Goethe a Schiller
Toutes mes félicitations cordiales pour la mort du héros de votre drame ! Si seulement je parvenais, avant la venue de l'automne, à ravir, moi aussi, la lumière du jour au héros de mon épopée (1) ! J'appelle de tous mes vœux la venue de votre envoi de lundi, et je m'arrange pour vous arriver le jeudi saint (2). Si nous pouvons passer alors ensemble ne fût-ce qu'une huitaine, c'en sera assez pour avancer d'un bon pas. Notre mois d'avril devra être réservé à la représentation de Wallenstein et à
(1) Achille. m
(2) 21 mars
présence ici de Mme Unzelmann (1). Il serait donc bon d'activer Wallenstein autant que faire se pourra, de manière que ce drame et cette charmante petite femme nous fournissent l'occasion de donner une série de représentations intéressante?, et de retenir les étrangers qui pourraient se donner rendez-vous ici. Adieu. J'ai fini d'esquisser cinq chants de Y Achilléide et écrit cent quatre-vingts hexamètres du premier. J'y suis parvenu grâce à un effort de volonté particulièrement énergique et à un régime sévère, et, maintenant que le premier pas est heureusement franchi, on peut être sans inquiétude sur la suite. Si seulement vous vouliez nous donner un coup de main pour les Propylées, l'année s'annoncerait assez féconde. — Weimar, le 16 mars 1799. — G.