceux qui viennent de s'écouler, il se peut fort bien que je vous expédie tout le reste de mon Wallenstein lundi prochain (2) par exprès, de manière à pouvoir envoyer le manuscrit à Ifîland par la poste de lundi soir, si vous deviez ne pas y avoir d'objections.
(1) Les deux premiers actes de la Mort de Wallenstein.
(2) 18 mars.
Ne comptez donc pas entendre longuement parler de moi de toute cette semaine.
C'est pour moi une véritable joie d'apprendre que la plaine troyenne commence à se déployer devant vous. Persistez dans cette heureuse disposition, et espérons que le temps radieux qu'il fait vous y aidera.
Adieu. Ma femme, qui est rétablie, vous fait ses amitiés cordiales. La semoule est arrivée de Dresde (1) ; c'est une caisse assez lourde, et, si vous n'en êtes pas pressé, nous profiterons d'une occasion pour vous l'expédier. Il n'y en a que pour trois écus et quelques sous, parce que la provision était épuisée, le moulin étant arrêté par la gelée.
Adieu. — Sch.