‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 209 sur 230 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Vous avez fort bien fait, dans la circonstance qui 5'est offerte (1), de poser un certain nombre de coniitions que notre ami (2), tout économe qu'il est l'ordinaire, remplira d'aussi bon cœur que moinême. On a si bien pris l'habitude de considérer es présents des muses comme des dons du ciel, ju'on s'imagine que le poète doit forcément en user ivec le public comme les dieux en usent avec lui. l'ai d'ailleurs de bonnes raisons de penser qu'en ;ette circonstance il vous viendra encore d'ailleurs ine surprise agréable (3).

Je partage pleinement votre manière de voir [uant aux Propylées. Auteurs, directeur et éditeur ne paraissent avoir tout intérêt à ce que la publicaion ne tourne pas court. Réduction d\* tirage, concession sur le chiffre des honoraires, délai dans la mblication des prochains numéros, ce sont bien, ae semble-t-il, les premières mesures auxquelles il conviendrait de s'arrêter. Après quoi, on songeait au reste, et on ferait le nécessaire. C'est l'hisoire de la flèche perdue, après laquelle on en tire ne seconde ; mais il est clair qu'on ne peut exiger » e l'éditeur qu'il soit seul à en courir les risques.

Je souhaite bien vivement d'être aussi prochainelent que possible auprès de vous, tout comme je

(1) Les représentations de Lauchetàdt ; voir ci-dessus *i lettre- 618.

| (2) Kirms.

(3) Le présent dont il sera question dans la lettre suiante.

souhaite la pluie à notre pays, afin de voir prospérei tout à la fois le dedans de moi-même et la nature qui nous environne.

Adieu, en attendant ce moment ; faites mes amitiés à votre chère femme. — Weimar, le 10 juillet 1799. — G.

léna, le 12 juillet 1799.

Les avantages matériels que vous me concède; si amicalement viennent à point nommé récon forter la modeste économie de ma maison, tou comme la pluie qui, depuis avant-hier, réjouit e ranime notre vallée. Je ne suis pas moins enchant< de l'accommodante bonne volonté du conseiller de finances, parce qu'elle est à mes yeux la preuve qu'il n'a pas eu à se plaindre de ma contributioi dramatique. Nous avons également appris qu'i fallait nous attendre à un beau cadeau d'argenteri de la part de la duchesse régnante (1). On devrai toujours récompenser les poètes uniquement ai moyen de présents, et non pas au moyen de salaires il y a parenté entre les trouvailles heureuses et le dons que procure la chance : les uns et les autre tombent du ciel.

J'ai pu lire maintenant avec attention les article sur les académies et les écoles de dessin (2), et m ai pris le plus grand plaisir : il ne m'a pas été pos sible de m'en détacher avant d'être allé jusqu'à bout. Non seulement ils sont très fortement pensé et concrètement probants jusqu'à l'évidence, mai ils sont encore écrits dans une forme extrêmemen

(1) Il lui fut remis le 13 septembre.

(2) Il s'agit des études de Meyer sur et les Établissement d'instruction affectés aux beaux-arts », qui venaient d commencer à paraître dans le second numéro du s -eon volume des Propylées.

attrayante, et, à moins d'admettre que le public soit violemment et définitivement récalcitrant, ils devraient suffire à eux seuls à attirer sa faveur sur les Propylées. Notre première tâche, à présent, doit être de répandre les Propylées et de les faire connaître de notre mieux, et il ne serait pas mauvais, pour atteindre ce but, d'en distribuer gratuitement aux bons endroits quelques douzaines d'exemplaires. D faudra aussi, lorsque vous viendrez, que nous mettions sur pied à nous deux une demi-douzaine d'annonces destinées aux feuilles publiques ; Cotta pense bien s'arranger de manière à les faire passer.

Mon travail n'avance pas très vite ; pourtant, depuis quelque temps, il n'a pas subi de temps d'arrêt. L'exposition du procès et de la procédure, dont on ne pouvait se dispenser, outre que cette sorte de choses ne m'est guère familière, offre fatalement le risque d'une sécheresse que j'espère bien avoir vaincue, mais non sans y avoir perdu beaucoup de temps, et il n'y avait pas moyen de l'esquiver. L'Histoire (T Angleterre de Rapin Thoyras (1), que j'ai sous les yeux pour tout ce travail, me rend le service de rappeler perpétuellement à mon imagination, dans leur réalité vivante, la couleur locale et les choses anglaises.

Puissiez-vous ne pas tarder à venir ! Rien que mon jardin, où les roses et les lis sont dans leur pleine gloire, vous enchanterait.

Adieu ; amitiés à Meyer. Mille complimentsafîectueux de ma femme. — Sch.

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